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© Camer.be : Paul Moutila
- 20 Apr 2026 10:55:29
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CAMEROUN :: Issa Tchiroma Bakary exige la liberté des prisonniers politiques :: CAMEROON
Un président élu qui brise le silence le jour même du départ du Pape
Le 20 avril 2026, au lendemain du départ de Pape Léon XIV du Cameroun, Issa Tchiroma Bakary publie un communiqué officiel sous l'en-tête de la Présidence Élue de la République. Le message est direct : libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques camerounais, sans exception.
Un communiqué signé le jour où la répression reprend
Le timing est édifiant. Du 15 au 18 avril 2026, le Pape Léon XIV effectue un voyage apostolique historique en terre camerounaise. Ses paroles, selon le communiqué, ont « résonné comme un véritable hymne d'espérance » pour les citoyens.
Mais le jour même du départ du Souverain Pontife, le régime en place notifie des chefs d'inculpation à plusieurs activistes. Parmi eux : Essama André Blaise et Aladji Lougman, poursuivis devant un tribunal militaire pour avoir manifesté pacifiquement. Ndjeukam Tchameni, allié de premier rang du Président Élu, est maintenu en détention dans plusieurs lieux à travers le pays.
C'est dans ce contexte que Tchiroma Bakary, qui revendique sa victoire à l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, prend la parole.
La visite papale comme levier diplomatique
Ce communiqué n'est pas improvisé. Dès le 5 novembre 2025, le Président Élu avait engagé une action diplomatique vers le Vatican. Jean Claude Mbede Fouda avait été nommé Émissaire Spécial, chargé de transmettre les correspondances officielles au Saint-Siège et de conduire les missions de dialogue.
L'objectif déclaré : « édifier le Saint-Père sur la réalité sociopolitique profonde du Cameroun ». Les messages transmis ont, selon le communiqué, contribué à forger la tonalité des discours pontificaux lesquels ont explicitement pointé les maux systémiques accumulés en 44 ans de gouvernance et rappelé l'extraordinaire potentiel du pays.
La diplomatie vaticane devient ainsi un outil de légitimation internationale pour l'opposition camerounaise.
Tribunal militaire contre militants civils : le mécanisme de la répression
Le tribunal militaire camerounais est compétent, en droit national, pour juger des civils dans certaines circonstances. C'est précisément ce mécanisme que dénonce le communiqué du 20 avril.
Des manifestants pacifiques, dont le seul acte est d'avoir réclamé le respect du verdict des urnes, se retrouvent traduits devant une juridiction militaire. Cette pratique constitue, selon les standards du droit international, une violation directe du droit à un procès équitable.
Le communiqué d'Issa Tchiroma Bakary exhorte le pouvoir en place au « strict respect de l'État de droit garanti par la Constitution », afin que « la souveraineté du peuple camerounais ne soit plus sacrifiée sur l'autel de l'arbitraire ».
Entre pression internationale et impasse politique
L'équation est simple. Si les arrestations post-visite papale se multiplient, le Cameroun s'expose à une pression internationale accrue. La visite de Léon XIV a placé le pays sous un projecteur mondial inhabituel. Toute dérive répressive désormais sera documentée dans ce contexte.
La réconciliation nationale réclamée par le Président Élu suppose un préalable non négociable : la libération des détenus politiques. Sans elle, tout dialogue reste formel.
La question de la alternance politique au Cameroun dépasse le seul cas Tchiroma Bakary. Elle pose le problème structurel de la transmission du pouvoir dans un système où l'institution militaire et judiciaire reste perméable aux logiques partisanes.
Le dialogue stratégique annoncé entre la Présidence Élue et le Saint-Siège sera-t-il suffisant pour faire pression sur un régime en place depuis 44 ans ?
La flamme et l'éteignoir
Issa Tchiroma Bakary conclut son communiqué par une formule volontairement solennelle : « Le changement est en marche, et aucune répression ne saurait éteindre la flamme de la liberté ainsi ravivée. »
La rhétorique est forte. La réalité, elle, reste suspendue entre la cellule de Ndjeukam Tchameni et les salons du Vatican. Entre un président élu qui parle et un pouvoir sortant qui arrête.
La vraie question, aujourd'hui, est celle-ci : la communauté internationale galvanisée par la voix du Pape sera-t-elle prête à transformer ses paroles d'espérance en actes de pression concrète sur Yaoundé ?

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