Covid-19 : La population reste sceptique malgré la courbe exponentielle du nombre de décès
CAMEROUN :: SANTE

CAMEROUN :: Covid-19 : La population reste sceptique malgré la courbe exponentielle du nombre de décès :: CAMEROON

Depuis peu, le Cameroun fait face à une flambée des cas de contamination par le coronavirus et l’hypothèse de la présence d’une nouvelle variante fait craindre le pire. Yaoundé a décidé de réactualiser des mesures de restrictions appliquées au plus fort de la pandémie. Cependant, la population reste sceptique malgré de nombreux avertissements.

La pandémie au nouveau coronavirus fait de plus en plus de victimes au Cameroun. En l’espace de quelques jours, le pays a perdu des compatriotes qui se sont démarqués dans la société. Vendredi dernier, le promoteur d’une agence de transport interurbain est mort de covid-19. Ce décès tragique n’est malheureusement pas le seul. Paul Eric Kingue, le maire de la commune de Njombé Penja, dans la région du Littoral et l’artiste Wakeu Fogaing, acteur camerounais, sont passés de vie à trépas dans la nuit de dimanche à lundi des suites de covid-19. Des cas ainsi de ce type sont légion. Preuve s’il en est encore que la maladie existe vraiment. L’heure est donc à la prise de conscience. Dans la capitale économique Douala, si pour franchir les portes du centre hospitalier, des administrations publiques entre autres, le port du masque est obligatoire, à l’extérieur la réalité est tout autre. Dans cette ruche humaine, le respect des mesures barrières n’est pas devenu une habitude, un an après l’apparition du premier cas de Covid-19 dans le pays.

Dans les autres villes du Cameroun, la tendance est au relâchement total, malgré les nombreuses mises en garde du gouvernement camerounais qui, face à une nouvelle explosion des cas de Covid- 19, appelle à un comportement responsable de la population et au respect strict des gestes barrières. Le 5 mars dernier, Joseph Dion Ngute, le Premier ministre Camerounais, avait fait le point sur la situation tout en appelant à la vigilance.

La maladie joue à la résistance

En février dernier, le pays a enregistré plus de 3.000 nouveaux cas de personnes testées positives et 37 décès en une semaine, soit le double des 1.600 contaminations et plus de 7 décès enregistrés pendant tout le mois de janvier, selon le ministère Camerounais de la Santé publique. Des chiffres revus à la hausse le 19 février 2021. Manaouda Malachie, avait fait le point de la situation et parlait de 33.749 cas positifs, 31.362 guéris, 2.200 cas actifs. Dans l’ensemble, le Cameroun enregistre un taux de guérison de 93% tandis que le taux de létalité s’estime à 1,5%, faisant du territoire l’un des plus touchés d’Afrique subsaharienne depuis le début de la pandémie. L’urgence est signalée. Par ailleurs, la dernière sortie du chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute le 5 mars dernier, visait donc à rappeler à l’ordre les personnes qui vivent dans le mépris total des mesures barrières édictées par le gouvernement, afin de faire face au redoutable virus.

Le gouvernement a par la même occasion rappelée des mesures prises pour la lutte contre l’épidémie. Des mesures que la majorité avait depuis, reléguées aux oubliettes, particulièrement le protocole de lavage des mains ou l’utilisation de gels hydroalcooliques à l’entrée de tous les établissements ouverts au public, y compris des lieux de culte. Il a également prescrit la limitation à 50 personnes des rassemblements, notamment à l'occasion de mariages ou d'obsèques. Le chef du gouvernement a déclaré par ailleurs que les opérations de dépistage aux frontières aériennes, maritimes et terrestres seraient renforcées, afin de réduire les risques d’importation des variants de la Covid-19.

Si dans les administrations publiques et autres entreprises privées, les gestes de protection contre la pandémie sont progressivement remis en place à la suite de la sortie du Premier ministre, en revanche dans les rues, les transports, les marchés et les lieux de cérémonie, la réalité est tout autre. Cependant, au-delà des chiffres sans cesse croissants, Manaouda Malachie, le ministre de la Santé publique, avertit également les populations de la possible présence de la variante sudafricaine en territoire camerounais. Alors que les autorités sanitaires peinent à faire comprendre la nécessité de retourner urgemment à l’observance des mesures barrières dans le pays, l’heure est également à la planification de la stratégie de vaccination.

Dans son discours, Joseph Dion Ngute avait aussi précisé que « Dans la perspective de renforcer notre dispositif de prévention, le chef de l’État a instruit le gouvernement d’engager des démarches auprès des organismes partenaires en vue de l’acquisition des vaccins contre le Covid-19. Plus d’un million de doses de vaccin seront disponibles à très brève échéance ». Une décision encore en étude au regard des complications dues au vaccin Astra Zeneca sur les patients et son interdiction dans les autres pays européens. Néanmoins, les pouvoirs publics camerounais ne baissent pas les bras.

Le ministre camerounais de la Santé publique a tenu le 18 mars dernier, une concertation avec des spécialistes de la médecine traditionnelle pour essayer de trouver une solution endogène à cette crise sanitaire mondiale, au-delà des solutions proposées ici par le nombreux tradipraticien. Au regard de la situation actuelle et l’insouciance des uns et des autres, il faut dire qu’il y a du pain sur la planche car, il faudra également déconstruire les arguments développés par ceux qui n’y croient pas et répandent à de fausses informations sur les réseaux sociaux.

Lire aussi dans la rubrique SANTE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo