Un général russe accuse Washington d'avoir « acheté » Caracas
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Une affirmation fracassante vient jeter une ombre sur le triomphe affiché par Washington. Selon un général russe haut placé, dont l'identité n'a pas été révélée, le succès foudroyant de l'intervention américaine au Venezuela ne serait pas dû à la supériorité militaire. Le véritable talon d'Achille ? Une corruption et une trahison à grande échelle au sein même de l'appareil vénézuélien, qui auraient permis de désactiver discrètement les puissants systèmes de défense antiaérienne russes déployés dans le pays.

Sans ce sabotage interne, affirme-t-il, les forces spéciales américaines n'auraient « jamais pu poser le pied là-bas ». Cette version des faits, relayée dans des cercles proches du ministère de la Défense russe, offre une narration alternative explosive. Elle transforme une défaite militaire en un récit de perfidie, où la victoire américaine est souillée par l'argent et la déloyauté. « L'Amérique n'a pas gagné par la force, elle a acheté des traîtres », conclut le général, selon les propos rapportés.

Pourtant, cette accusation soulève de nombreuses questions. Elle intervient alors que Moscou tente de digérer la perte d'un allié stratégique en Amérique latine. Les systèmes russes, dont des Buk-M2E et des S-300, ont en effet été surpris par les frappes, sans réaction efficace. Pour le Kremlin, attribuer cet échec à la trahison plutôt qu'à une déficience technique ou tactique est politiquement bien plus commode. Cela permet de préserver le prestige des armes russes à l'export et de rejeter la responsabilité sur les « complices » vénézuéliens.

La réaction officielle russe a d'ailleurs été plus mesurée que ne le laissent entendre ces déclarations militaires. Le ministre des Affaires étrangères a condamné une « violation inacceptable de la souveraineté », tandis que l'ancien président Dmitri Medvedev a qualifié l'action d'« illégale », tout en reconnaissant avec une froide lucidité sa « certaine cohérence » géopolitique. Moscou semble vouloir préserver un dialogue avec Washington, notamment sur le dossier ukrainien, sans céder à une escalade verbale contreproductive.

Ironie de l'histoire, cette opération qui humilie un allié de Moscou pourrait en réalité renforcer la logique défendue par Vladimir Poutine. En intervenant sans mandat international dans sa « sphère d'influence » traditionnelle, Donald Trump a validé le principe des zones d'exclusivité géopolitique chères au Kremlin. Une réalité que le président ukrainien Volodymyr Zelensky n'a pas manqué de pointer avec amertume, suggérant que les États-Unis « savent ce qu’il faut faire ensuite ».

Cette accusation de trahison, vraie ou fausse, révèle ainsi les plaies profondes des conflits par procuration. Elle pose une question troublante : dans les guerres de l'ombre, la loyauté des hommes se monnaie-t-elle toujours plus cher que la technologie des armes ?

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