Expulsée vers le Cameroun alors qu'elle fuyait les persécutions : l'histoire de Farah
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Expulsée vers le Cameroun alors qu'elle fuyait les persécutions : l'histoire de Farah :: CAMEROON

Une juge fédérale américaine avait interdit son renvoi. L'administration Trump l'a expulsée quand même. Farah, 21 ans, lesbienne marocaine, se retrouve aujourd'hui cachée au Maroc, traquée par sa famille.

La fuite d'une jeune Marocaine menacée de mort

Farah a 21 ans. Elle est marocaine et lesbienne. Au Maroc, l'homosexualité est punie jusqu'à trois ans de prison. Mais pour Farah, la menace ne vient pas d'abord de la loi. Elle vient de sa propre famille. Battue, menacée de mort après la découverte de son orientation sexuelle, elle n'a qu'une issue : la fuite. En 2024, elle quitte le Maroc avec sa compagne. Destination théorique : les États-Unis, où elles espèrent obtenir l'asile.

Un parcours latino-américain avant le rejet américain

Le chemin est long. Les deux jeunes femmes traversent d'abord le Brésil, puis remontent plusieurs pays d'Amérique latine. Objectif : atteindre la frontière sud des États-Unis et déposer une demande de protection. Une fois sur le sol américain, leur demande est examinée. Verdict : rejetée. Mais l'affaire ne s'arrête pas là.

Une protection judiciaire bafouée par l'expulsion

Saisie du dossier, une juge fédérale rend une décision claire en août 2025. Elle émet une ordonnance de protection interdisant explicitement le renvoi de Farah au Maroc. Motif : le pays est jugé dangereux pour sa vie en raison de son orientation sexuelle. Cette décision devrait être exécutoire. Elle devrait protéger Farah. Pourtant, quelques mois plus tard, en janvier 2026, l'administration Trump procède à son expulsion.

Le choix du Cameroun, un pays où l'homosexualité est illégale

L'expulsion de Farah intervient dans un contexte de durcissement migratoire. Mais le choix de sa destination interroge. Elle n'est pas renvoyée directement au Maroc. Les autorités américaines l'envoient au Cameroun. Problème : dans ce pays, l'homosexualité est également illégale et passible de peines allant jusqu'à cinq ans de prison. Ce transfert viole-t-il l'esprit, sinon la lettre, de la protection judiciaire ? La question reste posée.

Le Cameroun la renvoie au Maroc, où elle vit cachée

Le Cameroun ne la garde pas. Les autorités locales la renvoient vers le Maroc. Le cercle se referme. Farah est désormais sur le sol qu'elle avait fui, celui où sa famille veut sa mort. Elle vit cachée, dans la peur constante d'être retrouvée. Selon BFMTV, elle doit désormais "vivre et travailler avec la peur d'être retrouvée par les membres de sa famille".

Ce que cette affaire révèle du système d'asile

Cette affaire dépasse le cas personnel de Farah. Elle révèle plusieurs failles majeures. D'abord, la possibilité pour l'exécutif de passer outre des décisions judiciaires fédérales dans les procédures d'expulsion. Ensuite, l'absence de coordination sur les pays tiers jugés sûrs : le Cameroun ne l'est pas pour une personne LGBT+. Enfin, l'impuissance des mécanismes de protection une fois la personne hors du territoire américain.

L'impact immédiat pour Farah, les conséquences pour d'autres

À court terme, Farah est en danger immédiat. Sa vie est menacée par sa famille. Les autorités marocaines, si elles la découvrent, peuvent l'incarcérer en vertu des lois réprimant l'homosexualité. À long terme, ce cas crée un précédent dangereux. Il montre que l'orientation sexuelle peut être ignorée comme motif de protection, et que des protections judiciaires peuvent être annulées par des décisions administratives.

La question qui engage la communauté internationale

Combien de Farah vivent aujourd'hui cachées, protégées par un papier qu'un gouvernement a choisi d'ignorer ? Le droit d'asile résistera-t-il à cette érosion silencieuse ?

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