-
© Camer.be : Toto Jacques
- 27 Nov 2025 11:39:20
- |
- 2005
- |
Élections au Cameroun : Le Prix du Sang et l'Impératif de Boycott Stratégique :: CAMEROON
L'élection présidentielle camerounaise de 2025 a marqué un sombre tournant dans l'histoire politique du pays. Alors que la contestation des résultats de 2018, portée notamment par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), s'était déroulée dans un contexte post-électoral tendu mais globalement moins meurtrier, le scrutin de 2025 a malheureusement franchi un seuil de violence alarmant. Les manifestations consécutives aux allégations de fraudes électorales massives ont été réprimées avec une brutalité sans précédent, causant des pertes humaines que les bilans officiels et ceux des organisations internationales peinent à concilier. Que ce soit les chiffres annoncés par le gouvernement ou ceux, plus élevés, rapportés par l'ONU et les ONG, la réalité est celle d'un sacrifice tragique payé par des citoyens réclamant la vérité des urnes.
Ce nouveau contexte, où la dissidence se paie du prix du sang, soulève une question fondamentale pour l'opposition et la société civile : la légitimité du processus électoral. Participer à une élection organisée par des institutions dont la partialité et la capacité à manipuler les résultats sont désormais gravées dans la mémoire collective, reviendrait inéluctablement à légitimer non seulement les structures de la démocratie confisquée, mais aussi à minimiser le sacrifice de ceux qui sont tombés.
Face à un système où le vainqueur est connu d'avance, la participation des candidats de l'opposition ne peut être interprétée que de deux manières. Soit ils agissent en tant qu'« amis » du régime, offrant une façade démocratique à une mascarade électorale, soit ils sont considérés comme des « complices » involontaires, leur présence servant uniquement à valider le simulacre de consultation populaire. Continuer à se présenter au scrutin, c’est donner un blanc-seing au maintien des institutions contestées.
Un boycott stratégique devient, dès lors, plus qu'un acte de protestation ; il se transforme en un puissant outil de délégitimation. En refusant de cautionner un processus qui ne respecte ni les lois, ni les vies humaines, l'opposition envoie un message clair à l'échelle nationale et internationale : les institutions actuelles, notamment l'organe de gestion des élections et le Conseil constitutionnel, ont perdu toute crédibilité.
L'enjeu n'est plus la victoire d'un candidat, mais la refondation d'un cadre démocratique véritablement inclusif. La mémoire des victimes de la crise post-électorale impose désormais de chercher d'autres voies pour le changement politique, en privilégiant la pression citoyenne et l'intervention internationale plutôt que l'illusion d'une compétition électorale loyale.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi dans la rubrique POINT DE VUE
Les + récents
Sommé par la police, Jacques Bertrand Mang attaque la Mairie de Douala sur les déchets
Amour sans limite d'âge : Quand l'homme est plus jeune que la femme
Crise énergétique au Cameroun : Mamfe et Limbe manifestent dans le noir
Cavaye Yeguie Djibril Éteint une Rumeur par sa Présence à Manda
Calixthe Beyala dénonce la « misère facebookeuse » et défend son mode de vie
SOCIETE :: les + lus
26 élèves surpris en train de tourner un film osé à Bafoussam
- 30 April 2015
- /
- 1027662
Brenda biya sème la terreur en boîte de nuit à Yaoundé
- 15 July 2015
- /
- 563981
Menacée de mort par sa famille car elle est lesbienne
- 03 March 2016
- /
- 451627
Oyom-Abang : une femme marche nue à Yaoundé VII
- 09 July 2015
- /
- 386457
LE DéBAT
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- 17 December 2017
- /
- 223571
Vidéo de la semaine
évènement
