APRÈS LA MORT D’UNE PATIENTE ENCEINTE : Indignation et révolte à Douala
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Environ trois cents personnes ont pris d’assaut le plus grand centre de santé de la capitale économique camerounaise ce dimanche 13 mars 2016 pour dire leur ras-le-bol après le décès de Koumaté Monique enceinte de jumeaux.

Pas même la forte pluie qui s’est abattue dans la ville de Douala ce 13 mars dans l’après-midi n’a altéré les ardeurs de quelques centaines de personnes à prendre d’assaut l’hôpital Laquintinie. La raison de ce vaste mouvement populaire: rendre un hommage appuyé à Koumaté Monique, décédée quelques heures plus tôt dans des circonstances encore troubles. Ils sont venus dire «non» à la négligence des personnels médicaux dans les hôpitaux du pays. Dans la foule, on identifie quelques hommes politiques de l’opposition. En cette fin de week-end, il est plus de 14h. La foule s’organise progressivement.

Elle attend le mot d’ordre. Mais aucun leader ne se prononce. La famille des manifestants s’agrandit. Et les hostilités sont lancées quelques minutes plus tard. «On ne peut accepter qu’on vienne dans un centre de santé pour crever au lieu de trouver la santé. Tu viens donner la vie, tu trouves la mort. C’est contradictoire. Il faut qu’on sache vraiment ce qu’on veut. Ce qui est arrivé à cette femme, peut aussi nous arriver. On est là pour dire non, une fois de plus à cette situation», s’indigne M. Simo un manifestant. Une poignée de manifestants brandissent une banderole sur laquelle on peut lire : «Plus jamais de Koumaté Monique dans mon pays».

Tandis que d’autres soulèvent des mouchoirs blancs et des bougies en l’air pour rendre hommage à la défunte. Un peu plus loin, on apprend d’un personnel de l’hôpital que, dame Koumaté est arrivée à Laquintinie samedi 12 mars, autour de 10h, en provenance d’un autre centre de santé «dans la mâle-arrière d’une voiture», indique- t-on. D’autres témoins laissent croire que la dame en question était déjà décédée plus tôt dans un autre hôpital sis au quartier Nylon à Douala, avant d’être transportée à la morgue de l’hôpital Laquintinie. «C’est ici que le morguier aurait constaté que les enfants qu’elle portait dans son sein, étaient encore vivants et il fallait l’opérer pour les retirer», explique notre  source.

Les infirmiers de Laquintinie auraient refusé de sauver ces jumeaux pour des raisons encore non élucidées. C’est finalement, la nièce de Koumaté Monique qui a- publiquement et dans des conditions non autorisées- éventré sa tante morte pour sauver les jumeaux, qui étaient eux aussi déjà morts avec leur mère.

Son opération a été filmée et circule dans les réseaux sociaux. «Elle voulait sauver les jumeaux à la place du personnel de Laquintinie qui a refusé. Ici, pour accoucher, on vous oblige la césarienne qui coûte environ 300 000 F CFA. C’est scandaleux. Où va notre pays ?», s’indigne une manifestante.

Dans les réseaux, on laisse croire que Koumaté Monique et ses enfants sont morts à Laquintinie. Une thèse qui n’est pas partagée dans cette formation sanitaire. «On dit qu’elle est morte à l’hôpital de Nylon à 8h45mn. Son corps est arrivé ici à plus de 10h. Comment les enfants pouvaient-ils encore être vivants à l’heure-là ? C’est impossible », réfute un personnel de l’hôpital indexé. Trop c’est trop !

Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, gouverneur de la région du Littoral, accompagné d’une forte délégation, a personnellement effectué une décente sur les lieux du drame dimanche 13 mars 2016. Après avoir échangé avec les responsables de l’hôpital, le gouverneur a fait une déclaration à la presse, allant dans le sens du propos du ministre de la Santé publique

Après le départ du gouverneur et son staff de l’hôpital, les manifestants sont restés sur les lieux jusqu’à la fin de la journée. Ils ont même voulu entrer à l’intérieur de l’hôpital pour dire leur mécontentement. Mais ils ont été stoppés par la police à l’aide des gaz lacrymogènes.

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