VELLEITES SECESSIONNISTES DANS LES REGIONS ANGLOPHONES DU CAMEROUN : Et si le problme tait Biya?  :: CAMEROON

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Le Cameroun a sérieusement mal à sa partie anglophone. Certes, la crise couvait depuis des décennies, mais elle a pris, depuis un an, des proportions inquiétantes au point que l’unité territoriale du pays court le risque d’être remise en cause. Et pourtant, les choses avaient commencé sous d’heureux auspices, un certain 1er octobre 1961.

En effet, ce jour là, les camerounais d’expression anglaise décidèrent de rejoindre leurs compatriotes usagers de la langue de Molière, sous un seul et même drapeau. Les témoins de l’évènement rapportent le souvenir d’une journée rythmée par le Makossa et la bière locale.

C’est dans cette ambiance festive  et grandiose que la République fédérale du Cameroun a été portée sur les fonts baptismaux par un certain Amadou Ahidjo. Des promesses fermes d’un Cameroun nouveau, qui allait prendre sous ses ailes protectrices l’ensemble de ses fils et filles, avaient été faites. 56 ans après,  l’on peut avoir l’impression que la mayonnaise n’a pas pris, puisque divers mouvements sécessionnistes anglophones ne jurent que par leur désir de casser le mariage scellé en 1961.

Ces velléités sécessionnistes ne sont pas le fait d’une génération spontanée

Mieux, ils jettent leur dévolu sur la proclamation de la naissance d’un nouvel Etat baptisé « Ambazonie ». Cette éventualité a suscité à Yaoundé, l’effet d’un piment qui est tombé dans l’œil d’un chien. En effet, le pouvoir de Paul Biya, visiblement irrité,  a décrété autant à Bamenda qu’à Buéa, un couvre-feu assorti de mesures restrictives vigoureuses des mouvements de population. Et ce n’est pas tout. En plus de ces oukases administratifs, peut-on dire, un impressionnant dispositif sécuritaire y a aussi été déployé, sans oublier le fait que l’accès à l’internet est pratiquement impossible dans les localités de la zone.

Ainsi donc, Paul Biya a opté pour la méthode forte pour tuer dans l’œuf l’Ambazonie. Mais les autorités camerounaises  seraient bien inspirées de méditer sur l’adage suivant : « On peut obliger un chien à se coucher, mais l’on ne peut pas l’obliger à dormir ». Dans le cas d’espèce, la force armée, les intimidations et autres mesures répressives brandies par Yaoundé, ont empêché certes la proclamation officielle et solennelle de l’Ambazonie, mais de là à croire que la sève qui a alimenté la longue marche de certains habitants des régions anglophones vers la sécession  a tari, il y a un pas que Yaoundé devrait se garder de franchir.

En effet, les velléités sécessionnistes de cette partie du Cameroun ne sont pas le fait d’une génération spontanée. Elles ne sont pas non plus le fait de terroristes comme le martèlent les autorités camerounaises, n’en déplaise à Issa Tchiroma-Bakary, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Ces velléités sécessionnistes sont plutôt les conséquences de la gouvernance de Paul Biya. Avant lui, Amadou Ahidjo gouvernait certes d’une main de fer le Cameroun, mais  il avait quand même le mérite, si l’on peut l’appeler ainsi, de tirer économiquement et socialement le pays vers le haut.

Sous Paul Biya, non seulement les Camerounais tirent le diable par la queue, mais ils sont aussi victimes du fait que Paul Biya et les siens administrent le pays comme leur champ de manioc. Et les camerounais qui en souffrent le plus dans leur chair, sont incontestablement ceux des régions anglophones. Ostracisés, méprisés à outrance et placés dans une situation où ils ne peuvent pas exprimer politiquement leurs frustrations sans courir le risque d’être réprimés dans le sang, ces Camerounais des zones  anglophones ne se voient laissé d’autre choix par Paul Biya que celui de la légitime défense. Derrière donc les revendications d’ordre linguistique, se cache un ras-le-bol des populations anglophones vis-à-vis des excès de la gouvernance du mari de Chantal.

Une démocratie  qui n’offre aucune  possibilité d’alternance n’est ni plus ni moins qu’une dictature

Et ce qui donne davantage plus de légitimité à ces velléités sécessionnistes, c’est que depuis 1984, Paul Biya a mis dans sa sauce, comme on le dit là-bas, tous les Camerounais. Depuis 33 ans donc, aucune lueur d’alternance ne profile à l’horizon. L’opposition politique qu’incarnait courageusement John Fru Ndi, a été réduite à une portion congrue au point que l’on peut considérer que  le Cameroun est un pays à parti unique, c’est-à-dire celui de Paul Biya.

Si le Cameroun était un pays démocratique, la question de l’hégémonie de la langue française sur l’anglais, dénoncée par les anglophones, n’aurait pas connu cette métastase au point de devenir une bombe susceptible de faire voler en éclats la fragile unité du pays. Et pour ne pas arranger les choses, l’on peut avoir l’impression que les autorités camerounaises font dans le mépris, dans le traitement du dossier des anglophones.

Tout cela reflète la gouvernance de Paul Biya, lui qui, depuis ses résidences huppées parisiennes, ne dispose plus de temps pour s’occuper du vécu des Camerounais. A ce que l’on dit, les conseils de ministres présidés par l’homme sont aussi rares que les larmes d’un chien. Dans ces conditions, l’on peut dire  que le Cameroun est en régime « laisse guidon ». Il n’est donc pas étonnant que rien ne marche dans ce pays, sauf bien sûr la prédation des biens de la République, la corruption et l’arbitraire. De tout ce qui précède, l’on ne doit pas craindre de dire que derrière le problème des anglophones, se cache un méga problème, c’est-à-dire, Paul Biya lui même.

Une démocratie, en effet, qui n’offre aucune  possibilité d’alternance n’est ni plus ni moins qu’une dictature. Et lorsque l’on place un peuple sous cette férule pendant longtemps, nul n’a le droit de lui jeter la pierre s’il décide un jour de se passer de la pseudo-légalité pour réclamer le pain et la liberté. Les velléités sécessionnistes des régions anglophones du Cameroun pourraient être décryptées de cette façon. En tout état de cause, Yaoundé serait très mal inspiré de croire que le tout répressif suffit pour les étouffer. Paul Biya doit se départir de cette posture, s’il ne veut pas rendre le Cameroun davantage vulnérable aux attaques de Boko Haram.

© Source : Le Pays

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so-why
Vraiment arrtez de raconter des salades
l'alternance ne se dcrette pas
il faut gagner une election
sinon on va faire autre choses

sauf si c'est le qui perd gagne

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