Iran-USA : Téhéran prêt à la guerre pour défendre son programme nucléaire
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Iran-USA : Téhéran prêt à la guerre pour défendre son programme nucléaire

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, vient de tracer une ligne rouge infranchissable. Dimanche, il a affirmé que son pays n'abandonnerait jamais l'enrichissement de l'uranium, même si cela devait déclencher une guerre contre les États-Unis. Une déclaration qui survient paradoxalement après des pourparlers qualifiés de "positifs" à Amman.

La diplomatie au bord du précipice

Vendredi dernier, Washington et Téhéran se sont rencontrés pour la première fois depuis les frappes américaines de juin contre des installations nucléaires iraniennes. Les deux parties ont confirmé leur volonté de poursuivre les discussions. Pourtant, dès dimanche, Araqchi durcissait le ton lors d'un forum à Téhéran.

Le message iranien est sans équivoque : le programme nucléaire reste non négociable. Téhéran accepte d'en discuter, mais uniquement dans le cadre d'un usage pacifique. Toute exigence allant au-delà de ce périmètre se heurte à un refus catégorique.

Deux visions irréconciliables

Les États-Unis déploient actuellement une importante force navale dans le Golfe. Leur exigence va bien au-delà du dossier nucléaire. Washington réclame un accord global incluant la limitation des capacités de missiles iraniens et l'arrêt du soutien de Téhéran aux groupes hostiles à Israël.

Israël, de son côté, adopte une position de tolérance zéro. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou se rendra mercredi à Washington pour le confirmer. Cette visite intervient dans un contexte de pression maximale sur l'Iran.

Araqchi a déclaré que l'Iran pourrait envisager "une série de mesures de confiance" autour du nucléaire en échange de la levée des sanctions internationales qui étouffent l'économie iranienne. Mais sans abandonner l'enrichissement.

Le poker menteur du renforcement militaire

Face au déploiement américain, le ministre iranien a affiché un sang-froid calculé. "Leur renforcement militaire dans la région ne nous effraie pas", a-t-il affirmé. Cette déclaration faisait suite à la visite de l'envoyé américain Steve Witkoff sur le porte-avions Abraham Lincoln dans le Golfe.

Witkoff a posté sur les réseaux sociaux une photo avec Jared Kushner, gendre de Donald Trump, accompagnée du message "paix par la force". Une stratégie d'intimidation qui ne semble pas impressionner Téhéran.

"Nous sommes une nation diplomatique, et nous sommes aussi une nation de guerre, mais cela ne signifie pas que nous cherchons la guerre", a précisé Araqchi. Une formulation qui maintient toutes les options sur la table.

Les cicatrices de juin dernier

Ces pourparlers sont les premiers depuis que les États-Unis ont bombardé des installations nucléaires iraniennes en juin, suite à l'attaque israélienne contre la République islamique. Les frappes ont provoqué une impasse de douze jours.

Trump a affirmé à l'époque avoir détruit les capacités nucléaires de l'Iran, mais l'ampleur réelle des dégâts reste inconnue. Cette incertitude alimente les spéculations sur l'état effectif du programme iranien.

Le président iranien Masoud Pezeshkian a qualifié dimanche les pourparlers de "pas en avant", menés "avec le soutien de gouvernements amis de la région". Une manière de rappeler que l'Iran n'est pas isolé diplomatiquement.

Le chantage aux missiles et aux alliés

La question des capacités de missiles reste un point de blocage absolu. Araqchi a réitéré samedi dans une interview à Al-Jazeera que ce sujet n'était "pas négociable". Pour Téhéran, ces missiles constituent une dissuasion stratégique indispensable.

Les pays occidentaux et Israël accusent l'Iran de chercher une arme nucléaire. Téhéran le nie catégoriquement. "Ils craignent notre bombe nucléaire, alors que nous ne cherchons pas à en avoir une. Notre bombe nucléaire, c'est notre capacité à dire non aux grandes puissances", a déclaré Araqchi.

Les enjeux d'une escalade annoncée

L'Iran a prévenu qu'il viserait des bases américaines dans la région et pourrait fermer le détroit d'Hormuz en cas d'attaque. Un scénario catastrophe qui affecterait instantanément les approvisionnements pétroliers mondiaux.

Trump a menacé à plusieurs reprises d'intervenir militairement en Iran, notamment après la répression des manifestations de janvier qui a fait, selon le groupe américain HRANA, 6971 morts et plus de 51 000 détenus.

Araqchi a confirmé qu'un nouveau cycle de discussions se tiendrait "bientôt", tout en précisant qu'il "reste encore beaucoup de chemin à faire pour construire la confiance". L'Iran "évaluera tous les signaux puis prendra sa décision quant à la poursuite des négociations".

Dans un Moyen-Orient déjà explosive, l'intransigeance iranienne sur le nucléaire conduira-t-elle à une nouvelle guerre ou à un compromis historique ?

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