Scandale à l'Assemblée nationale du Cameroun :des millions détournés sur les fonds des députés morts
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Scandale à l'Assemblée nationale du Cameroun :des millions détournés sur les fonds des députés morts :: CAMEROON

Une brèche financière dans le deuil parlementaire

Plus de 18 députés décédés. Plusieurs dizaines de millions de FCFA volatilisés. L'Assemblée nationale du Cameroun fait face à un scandale de détournement de fonds d'une ampleur inédite sous la 10ème législature.

Ce qui s'est passé à Ngoa-Ekellé

Le décès d'un député camerounais déclenche automatiquement plusieurs lignes budgétaires : frais d'obsèques, secours aux ayants droit, et surtout les appuis parlementaires résiduels destinés à maintenir les permanences politiques dans les circonscriptions orphelines.

Ces fonds ont bien été décaissés des caisses de l'institution. Pourtant, les familles et co-listiers des élus disparus affirment n'avoir rien reçu. Les registres comptables présentent des émargements dont l'authenticité est aujourd'hui contestée.

Au cœur des accusations : Madame Tamar, ancienne agente comptable de l'Assemblée nationale. Plusieurs députés la désignent formellement comme l'architecte d'un système de rétention organisée.

Pourquoi ce système a pu fonctionner

Le contrôle financier interne de la chambre basse présente des lacunes structurelles. Le décès d'un élu crée une zone grise administrative : l'élu titulaire disparaît, son suppléant n'est pas toujours immédiatement opérationnel, et les ayants droit sont rarement en position d'exiger des comptes face à une administration rodée.

Cette vulnérabilité a été exploitée de manière répétée. Dossier après dossier, selon des sources concordantes, les fonds publics parlementaires auraient suivi le même trajet : décaissement formel, disparition effective.

La multiplication des cas sur une même législature suggère une pratique délibérée, et non des erreurs isolées de gestion.

Le schéma décrit par les élus lésés suit une logique précise. Les sommes sont libérées conformément aux procédures réglementaires. Les documents d'émargement sont remplis. Mais les bénéficiaires légitimes familles, co-listiers, suppléants ne sont ni convoqués ni informés.

L'argent reste bloqué au niveau de l'agence comptable, ou fait l'objet de retraits par des tiers non identifiés. Les victimes, souvent en période de deuil ou éloignées des rouages administratifs de Yaoundé, tardent à signaler l'anomalie.

Ce délai profite au système. Quand les plaintes remontent, les traces comptables sont déjà fragmentées.

La pression pour un audit complet de la gestion de Madame Tamar s'intensifie. Des deputés réclament l'ouverture d'une enquête judiciaire. L'administration de l'Assemblée nationale ne peut plus ignorer les témoignages qui convergent.

Le risque politique est réel : si les chiffres sont confirmés, c'est la crédibilité de toute la gestion financière parlementaire qui s'effondre.

Ce scandale pose une question de fond sur la gouvernance des institutions camerounaises. L'absence de mécanismes de contrôle indépendants, la concentration des pouvoirs comptables, et le silence institutionnel face aux signalements sont des failles systémiques. Sans réforme structurelle du contrôle interne, le risque de récidive demeure entier à chaque législature.

Ce que ce scandale révèle vraiment

Le détournement des fonds parlementaires au Cameroun n'est pas seulement une affaire de malversation individuelle. C'est le symptôme d'un système dans lequel la mort d'un élu devient une opportunité financière pour ceux qui contrôlent les flux budgétaires.

La vraie question n'est pas de savoir si Madame Tamar sera jugée. Elle est de savoir combien d'autres législatures ont connu des pratiques similaires, dans le silence.

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