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© Le Quotidien De L'Economie : Joseph Roland Djotié
- 22 Aug 2017 11:19:20
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Pour le protectionnisme à la camerounaise :: CAMEROON
Depuis les années 1960, les Etats africains, partenaires privilégiés de l’Union européenne (UE), et de biens d’autres régions ou nations du monde, ont toujours milité, pour la majorité d’entre eux, en faveur du libre échange. Une posture qui a débouché sur l’ouverture de leur marché aux produits issus de cet espace économique de 500 millions d’habitants au pouvoir d’achat élevé, mais qui en a réalité n’a jamais véritablement profité aux économies africaines.
Plus de 50 ans après les indépendances, l’Afrique est restée ce nain qui, dans le commerce mondial, est incapable d’exporter ses produits finis vers l’étranger. Les données 2013 de la Banque mondiale l’attestent.
L’Afrique ne représentait que 4,7% (2820 milliards de dollars US) du Produit intérieur brut (PIB) mondial, alors estimé en 2013 à 60 000 milliards de FCFA. Ce qui signifie que l’Afrique demeure incapable de produire assez de biens transformés, pour inonder la terre, comme c’est le cas de Chine aujourd’hui.
Et bien avant elle, l’Europe et les USA. Alors que l’Afrique reste un marché à ciel ouvert aux produits manufacturés d’ailleurs, ceux des pays africains ont de la peine à percer sur d’autres marchés à cause des barrières non tarifaires.
Bien que décriée, cette situation n’a jamais trouvé de solutions. Depuis la signature de l’AGOA (African Growth Opportunities Act) avec les Etats-Unis, l’Afrique n’a jamais pu en profiter. Plusieurs facteurs bloquants sont souvent évoqués : l’incapacité des PME africaines à innover, par exemple. Mais la vérité est aussi et surtout que les pays développés n’ont jamais vraiment ouvert leur marché. Selon les analystes, tous pratiquent le protectionnisme. Qui n’est autre que cette politique interventionniste, menée par un Etat ou un groupe d’Etats, consistant à protéger l’économie d’un pays contre la concurrence étrangère des pays mercantilistes. Dès sa prise de pouvoir en janvier 2017, le président américain, Donald Trump, a montré qu’il sera essentiellement protectionniste au profit de l’économie américaine. Une annonce qui ne tranche nullement avec les pratiques de ses prédécesseurs.
Sauf, évidemment, dans la forme. Avec l’entrée en vigueur de la 2ème phase des APE (Accords de partenariat économique) d’ici le 04 août prochain, le Cameroun, qui est aussi un marché à ciel ouvert, a tout intérêt à faire preuve de protectionnisme, s’il ne souhaite voir ses entreprises disparaitre.
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