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CAMEROUN :: La Can 2019 comme boussole du nouveau septennat :: CAMEROON
CAMEROUN :: POINT DE VUE CAMEROUN :: La Can 2019 comme boussole du nouveau septennat :: CAMEROON
  • Mutations : Jacques Eric Andjick
  • lundi 12 novembre 2018 02:55:00
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CAMEROUN :: La Can 2019 comme boussole du nouveau septennat :: CAMEROON

Paul Biya a prêté serment comme président de la République du Cameroun, le 06 novembre dernier à l’Assemblée nationale. Agé de 85 ans, c’est la septième fois que celui qui est au pouvoir depuis 36 ans prête serment en tant que chef de l’Etat. Il a été proclamé élu, le 22 octobre dernier par le Conseil constitutionnel avec 71,28% des suffrages, à l’issue d’une élection controversée. Toujours est-il que la boussole de ce nouveau septennat de Paul Biya, c’est le sport. Avec la Coupe d’Afrique des nations (Can) que doit abriter le Cameroun en juin-juillet 2019, le pays des Lions indomptables accuse du retard dans la construction des infrastructures diverses. De même que dans la Voirie et réseaux divers (Vrd).

Mais les présidents des comités de sites que sont les gouverneurs de région multiplient les descentes sur le terrain pour vérifier l’avancée des travaux. Sans oublier le ministre des Sports et de l’Education physique, Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt, président du Comité local d’organisation de la Can (Cocan) qui sillonne sous pression, les différents sites. Les responsables susmentionnés ont le feu aux fesses, pour parler vulgairement. Plus sérieusement, leur patron, le chef de l’Etat, ne tolérera pas une disqualification du Cameroun dans l’organisation du plus grand événement africain. L'information claire et nette. C’est d’ailleurs pourquoi Paul Biya a reçu le 02 octobre dernier au palais de l’Unité, le président de la Confédération africaine de football (Caf) Ahmad Ahmad, qui a dénoncé plusieurs fois, le retard du Cameroun dans la construction des infrastructures dédiées à l’évènement. Un signe que Paul Biya fait de l’organisation de la Can, la boussole de ce nouveau septennat.

C’est sans doute pourquoi sa victoire à la Présidentielle du 07 octobre dernier était impérative. Mieux que les élections municipales et législatives prévues également l’année prochaine, la Can 2019 est l’évènement politique par excellence de ce septième mandat. Au-delà du résultat sportif des Lions indomptables, elle sera utilisée par le pouvoir pour démontrer à la communauté internationale, notamment à l’Occident, le vivre ensemble au Cameroun. Surtout que le tournoi se jouera à Yaoundé dans la région du Centre, à Douala dans le Littoral, à Garoua dans le Nord et à Limbé dans le Sud-ouest.

La dernière région citée est située en zone anglophone, une partie du Cameroun en proie à un conflit armé entre les combattants sécessionnistes et l’armée. Donc, l’organisation de la compétition dans la cité balnéaire du Sud-ouest sera une occasion de prouver que l’ancien Cameroun occidental est bien sous contrôle et que les images des tueries, enlèvements, exodes massifs des populations et autres ne reflètent pas la réalité du terrain. Certainement, des hautes instructions seront données à la société en charge de la distribution de l’énergie, pour que pendant la durée de la Can, il n’y ait pas de coupure d’énergie. Du moins dans les sites qui abriteront la compétition. Il en est de même de l’eau. Les coupures d’eau seront certainement moins régulières pendant le tournoi continental.

Afin que nos visiteurs ne soient pas témoins de la défaillance dans la fourniture constante d’eau potable habituellement au Cameroun. Toutefois, le réseau routier défectueux pourrait ne pas trouver de solution avant la Can. C’est pourquoi les ponts aériens seront utilisés. En dehors du trajet reliant Douala à Limbe effectué par route, les différentes délégations emprunteront l’avion pour changer de site.

C’est sans doute à cet effet que l’aéroport de Bafoussam a été récemment rénové. Les axes reliant les lieux d’hébergement des délégations des stades à Douala, à Yaoundé, à l’Ouest et dans le Sud-ouest, seront certainement améliorés ou aménagés avant la compétition. Seules les zones et régions non-concernées resteront des parents pauvres. Tout comme des hôpitaux, plus que jamais ignorés par les grands commis de l’Etat et autres dirigeants qui préfèrent se soigner en Europe ou en Afrique du Sud.

Toutefois, quelques formations sanitaires dites de référence, vont sans doute acquérir pour la circonstance, de nouveaux équipements dont les capacités seront vantées devant la presse. Donc tous les efforts du nouveau septennat seront concentrés sur l’organisation de la Can, occasion pour montrer l’unité, le développement, la cohésion sociale et la paix. Même si la dure réalité nous rattrape passé le mois du tourno

12nov.
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