LES KONDENGUIENS : UNE ODE À LA LIBÉRATION DES CAMEROUNAIS ! :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Avec Camer.be : Dr NKE Fridolin, Docteur de l’université de Liège (Belgique)
  • mardi 23 avril 2019 07:50:00
  • 8260

LES KONDENGUIENS : UNE ODE À LA LIBÉRATION DES CAMEROUNAIS ! :: CAMEROON

Chers Kondenguiens,
Chers Camerounais,

L'heure est à la passion, celle du Christ peut en cacher une autre : celle du peuple camerounais. Cette passion de mon peuple m'inspire ce Poème. Je veux qu’elle soit la prière matinale de tous les bagnards politiques de Kondengui. Je veux qu’elle soit l’hymne de notre délivrance commune. Je vous chante cette ode de notre libération prochaine. C’est un autre moi qui parle ; c’est le poème de  Bernard Abou Binlin Koffi Dadier intitulé : "Le temps des fous".

« C'est le temps des rois du farniente,
Le temps des flics et des mouchards.
C'est le temps des juges lisant le code à l'envers pour satisfaire les puissants du jour, bâtisseurs de prisons.

C'est le temps des fous.
Camarades, allons-nous nous laisser mettre les fers?
Leurs lois sont des chaînes à nos pieds , des verges avec lesquelles ils nous fouettent
Afin que l'usine ne cesse de « produire »
Et le coffre de s'emplir...
Il faut de l'énergie!
Il faut de l'eau dans les turbines!
Et ce sont nos larmes qu'ils veulent
Et c'est de notre sang qu'ils exigent.
Camarade, tordons le cou à leur régime de mort.
C'est nous qui chantons la paix
Qu'on mène en prison.
C'est nous qui chantons L'Amour
Qu'on mène au poteau.
C'est le temps des fous,
C'est le temps des menteurs.
Le temps des satrapes
Geôliers soupçonneux et inquiets.
Ils tremblent tous de nous voir
Briser nos chaînes dont chaque maillon qui cède
Est un privilège qui s'envole.
Ils tremblent de nous voir
Reconquérir notre liberté
Camarades, tordons le cou à leur régime de mort.
Nous les empêcherons de nous mettre le bâillon, les fous.
Nous les empêcherons de nous mettre les fers, les bandits.
Derrière les barbelés
Nous ferons quand même le jour sur leurs crimes.
Nous leur demanderons compte
de notre sueur,
de notre sang,
de tous les sourires effeuillés,
de tous les espoirs déçus ...
C'est le temps des fous,
Le temps des flics et des mouchards,
Le temps des traîtres et des renégats
Qui nous vendent pour un sourire...
Mais ce n'est qu'un temps.
L'avenir nous appartient » (Bernard Dadier, « Le temps des fous », in Légendes africaines).

Après avoir lu ce poème, le Camerounais ou n’importe quel Africain en peine ressent la saveur de la liberté dans sa gorge ; sa foi en l’avenir s’enracine dans du granit, car il est galvanisé. Serein, il ouvre sans peine les murailles de Kondengui ! En revanche les esprits immatures, compromis ou entachés de sang ne savent pas lire le cours de leur monde. Ils ne comprennent pas non plus les « critiques ». Ils s’inquiètent ; ils s’enfoncent dans leur hideux confort qui vient d’être saccagé par des jugements incisifs qui pètent le bon sens, leur plus grande hantise. Leur science consiste à sécuriser leurs irrémissibles compromissions et péchés. Ils ne prient encore Dieu et ne parle au peuple que pour mieux oublier les commandements altruistes des Cieux et de la Constitution. Il leur répugne de s’ébrouer et de tuer les poux qui décampent de leurs poils hérissés de prévaricateurs bien repus. Ils ne renoncent cependant pas ; ils attaquent même en prêchant la bonne tenue, la retenue, le respect des aînés et des institutions, la sacralité des LOIS, leurs armes miraculeuses.

Ceux qui ne savent qu’envoyer les gens en prison veulent se donner du répit pour mieux se barricader, comme les rats palmistes qui accumulent l’arachide et les noix de palme frais en prévision des rigueurs mortelles de la disette de la saison sèche. Que tous ces singes supérieurs qui jouent aux mammifères ruminants veuillent bien recevoir nos excuses : on est conscient que tout homme « libre » et au goût intact a le droit de ruminer en cachette, à défaut de digérer en silence ! Mais quel effet peuvent avoir les mots en l’air des marcheurs sur le poids remarquable de vos réserves ? Des mots si vides ont-ils une quelconque incidence sur le rythme cardiaque de si remarquables accumulateurs engagés dans une boulimie compulsive du pouvoir et des avoirs ?

En réalité, vous êtes uniquement inquiets du temps de vie de votre satiété. Et cette saturation de vos jouissances individuelles fait oublier les ravages dont sont capables nos chagrins. La révolte qui gronde aux quatre coins de notre pays ne peut laisser indifférents que ceux qui ont décidé de se suicider pour compromettre l’éclosion de l’avenir de leur peuple au travers d’un effort diabolique de pérennisation de leur « temps des fous ». Quel spectacle anachronique que celui que donne à voir le berger qui s’autolyse pour avoir échoué au massacre collectif orchestré de ses brebis ! Vous enfermez les marcheurs parce qu’ils sont suspects de porter dans leur bouche des glaives de haine qui pourraient transpercer votre ventre infâme. Rassurez-vous : ce ne sont pas des éventreurs des sujets de la malchance ! Ils veulent partager leur vision d’avenir ; ils veulent dire le devoir de citoyen auquel est astreint chaque Camerounais. Leur verbe doit cependant vous inquiéter parce qu’il est le cri de la rue. Quant à nous autres, comme eux, nous voulons penser un homme neuf, un pays neuf à travers le vacarme diligent de nos mots mutinés. Et on le voit qui pointe déjà son nez au loin….

23avril
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