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© PDC : Alexandre LEKINA
- 04 Apr 2026 17:20:20
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CAMEROUN :: Le piège est là. Et certains applaudissent. :: CAMEROON
Regardons autour de nous. Le Sénégal, le Ghana, le Nigeria, le Bénin.
Des pays imparfaits, mais qui avancent. Croissance du PIB, alternances politiques réelles, dynamiques économiques enclenchées.
Et nous ?
Nous débattons de mécanismes destinés à organiser la continuité du pouvoir. Un pouvoir incapable de garantir des minima à sa population et par ailleurs contesté.
Qu’on cesse de travestir les mots. Le dispositif autour du vice-président n’est pas neutre.
Tout indique qu’il s’inscrit dans une stratégie de succession verrouillée.
La mécanique est connue, presque banale à force d’être répétée :
on prépare la succession, on neutralise l’alternance, on fige le système, et on appelle cela la stabilité.
Mais cette stabilité-là a un coût.
Un coût politique.
Un coût économique.
Un coût humain.
Car pendant que certains calculent des équilibres de pouvoir, une génération entière voit son horizon se refermer.
Posons la seule question qui vaille : quelle est l’espérance de vie en bonne santé au Cameroun ?
Et qui peut décemment accepter de sacrifier encore quatorze années dans un pays où le temps utile est déjà compté ? Au regard des précédents, rien ne permet raisonnablement d’affirmer que le VP devenu PR se limiterait à un seul mandat.
Soyons lucides.
Derrière les justifications techniques, il y a une réalité simple : le pouvoir se partage, il ne se conquiert plus.
Certains veulent prolonger leur influence.
D’autres préparent leurs héritiers.
Et une partie de l’opposition, faute de pouvoir gagner une élection transparente, mise sur des arrangements, espérant voir leur communauté accéder au poste de vice-président, puis au pouvoir suprême, en dehors d’une véritable légitimité populaire.
Le calcul est cynique : entrer par la petite porte aujourd’hui pour régner demain sans véritable légitimité.
Et pendant ce temps ?
La jeunesse formée, compétente, ambitieuse dont les parents ne sont pas du sérail, fait ses valises.
Elle part créer de la valeur ailleurs.
Elle enrichit d’autres économies.
Elle construit d’autres pays.
Voilà le vrai bilan.
Ce système ne produit ni prospérité, ni renouvellement, ni espoir.
Il reproduit les mêmes logiques, les mêmes blocages, les mêmes élites.
Et il faudra bien le dire un jour, sans détour : ce n’est pas une réforme. C’est un verrou.
Et encourager ce verrou, c’est accepter que rien ne change.
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