Etonde E. Jean Patrice:" Introduire un vice-président nommé serait une rupture avec la démocratie"
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Dans une déclaration au ton ferme, le président du parti Dreamers et ancien candidat à l’élection présidentielle tire la sonnette d’alarme face aux orientations actuelles du projet de réforme constitutionnelle au Cameroun. Au cœur de ses préoccupations : l’éventuelle création d’un poste de vice-président désigné par le chef de l’État.

Pour cet acteur politique, une telle évolution institutionnelle constitue un recul significatif en matière de démocratie. Il estime que la légitimité démocratique, fondée sur le suffrage universel, serait mise à mal par une nomination unilatérale à un poste aussi stratégique. « Dans les démocraties présidentielles modernes, le vice-président est élu conjointement avec le président », rappelle-t-il, soulignant l’importance du lien direct entre le peuple et les détenteurs du pouvoir exécutif.
L’ancien candidat rappelle également que la fonction de vice-président existait sous la période fédérale, avant d’être supprimée en 1972 avec l’instauration de l’État unitaire. Selon lui, toute réintroduction de ce poste devrait impérativement viser un renforcement démocratique, et non répondre à des intérêts politiques circonstanciels.

Au-delà de la question du vice-président, c’est le mécanisme de succession présidentielle qui, selon lui, est fragilisé. Il met en garde contre le risque d’une continuité politique « artificielle », qui pourrait s’imposer au détriment de la volonté populaire. Une telle configuration ouvrirait la voie à une concentration du pouvoir incompatible avec les principes d’une République équilibrée.

L’homme politique appelle ainsi à un dialogue national inclusif, transparent et responsable autour de toute réforme constitutionnelle. Il regrette que les conditions actuelles ne permettent pas un débat serein et participatif sur des questions aussi fondamentales. « La Constitution ne doit pas devenir un instrument d’opportunité politique », insiste-t-il, plaidant pour une approche fondée sur l’intérêt général et la confiance publique.

Dans un propos plus large, il dresse un constat sévère de la classe politique camerounaise, y compris de l’opposition, qu’il juge en proie à de profondes insuffisances. Il dénonce des logiques de suivisme, d’appartenance identitaire et un manque de propositions concrètes, appelant à une refondation des pratiques politiques.

Face à ce qu’il qualifie de « dérive inquiétante », il invite les acteurs politiques à privilégier la confrontation démocratique des idées plutôt que des arrangements institutionnels. Pour lui, la consolidation de la démocratie camerounaise passe par le renforcement de la transparence, de l’équilibre des pouvoirs et de la participation citoyenne.

Concluant sur une note d’alerte, il estime que le Cameroun mérite une gouvernance fondée sur la compétence, la responsabilité et, surtout, la légitimité populaire.

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