Un hommage à Anicet Ekane dispersé, quinze personnes en garde à vue
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Quinze personnes interpellées lors d’une cérémonie d’hommage à Bafoussam. L’administration locale a fait irruption au siège du Manidem, interrompant un rassemblement dédié à la mémoire du nationaliste Anicet Ekane.

L’intervention du sous-préfet de Bafoussam 1er  

La cérémonie d’hommage à Anicet Ekane devait se tenir ce soir au siège du Manidem à Bafoussam. Le sous-préfet de Bafoussam 1er a ordonné l’interruption de la rencontre. Plusieurs participants ont été interpellés et placés en garde à vue. L’événement visait à honorer un militant de l’indépendance camerounaise dont le nom reste absent des espaces publics officiels.

Une absence persistante des figures nationalistes dans l’espace public  

Aucune rue ni monument au Cameroun ne porte le nom des figures historiques de l’indépendance. Anicet Ekane, comme Um Nyobé, Félix-Roland Moumié ou Ernest Ouandié avant lui, se voit privé d’une reconnaissance institutionnelle. Les autorités considèrent les hommages spontanés comme des rassemblements politiques non autorisés. Cette lecture administrative justifie l’intervention des forces de l’ordre et les arrestations. Le sous-préfet de Bafoussam 1er a agi sur le fondement des textes régissant les réunions publiques.

L’effacement mémoriel comme outil de contrôle politique  

Le mécanisme repose sur une double stratégie : l’interdiction préventive des rassemblements et l’absence de toute commémoration officielle. Les obsèques de Anicet Ekane deviennent ainsi un révélateur des tensions entre mémoire nationale officielle et mémoires alternatives. L’administration utilise le code pénal et les arrêtés préfectoraux pour requalifier ces événements en attroupements illicites. Cette approche neutralise les mobilisations populaires sans ouvrir de débat sur la légitimité historique des militants de l’indépendance camerounaise. La répression des hommages aux nationalistes fonctionne comme un instrument de stabilisation politique à court terme.

Des interpellations qui pourraient déboucher sur des poursuites judiciaires  

Les personnes placées en garde à vue risquent des poursuites pour rassemblement non déclaré. Les familles des militants historiques verront leurs tentatives de commémoration systématiquement entravées. La société civile camerounaise, déjà sous pression, pourrait radicaliser ses positions. À plus long terme, sur trois à cinq ans, cette stratégie d’effacement mémoriel aggrave le déficit de réconciliation nationale. L’absence des nationalistes camerounais dans le récit officiel fragilise la cohésion sociale et maintient ouvertes des blessures historiques non cicatrisées.

Une mémoire qui s’écrit hors des cadres institutionnels  

Jusqu’où l’État camerounais est-il prêt à aller pour empêcher la mémoire de ses propres nationalistes de s’inscrire dans l’espace public ? La dispersion de l’hommage à Anicet Ekane et l’arrestation de ses soutiens posent une question fondamentale : un pays peut-il construire son avenir en niant durablement les figures de son indépendance ?

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