2000 prisonniers politiques, les évêques peuvent-ils les libérer avant la visite du Pape ?
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CAMEROUN :: 2000 prisonniers politiques, les évêques peuvent-ils les libérer avant la visite du Pape ? :: CAMEROON

Le 12 octobre 2025, les Camerounais votent. Dans l'opposition, on crie à la victoire d'Issa Tchiroma Bakary. Mais les résultats officiels proclament Paul Biya réélu. La rue gronde. La répression s'abat. Bilan officieux : une cinquantaine de morts, plus de trois mille arrestations. Aujourd'hui, deux mille personnes croupissent en prison, sans jugement. Leur seul crime : avoir contesté ce qu'ils considèrent comme un hold-up électoral.

La visite du Pape, un événement sous tension

Le Vatican annonce la venue prochaine du Pape au Cameroun. Il est présenté comme un "messager de la paix". Mais comment parler de paix quand deux mille opposants présumés sont derrière les barreaux ? La contradiction est flagrante. Les évêques du Cameroun, qui accueilleront le souverain pontife, se trouvent face à un dilemme moral et politique.

L'interpellation du père Lado Ludovic

Le père Lado Ludovic, connu pour son engagement en faveur des droits humains, pose une question qui dérange : les évêques peuvent-ils demander et obtenir la libération des prisonniers politiques AVANT l'arrivée du Pape ? Une question simple, mais lourde de conséquences. Elle met les responsables religieux face à leurs responsabilités.

Pourquoi cette question est cruciale

La venue d'un pape est toujours un moment de grâce diplomatique. Dans plusieurs pays, des visites pontificales ont été précédées de gestes de clémence : grâces présidentielles, libérations de prisonniers. Ces gestes donnent un contenu concret au message de paix. Au Cameroun, le contexte est explosif. Les prisonniers politiques sont nombreux. Leur sort est devenu un symbole.

Le rôle des évêques dans la médiation

Les évêques camerounais disposent d'une réelle influence morale. Ils sont écoutés par les fidèles, respectés par les autorités. S'ils s'unissent pour demander la libération des détenus, leur voix pourrait peser. Mais le pouvoir de Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quarante ans, a rarement cédé à ce type de pression. Les évêques doivent choisir entre le confort du silence et le risque de l'engagement.

Les enjeux à court et long terme

À court terme, une libération massive avant la visite du Pape redorerait l'image du Cameroun. Elle montrerait que le régime est capable de gestes d'apaisement. À long terme, cela créerait un précédent. L'Église serait reconnue comme un acteur incontournable de la défense des droits humains. Inversement, l'inaction des évêques risquerait de discréditer leur parole et de renforcer le sentiment d'impunité.

Une question ouverte sur la sincérité du message de paix

Le Pape sera-t-il accueilli par un pays qui a vidé ses prisons ou par un pays qui a choisi d'ignorer la souffrance de milliers de ses enfants ? La question du père Lado Ludovic dépasse le cadre religieux. Elle interroge la sincérité du discours de paix porté par les autorités. Si Paul Biya maintient derrière les barreaux ceux qui ont cru en la victoire d'Issa Tchiroma Bakary, que vaudra le message du "messager de la paix" ? Les évêques camerounais ont entre leurs mains une part de la réponse.

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