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Cameroun: Au sens plein du terme: échappons à  nos prisons mentales! :: CAMEROON
CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Correspondance : Olivier J. Tchouaffe, PhD, Porte-parole Du CL2P
  • Thursday 08 February 2018 08:00:41
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Cameroun: Au sens plein du terme: échappons à  nos prisons mentales! :: CAMEROON

Il va sans dire que l'état des choses au Cameroun dénote la réalité que l'indépendance du pays ne signifie pas nécessairement l'indépendance de son peuple, notamment parce que l'indépendance dont nous jouissons jusqu'à présent nous cause plus de mal que de bien.

En pratique, cela signifie les difficultés à développer des capacités individuelles d'individuation, d'autodétermination, et d'autonomie. Cela a certainement à voir avec le type d'infrastructures institutionnelles et politiques dont le pays a hérité des maîtres coloniaux, et le type de sujets politiques qu'elles ont produits: Des sujets politique qui prétendent être apolitiques. Ils disent ne pas se préoccuper de ce qui se passe à Yaoundé. Ils ne voient pas non plus que si vous refusez d'emblée de vous engager politiquement, vous perdez, de facto, votre liberté. La démocratie n'est pas un accident. Vous devez la protéger de ceux qui voudraient enlever vos libertés pour augmenter leur propre pouvoir.

Justement, que se passe-t-il lorsque la lutte contre l'oppression n'est pas terminée (au moins dans les têtes), parce que le changement crucial dans les structures de l'oppression n'a pas encore eu lieu, après sept (07) décennies d'indépendance? Ceci, en partie, à cause de la relation pathologique et passionnelle en cours entre le colonisé et l'ancien colonisateur. Le sentiment lancinant d'auto-rejet qui continue de prévaloir, plutôt que d'analyser avec un œil ouvert et de courage l'héritage du colonialisme dans le pays. Ce manque d’engagement crucial pour notre héritage colonial a généré une longue liste d'insécurités et la construction à la chaîne des prisons mentales au Cameroun. En effet, l'idée de prison politique ne sert pas le public au Cameroun. Cela fait partie d'une chaîne continue de violence sociale et elle n'offre de justice à personne. Je comprends que beaucoup de gens croient comme vous que les contrevenants désignés doivent être pendus, mais le coût social de cette attitude et de cette pratique est énorme, et comme je l'ai dit, cela ne sert personne.

Ainsi, être en prison n'a pas simplement une dimension physique. En fait, de nombreux militants des droits de l'homme, comme le Mahatma Gandhi, Nelson Mandela, Martin Luther King, Malcolm X, pour ne citer que ceux-là...ont pu montrer que certaines personnes en prison pourraient être plus libres que celles qui errent dehors sans but, sans idéaux. Ces héros nous ont aidés à faire la différence entre la prison carcérale et la prison mentale interne. Ainsi, dans un régime qui bafoue constamment la liberté personnelle, il y a la nécessité de l'introspection, de l’auto-réflexion, et de la découverte de soi. Par conséquent, l'esprit non entraîné est une prison qui nous emprisonne dans un labyrinthe de pensées, de croyances, et de concepts. Comme l'a dit Gandhi, "Un homme n'est qu'un produit de ses pensées. Ce qu'il pense, il le devient."

Lorsque nous permettons à la propagande de nous contrôler, cela crée une prison mentale qui définit tous les aspects de notre existence. Aussi, comme on dit précisément, en prison, il y a ceux qui regardent les barreaux et ceux qui regardent le toit, comme le Proverbe chinois, quand le sage pointe la lune, l'imbécile examine ses doigts.

Au Cameroun, cela signifie trouver des moyens de sortir de la cage mentale dans laquelle le régime de Biya nous a emprisonnés.

Et cela commence par rappeler que nous ne pouvons pas simplement abandonner la politique (aux autres), parce que nous ne voulons pas la mettre au-dessus du bien commun et la solidarité. Car, nous ne devons jamais renoncer à ces valeurs et même être prêts à mourir pour elles comme le Dr Martin Luther King a déclaré: «Si un homme n’est pas prêt à mourir pour ses idées, il n'est pas apte à vivre." En effet, il y a quelque chose dans cet univers qui justifie l’adage suivant lequel: « Vous récolterez ce que vous semez. Notre univers est respectueux de ces lois. C'est un univers moral qui dépend de fondements moraux. Si nous voulons faire de ce monde un monde meilleur, nous devons revenir en arrière et redécouvrir cette précieuse valeur que nous avons laissée derrière nous. En effet, il n’y a que la vérité, et la vérité seule, qui nous rendra libres parce que la mémoire est ce bien si précieux que nous ne devons pas gaspiller.

08Feb
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