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© Correspondance : JEAN MICHEL DEVILIER
- 01 Mar 2026 22:29:17
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ÉTATS-UNIS :: ETATS-UNIS – IRAN : LES VRAIES RAISONS DE LA GUERRE :: UNITED STATES
Cette guerre au Moyen-Orient constitue bien davantage qu’un affrontement régional limité, elle représente une confrontation aux enjeux géopolitiques et économiques mondiaux d’une ampleur considérable. Si le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé cette offensive militaire majeure contre l’Iran, baptisée Operation Epic Fury ou Operation Lion’s Roar, c’était pour commencé une escalade qui sera sans précédent dans le conflit historique opposant Téhéran, Washington et Tel-Aviv. Cette offensive a visé des sites militaires, nucléaires et stratégiques iraniens, provoquant en retour des ripostes à travers le Moyen-Orient, lesquelles ont touché des bases américaines ainsi que des intérêts israéliens dans plusieurs pays de la région. Au moment où on s’exprime le guide Ali Kamenei est mort. C’est bien grave très grave même.
Il faut s’attendre à un fait majeur tôt ou tard. Présenté en apparence comme un conflit strictement militaire, cet affrontement s’enracine en réalité dans des dynamiques économiques et stratégiques mondiales beaucoup plus profondes. Officiellement, l’intervention américano-israélienne vise à neutraliser ce qui est qualifié de menace nucléaire iranienne. Toutefois, cette lecture centrée sur la sécurité occulte des enjeux géopolitiques plus vastes qui dépassent largement la seule question militaire et s’inscrivent dans une recomposition globale des rapports de force. Les conséquences potentielles de cette guerre pourraient bouleverser l’économie mondiale de manière durable. L’Iran produit chaque jour plusieurs millions de barils de pétrole et occupe une position stratégique au bord du détroit d’Ormuz, passage maritime par lequel transite près de 20 pour cent du pétrole mondial.
La moindre perturbation de cette artère énergétique essentielle entraîne des répercussions immédiates sur les marchés internationaux, alimentant la volatilité des prix du brut, augmentant les coûts du transport maritime et créant un climat d’incertitude généralisée sur les places financières. Ainsi, une escalade militaire locale peut rapidement se transformer en onde de choc économique planétaire. Au-delà de la dimension énergétique, la question du dollar et de l’ordre économique mondial s’impose comme un élément central de l’analyse.
Certains économistes et analystes estiment que ce conflit s’inscrit dans une lutte plus large visant à préserver l’hégémonie du dollar en tant que monnaie dominante des échanges internationaux, tout en freinant l’émergence d’un ordre multipolaire. Avant cette escalade, plusieurs grandes économies, notamment la Chine, l’Inde et la Russie, ont multiplié les initiatives pour réduire leur dépendance au dollar et favoriser des transactions dans d’autres monnaies nationales. Cette évolution remet en cause la position centrale de la devise américaine dans le système financier international et, par extension, la capacité des États-Unis à utiliser les sanctions économiques comme instrument d’influence et à financer leurs déficits extérieurs. Dans cette perspective, une crise majeure au Moyen-Orient tend à provoquer un phénomène d’aversion au risque à l’échelle mondiale, poussant investisseurs et gouvernements à se tourner vers des actifs jugés plus sûrs, notamment le dollar et les bons du Trésor américain.
Ce mécanisme peut, paradoxalement, renforcer la domination financière des États-Unis au moment même où celle-ci semble contestée. Il ne s’agit pas nécessairement d’une stratégie coordonnée et consciente de l’ensemble des acteurs impliqués, mais l’effet macroéconomique observé correspond souvent à cette dynamique de consolidation du centre financier dominant en période d’instabilité. La possibilité d’un élargissement du conflit soulève également des risques idéologiques et géopolitiques majeurs. Au-delà des considérations économiques, cette confrontation s’inscrit dans un climat international déjà marqué par des tensions accrues et une polarisation croissante.
Dans un contexte d’insécurité globale, certains gouvernements peuvent être tentés d’exploiter la peur collective pour renforcer leur pouvoir intérieur, restreindre les libertés publiques et imposer des politiques plus autoritaires. Cette évolution nourrit le risque d’une radicalisation politique et d’une forme de durcissement des régimes dans plusieurs régions du monde. La guerre en Ukraine depuis 2022 a déjà accéléré la structuration de blocs géopolitiques opposés, favorisant un rapprochement stratégique entre la Russie, la Chine et d’autres États désireux de s’émanciper de l’hégémonie occidentale. Moscou a condamné les frappes américano-israéliennes et s’est présenté comme un acteur diplomatique potentiel dans la gestion de la crise, affirmant que l’Occident recourrait à la puissance militaire pour maintenir son influence. Dans ce contexte, l’Iran apparaît non seulement comme un adversaire régional d’Israël, mais aussi comme un pivot stratégique pour les alliances en Eurasie. Sa position géographique, ses relations avec des acteurs régionaux armés et ses liens croissants avec la Chine et la Russie en font un élément central d’une nouvelle ligne de fracture mondiale. Pour comprendre pleinement les racines de ce conflit, il est nécessaire d’élargir l’analyse au-delà des événements immédiats. Il ne s’agit pas simplement d’une guerre entre États, mais d’une confrontation autour de la définition de l’ordre mondial du XXIᵉ siècle.
Le Moyen-Orient devient le théâtre où s’opposent les partisans d’un système international centré sur la puissance américaine et ceux qui défendent l’émergence d’un monde multipolaire dans lequel des puissances comme la Chine, la Russie ou l’Inde exerceraient une influence plus autonome. Les impacts économiques qui en découlent dépassent largement le champ militaire. Les perturbations des marchés de l’énergie, des chaînes d’approvisionnement et des flux financiers internationaux ne constituent pas des effets secondaires, elles se trouvent au cœur des enjeux contemporains. Une crise prolongée pourrait ralentir la croissance mondiale, accentuer les pressions inflationnistes et fragiliser des économies fortement dépendantes des importations énergétiques et des routes commerciales stratégiques.
Par ailleurs, les clivages idéologiques internes à de nombreux pays risquent de s’approfondir. Les crises internationales servent parfois de justification à l’adoption de politiques sécuritaires ou populistes qui affaiblissent les équilibres démocratiques et pèsent sur les économies nationales. Ainsi, la dimension politique intérieure se trouve étroitement liée aux dynamiques géopolitiques extérieures. Ce qui se déroule aujourd’hui au Moyen-Orient ne peut donc être réduit à une guerre régionale circonscrite dans le temps. Il s’agit d’un moment charnière où convergent des enjeux militaires, économiques et politiques globaux, une confrontation stratégique pour l’influence mondiale, une lutte autour du rôle du dollar et de l’architecture du commerce international, ainsi qu’un risque de fracture idéologique profonde dans plusieurs régions du monde. Cette réalité dépasse le cadre strictement militaire et touche aux fondements mêmes du système international contemporain, un système susceptible d’évoluer vers un monde multipolaire ou, au contraire, de se reconfigurer autour d’une domination américaine renforcée.
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