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Le nouveau patron du banc de touche camerounais arrive dans un milieu infesté par des pratiques peu orthodoxes :: CAMEROON
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  • Quotidien Mutations : Par Dimitri Mebenga
  • dimanche 12 août 2018 13:30:45
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Le nouveau patron du banc de touche camerounais arrive dans un milieu infesté par des pratiques peu orthodoxes :: CAMEROON

De 2008 à 2018, l’équipe nationale de football fanion du pays de Roger Milla a vu défiler huit sélectionneurs à la tête de son l’encadrement technique. Cette instabilité du banc de touche des Lions indomptables est consécutive à des pratiques saugrenues entretenues par une administration corrompue qui plombe souvent les bonnes intentions de l’entraineur. Si bien qu’un courant d’opinion a fini par la qualifier de « panier à crabes ».

Pour éviter le traquenard « tendu » à ses prédécesseurs, Clarence Seedorf doit s’assurer que tous les problèmes administratifs dus à sa fonction soient réglés in extenso, notamment la question salariale. 

Hugo Broos, son prédécesseur qui vient d’entreprendre des actions auprès de la Fédération internationale de football association (Fifa), réclame 983 millions Fcfa à la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) à en croire Jeune Afrique, pour « rupture abusive du contrat ». Le 05 décembre 2017, au lendemain du préavis portant résiliation de son contrat adressé par le président du Comité de normalisation au ministre des Sports et de l’Education physique, Broos a affirmé « Le Cameroun est obligé de payer mon salaire, c’est tout. Du moment où il paie mes droits, voilà, le contrat est résilié et je pars. Ils(dirigeants) doivent me payer beaucoup d’argent ».

Volker Finke, le prédécesseur de Broos avait lui aussi agité l’épouvantail des poursuites contre la Fecafoot auprès de la Fifa. C’était le 21 juillet 2016 lors du championnat d’Afrique des nations (Chan), il était l’invité surprise au Stade de Huye lors des rencontres (Rdc-Angola 4-2 et Cameroun-Ethiopie 0-0). « Avec le Cameroun, ce n’est pas encore fini. Ils ont abusivement rompu mon contrat et me doivent encore beaucoup d’arriérés de salaire, mais je préfère qu’on fasse un arrangement à l’amiable pour éviter des procès devant la Fifa », avait-il déclaré à certains confrères.

Cette clarification des clauses contractuelles du nouveau sélectionneur, permettra d’éviter le versement des rétro-commissions « Volker Finke est un benskin (moto ndlr) qui continue de produire de l’argent pour ses propriétaires. Et tant que ses propriétaires seront là pour s’engraisser sur son dos, il ne posera de problèmes à personne », fulminait Martin Camus Mimb, analyste sportif dans un quotidien de la place après la débâcle du mondial 2014 au Brésil.

Amateurisme

Clarence Seedorf devra s’atteler à purger tous les membres de l’encadrement administratif de sa sélection. L’amateurisme de ces derniers a accouché en mars 2017, l’un des plus gros scandales dans le monde du football de ces 10 dernières. 

Le «Bruxelles Gate», comme certains l’ont baptisé, n’était qu’une affaire de plus. C’est une histoire de fonds non débloqués et de factures impayées autour de l’équipe nationale lors d’un match amical à Bruxelles ayant opposé le Cameroun à la Guinée Conakry. « Avant le match, on s’apprête à aller prendre le déjeuner et le personnel de l’hôtel refuse, parce que l’hôtel n’avait pas été payé. Où est cet argent? Je me le demande ». S’interrogeait Broos. Et de poursuivre : « Dans tous les sens, on nous met les bâtons dans les roues. […] Nous demandons aussi des responsables qui sont professionnels. Je me demande si je dois continuer avec le Cameroun. Si des joueurs qui préparent un match n’ont pas leur repas à midi, pendant que des gens sont assis pendant dix jours dans leurs fauteuils et ne foutent rien, on ne peut pas l’accepter. » 

Cet épisode Rappelait d’autres imbroglios, notamment lors d’un stage à Nantes, en France, en mai 2016, lorsque le Cameroun s’était retrouvé sans équipements pendant deux jours. A ce sujet, Finke affirmait, « Ce sont les mêmes personnes qui sont là. Après plus de deux années passées à la tête de cette équipe nationale, je connais à peu près les mentalités ». Des agents de joueurs véreux qui rôdent autour de certains membres du staff administratif en achetant des places à leur (s) protégé (s) en sélection pour avoir un tremplin, les interminables querelles sur les primes des joueurs sont entre autres, les problèmes à éviter. 

En 2014, quelques jours avant le mondial brésilien, les Lions indomptables avaient boudé l’étendard remise par le premier ministre après le match d’au revoir. Ceci à cause des problèmes de primes.

12août
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