Camer.be
Huile de palme : Le Cameroun fait face à un déficit structurel :: CAMEROON
CAMEROUN :: ECONOMIE
  • Source : Auteur
  • samedi 29 septembre 2018 05:13:00
  • 931

Huile de palme : Le Cameroun fait face à un déficit structurel :: CAMEROON

La production nationale ne suffit pas pour couvrir les besoins nationaux obligeant le pays depuis quelques années à exporter environ 100 000 tonnes d’huile de palme brute par an.

Contrairement à ce que l’on pense, la pénurie d’huile observée dans les marchés de Yaoundé en ce moment n’est pas une simple question de saison. A en croire les experts, le problème est bien plus profond. « Nous importons depuis quelques années environ 100 000 tonnes d’huile de palme brute par an », confesse Emmanuel Pierre Jonathan Ngom, ingénieur agronome, Coordonnateur national du Projet de développement du palmier à huile et hévéa. En effet, la production nationale en huile de palme est de l’ordre de 290 000 tonnes alors que la demande locale se situe autour de 325 000 tonnes. Soit un déficit structurel qui se situe autour de 130 000 tonnes.

Mais en même temps, poursuit le fonctionnaire en service au ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), « nous exportons de l’huile raffinée et du savon. L’idéal serait que nous puissions produire cette huile de palme brute entièrement chez nous et pourquoi ne pas en exporter aussi ». Pour ce faire, il faut trouver des stratégies visant cet objectif tout en conciliant les positions promues par l’initiative Palmier durable de la Tropical Forest Alliance (TFA) 2020 auquel le Cameroun a adhéré en juillet 2018. Lequel recommande de mettre fin au déficit structurel du Cameroun et d’autres pays africains « tout en conservant le potentiel productif, tout évitant les dysfonctionnements au niveau du climat, les problèmes sociaux, d’exploitation des enfants, les problèmes fonciers dans la communauté », résume Dr Louis Defo, Project manager Proforest, Congo Basin.

C’est l’objet d’un atelier national de définition des principes de promotion de la culture durable de l’huile de palme organisé par WWF, organisation charnière qui travaille pour la conservation. « Aujourd’hui, le Cameroun est déficitaire. A cause de la pression démographique, il y a une forte demande en huile. En même temps, il y a la nécessité de réduire la déforestation et la dégradation. C’est pour cela que pour accompagner le gouvernement dans sa mission de nourrir les Camerounais, nous devons garantir une production durable basée sur zéro déforestation en insistant sur l’intensification tout en garantissant la production au niveau du palmier à huile », explique Dr Cleto Ndikumagenge, directeur de la conservation à WWF-Cameroun.

Globalement les agro-industries occupent à peu près 70 000 ha de plantation et les producteurs privés environ 120 000 ha. D’après Dr Valérie Tsama, Chef service Biosécurité au Ministère de l’Environnement, de la Nature et du Développement durable (Minepded), cet atelier vise « la sensibilisation des parties prenantes sur l’initiative Tfa 2020, à définir les différents principes généraux qui vont permettre de mettre en œuvre l’initiative palmier à huile durable en se basant sur les stratégies nationales qui existent tels que les stratégies nationales Redd+ ; la stratégie nationale du développement durable du palmier à huile en cours de finalisation ». Le Cameroun est l’un des derniers pays à définir les principes de production durable de l’huile de palme. « Nous espérons qu’une fois lancée sur cette voie, va aller très rapidement », insiste Dr Defo. Les pays comme le Gabon, la Côte d’Ivoire et le Ghana sont au stade d’implémentation.

29sept.
Lire aussi dans la rubrique ECONOMIE
Vidéo