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© Camer.be : Toto Jacques
- 15 Jun 2026 20:04:55
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CAMEROUN :: Assassinat, torture, séquestration : le chef de Baloum visé par 8 chefs d’accusation :: CAMEROON
La famille de Steve Achille Sijamo, jeune homme brûlé vif dans la chefferie de Baloum, a déposé une plainte contre le chef traditionnel Noussi Charly Constant pour assassinat, complicité, séquestration, torture, non-assistance à personne en danger, destruction de preuves, outrage à cadavre et association de malfaiteurs – l’affaire est désormais entre les mains de la justice camerounaise.
Il n’aura pas crié « je n’ai pas volé » pour rien. Il ne sera pas mort dans une cour de chefferie sans que quelqu’un, quelque part, ne réponde de ses actes.
Steve Achille Sijamo avait 20 ans. Il a été brûlé vif à Baloum, accusé d’un vol qu’il niait en pleurant. Devant lui, un chef. Le chef Noussi Charly Constant. Qui n’a pas bougé. Qui n’a pas appelé la gendarmerie. Qui a laissé faire.
Aujourd’hui, la famille du jeune homme saisit la justice.
La plainte est déposée. Huit chefs d’accusation. De l’assassinat à la destruction de preuves, en passant par la torture, la séquestration, l’outrage à cadavre. Du jamais vu contre une autorité traditionnelle.
Le silence de la chefferie va devoir parler devant un juge.
Rappel du drame de Baloum
Le village de Baloum, situé dans l’arrondissement de Penka-Michel (département de la Menoua, région de l’Ouest), a été le théâtre d’une exécution sommaire il y a quelques jours. Steve Achille Sijamo, 20 ans, accusé de vol par des villageois, a été traîné jusqu’à la chefferie. Devant le chef Noussi Pokam Charly Constant (le nom complet est Noussi Charly Constant), il a clamé son innocence.
Malgré ses supplications, un bidon d’essence a été versé sur lui. Le feu a été allumé. Steve est mort brûlé vif, sous le regard du chef.
Des vidéos de la scène ont circulé sur les réseaux sociaux, provoquant une vague d’indignation nationale.
La plainte – huit chefs d’accusation historiques
La famille de Steve Achille Sijamo, par la voix de ses conseils, a officiellement saisi le parquet. La plainte vise directement Noussi Charly Constant, chef de deuxième degré de Baloum.
Voici les huit chefs d’accusation retenus dans la plainte :
1 Assassinat Le fait d’avoir donné ou laissé donner la mort à Steve avec préméditation ou guet-apens
2 Complicité Le chef n’a pas empêché le crime alors qu’il en avait le pouvoir et l’autorité
3 Séquestration Steve a été retenu prisonnier dans l’enceinte de la chefferie avant sa mort
4 Torture Les souffrances infligées avant le décès (brûlures, terreur)
5 Non-assistance à personne en danger Le chef n’a pas porté secours alors qu’il le pouvait
6 Destruction de preuves Possible tentative d’effacement des traces (à vérifier)
7 Outrage à cadavre Atteinte à la dignité du corps de Steve après sa mort
8 Association de malfaiteurs Entente avec les bourreaux pour commettre ces actes
Que dit la loi camerounaise ?
Le Cameroun dispose d’un code pénal qui réprime sévèrement les violences volontaires ayant entraîné la mort. L’article 275 du code pénal définit l’assassinat comme « l’homicide commis avec préméditation ou guet-apens », puni de la réclusion criminelle à perpétuité (voire la peine de mort, théoriquement toujours en vigueur mais non appliquée depuis des années).
La non-assistance à personne en danger (article 247) est punie de 10 à 180 jours d’amende et d’un emprisonnement de 15 jours à 3 ans. Mais si le prévenu avait autorité sur la victime ou sur les agresseurs, la peine peut être alourdie.
La torture (article 277) est également sévèrement punie.
Le chef d’association de malfaiteurs (article 134) peut entraîner 5 à 10 ans de prison.
Quant au chef traditionnel, la coutume ne le met pas au-dessus des lois de la République. Le statut de chef de deuxième degré ne confère aucune immunité pénale.
4. Les zones d’ombre : ce que l’enquête devra déterminer
- Le chef a-t-il donné un ordre explicite ? A-t-il simplement « laissé faire » ? Ou a-t-il tenté en vain de s’interposer ?
- Les bourreaux ont-ils été identifiés ? Ont-ils été arrêtés ?
- Y a-t eu destruction de preuves ? (par exemple, nettoyage de la scène, disparition du bidon, etc.)
- L’outrage à cadavre : le corps a-t-il été maltraité après la mort ?
Hypothèse prudente : La plainte pour « destruction de preuves » et « outrage à cadavre » suggère que la famille dispose d’éléments supplémentaires non encore rendus publics.
La réaction de la communauté : entre espoir et méfiance
Sur les réseaux sociaux, la nouvelle de la plainte est accueillie avec un mélange de soulagement et de scepticisme.
« Enfin la famille agit. Mais la justice camerounaise osera-t-elle condamner un chef ? » commentaire viral sur Facebook.
« Huit chefs d’accusation, c’est énorme. Si c’est prouvé, le chef risque la perpétuité. » analyse d’un juriste sur X.
La présomption d’innocence : un rappel nécessaire
La famille a porté plainte. La justice est saisie. Mais, comme le rappellent les principes fondamentaux, Noussi Charly Constant est présumé innocent jusqu’à ce qu’un jugement définitif soit rendu.
La plainte n’est pas une condamnation. C’est le début d’un processus. Une enquête devra établir les faits, entendre les témoins, exploiter les vidéos, et décider d’un éventuel renvoi devant un tribunal criminel.
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