200 parlementaires complices d'un coup d'État constitutionnel silencieux
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Un Parlement aux abois face à l'histoire

200 parlementaires camerounais ont choisi l'intérêt personnel sur le destin national. Ce choix scelle une crise constitutionnelle sans précédent. Le coup d'État constitutionnel au Cameroun n'a pas eu besoin de tanks.

Un régime minoritaire qui légifère encore

Le RDPC, parti au pouvoir depuis des décennies, est désormais minoritaire selon les résultats de la dernière élection présidentielle. La légitimité démocratique lui échappe. Pourtant, ses députés siègent toujours. Leurs mandats ont été prorogés, mécanisme exceptionnel transformé en instrument politique ordinaire.

Ces parlementaires savent. Beaucoup ne reverront pas les prochaines consultations électorales. La prorogation leur offre un sursis précieux et un silence encore plus précieux pour le régime.

Le calcul cynique de la survie politique

Pourquoi 200 élus ont-ils renoncé à bloquer cette dérive ? La réponse est mathématique autant que politique. La prorogation des mandats constitue un avantage concret, mesurable, immédiat. Face à une carrière politique menacée, les convictions institutionnelles cèdent.

Le RDPC minoritaire ne peut plus gagner une élection propre. Il choisit donc de contourner l'élection. La dévolution du pouvoir par voie négociée un gré à gré entre élites devient la seule stratégie viable pour maintenir la continuité du régime.

C'est la logique d'un système en fin de cycle qui refuse sa propre mort démocratique.

Les mécanismes d'un putsch en costume

Le coup d'État constitutionnel fonctionne par accumulation de petites trahisons légales. Aucune loi n'est formellement violée. Tout est procédural. La prorogation des mandats parlementaires habille l'illégitimité d'une apparence de légalité.

Le mécanisme est précis : un parlement dont les membres ne répondent plus devant les urnes vote des textes que les urnes auraient rejetés. La crise institutionnelle camerounaise se joue dans cet espace entre légalité formelle et légitimité réelle.

La succession présidentielle au Cameroun sujet tabou depuis trente ans entre ainsi dans sa phase de règlement opaque. Non par le peuple. Par un accord entre ceux qui détiennent encore les leviers de l'État.

Ce que cette crise change pour le Cameroun

La crise politique camerounaise va s'approfondir. Une transition verrouillée par des parlementaires illégitimes ne produit pas de stabilité. Elle fabrique une contestation différée, potentiellement explosive.

La démocratie camerounaise ne mourra pas d'un coup. Elle s'étiole par capitulation successive de ceux qui étaient mandatés pour la défendre.

Qui écrira l'histoire à la place des 200 ?

L'histoire retiendra les noms de ceux qui ont dit non. Elle retiendra aussi, avec la même précision, ceux qui se sont tus. La question reste ouverte : si les institutions élues abandonnent leur fonction de contre-pouvoir, quelle force intérieure ou extérieure peut encore imposer une transition démocratique au Cameroun ?

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