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© Camer.be : La rédaction
- 21 Apr 2026 07:16:30
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CAMEROUN :: L'Afrique centrale en conclave à Yaoundé pour rationaliser l'état-civil :: CAMEROON
Avec le soutien du Fonds des Nations pour la Population (UNFP) et la Banque Mondiale ( BM), les experts de la CEMAC, réunis à Yaoundé du 20 au 22 avril 2026, finalisent un référentiel régional dont l'objectif est de rendre fiables les données démographiques. Et de garantir une identité juridique à tous les citoyens de la sous-région, pour une meilleure maîtrise des politiques publiques.
La CEMAC croit en la fiabilité des données d'état-civil pour des listes électorales saines, et dans lesquelles on ne retrouve plus des défunts. Il s'agit aussi pour l'organisation sous -regionale, de lutter contre la mortalité évitable ; œuvrer à l'efficacité des politiques publiques d'aménagement du territoire et l'atteinte des Objectifs de Développement Durable ( ODD). Ces objectifs, fait savoir la CEMAC, reposent pourtant sur un pilier quasiment invisible ou négligé, mais central : la maîtrise de l'état-civil. Mais force est de constater que pilier est plus ou moins pris en compte dans l'élaboration des politiques publiques. C'est ce qui justifie l'atelier régional de validation d'un outil majeur, ouvert ce lundi, 20 avril 2026 à Yaoundé, par la Commission de la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC). Il s'agit du Guide pratique de mise en œuvre des systèmes d'enregistrement des faits et des statistiques de l'état-civil ( ESEC). Trois jours durant ( du 20 au 22 avril, 2026 ), une quarantaine d'experts des six pays membres de la CEMAC - Cameroun, Gabon, Guinée -Equatoriale, Tchad, République Centrafricaine et Congo - sont en conclave à l'hôtel Concord de Yaoundé, dans le but de doter la communauté d'une norme commune moderne et interopérable.
Des naissances, des décès et des divorces non enregistrés
Au présidium de la cérémonie d'ouverture, le commissaire en charge du Département des Politiques Économiques, Monétaires et Financières de la Commission de la CEMAC, Nicolas BEYEME NGUEMA. Ce dernier était entouré des représentants de l'UNPFA, de la BM et du directeur général de l'Institut National de la Statistique du Cameroun.
Dans son adresse de circonstance, Nicolas BEYEME NGUEMA a dressé un tableau peu flatteur de la situation de l'état-civil en zone CEMAC, non sans rappeler les conclusions de l'atelier préparatoire abrité par Bangui ( République Centrafricaine), en novembre dernier.
" Nous avons dressé un diagnostic précis. Aujourd'hui, toutes les naissances ne sont pas dûment enregistrées. Le reporting des décès n'est pas correctement effectué. Cela conduit à des absurdités administratives : lors des élections, des personnes décédées se retrouvent encore sur les listes électorales. Quant aux divorces, personne ne trouve d'intérêt à les mettre à jour dans les fichiers", a regretté le Commissaire de la CEMAC, Nicolas BEYEME NGUEMA.
Le constat de l'Equato- guinéen est partagé par l'ensemble des partenaires techniques. Et même s'il est indéniable que des progrès encourageants ont été observés au niveau de l'enregistrement des naissances, il faut toutefois signaler que la couverture des décès en dehors de tout cadre sanitaire, des mariages et des divorces, demeure très lacunaire. Une carence qui aux dire des experts, prive les États de données vitales pour la planification sanitaire, l'identification des causes de mortalité et l'élaboration des politiques publiques fondées sur des faits réels.
De la nécessité d'un guide pratique pour une visée commune
L'atelier de la capitale politique du Cameroun est très loin de se laisser compter fleurette. L'objectif est de transformer des feuilles de route nationales disparates en une stratégie régionale cohérente. Méthodiquement élaborée, et donc efficace. "
Nous nous réunissons dans le cadre communautaire pour une vision partagée afin qu'il y ait une véritable comparabilité des données d'un État à un autre", a indiqué Nicolas BEYEME NGUEMA.
Les objectifs du Guide pratique
Proposé, le Guide pratique entend :
-harmoniser les cadres juridiques, institutionnels et opérationnels ;
-garantir un enregistrement continu des évènements vitaux tout au long de la vie - de la naissance au décès - ;
-établir un cadre durable pour l'identité juridique, conforme aux standards internationaux, dont l'Objectif de Développement Durable 16.9.
Et pour ce faire, des solutions concrètes sont nécessaires : la digitalisation des services de l'état-civil, l'interopérabilité ainsi qu'une véritable volonté dans le changement des comportements. Aussi, trois jours durant, les travaux des experts seront-ils concentrés sur six axes stratégiques :
1.analyser la chaîne de valeur des données : de la notification depuis la mairie ou à l'hôpital, jusqu'à la production des statistiques finales ;
2. Évaluation des procédures d'enregistrement des naissances, des décès et des mariages et des divorces ;
3. Promotion de la digitalisation et de l'interopérabilité des plateformes - liaison entre les systèmes d'état-civil, les bases de données sanitaires et les instituts de statistique ;
4. Intégration d'approches de changement social et comportemental pour accroître la demande d'enregistrement par les populations :
5. Définition d'un cadre de suivi-évaluation et d'une feuille de route pour la mise en œuvre.
L'illustration de l'UNPFA
"Nous avons élaboré des recommandations pour que les décès survenant en dehors des systèmes de santé, puissent être intégrés dans les statistiques officielles. Connaître les causes de ces décès est essentiel pour comprendre la moralité réelle d'un pays et orienter les politiques de santé publique", a déclaré le représentant du Fonds des Nations Unies pour la Population.
Le Cameroun qui inspire par sa réforme législative et le fichier national
Cas pilote, le Cameroun qui accueille l'atelier régional, a, par son directeur général de l'Institut National de la Statistique, partagé son expérience de la dynamique de ses réformes en cours.
" La loi de décembre 2024 portant organisation du système d'enregistrement des faits d'état-civil au Cameroun introduit des innovations majeures, notamment la mise en place d'un fichier national d'état-civil. Une initiative d'interopérabilité entre le système d'état-civil, le système d'information sanitaire et le système central de l'INS ( Institut National de la Statistique, Ndlr) est déjà en cours d'expérimentation", a souligné le directeur général de l'INS. Ce dernier a relevé que lorsque l'exhaustivité d'une source administrative atteint environ 95%, celle-ci peut remplacer avantageusement les recensements pour certaines productions statistiques. L'enjeu est donc de hisser les systèmes ESEC de la sous-région à ce niveau de fiabilité.
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