Prorogation des mandats au Cameroun : Cabral Libii révèle qu'il n'y a pas eu de vote
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Prorogation des mandats au Cameroun : Cabral Libii révèle qu'il n'y a pas eu de vote :: CAMEROON

Une loi adoptée sans vote formel, le silence qui en dit long

Quatre positions exprimées. Zéro vote enregistré. Cabral Libii, député et figure de l'opposition camerounaise, pose une question que personne n'avait formulée publiquement : la loi de prorogation du mandat des députés a-t-elle été adoptée dans les règles ? Sa réponse restructure entièrement le débat.

Ce qui s'est passé : une adoption sans scrutin documenté

L'Assemblée nationale du Cameroun a adopté une loi prorogeant le mandat des députés au-delà de son terme constitutionnel normal. Cette décision a suscité un débat public intense sur la légitimité des élus l'ayant soutenue et sur l'opportunité pour les opposants de démissionner.

Cabral Libii a pris position publiquement pour clarifier les faits. Il rappelle que la procédure parlementaire camerounaise prévoit le vote à mains levées pour l'adoption des lois ordinaires ;les urnes étant réservées à l'élection du Bureau. Or, aucune image de mains levées ni de mains baissées n'est disponible. Aucun décompte officiel ne circule. Personne ne peut dire combien de députés ont voté pour, ni combien ont voté contre.

Pourquoi ce vide : la mécanique d'une formalité politique

La prorogation du mandat des députés n'est pas un événement isolé dans le paysage politique camerounais. Depuis 2007, la concomitance des scrutins majeurs a provoqué systématiquement l'ajournement des législatives et des municipales. Libii lui-même range sa position dans la catégorie de ceux qui considéraient ce débat comme une formalité prévisible utile seulement pour fixer la période électorale de 2027.

Ce contexte explique en partie l'absence de vote formel documenté. Quand une décision est perçue comme acquise d'avance par une majorité des acteurs, les procédures de contrôle démocratique tendent à s'effacer. Ce glissement procédural se définit comme la substitution d'un consensus apparent à un vote formellement enregistré, rendant toute imputation individuelle de position impossible à établir.

Le paradoxe est saisissant : les élus les plus virulents contre la prorogation ont alimenté un débat public sur leurs propres votes dans une enceinte où, selon Libii, aucun vote n'a été formellement tenu.

Le décryptage : quatre camps, zéro bulletins, une seule question

Les débats parlementaires ont révélé quatre positions distinctes. Les uns jugeaient la prorogation inévitable et souhaitaient simplement clarifier le calendrier électoral de 2027. D'autres y étaient favorables et estimaient même la durée trop courte. Un troisième groupe s'y opposait formellement au nom du droit. Un quatrième, ni pour ni contre, dénonçait les justifications avancées comme des manœuvres politiques d'autant que les élections avaient été budgétisées dans la loi de finances 2026.

Cabral Libii tire de ce constat une conclusion directe : sans vote enregistré, affirmer qu'un député a voté pour ou contre relève de la fiction politique. Les positions exprimées lors des débats deviennent alors des postures respectables, mais contestables faute de traçabilité formelle.

Sa proposition est concrète. Le député foncièrement opposé à la prorogation de mandat qui refuse de démissionner choix que Libii respecte, la politique de la chaise vide étant à ses yeux improductive pourrait renoncer aux indemnités perçues durant la période de prorogation. Ce geste, dit-il, serait plus cohérent qu'un discours d'opposition non suivi d'actes.

Les enjeux : crédibilité parlementaire et élections 2027

Cette affaire fragilise la crédibilité des députés de l'opposition qui ont dénoncé la prorogation sans en payer le coût politique. L'opinion publique camerounaise dispose désormais d'un critère de jugement simple : les indemnités ont-elles été refusées ?

L'enjeu touche à l'architecture même du travail parlementaire au Cameroun à l'horizon 2027. Si l'adoption d'une loi peut se faire sans vote documenté, sans décompte public, sans archive visuelle ou numérique accessible, c'est l'ensemble du contrôle démocratique exercé par les citoyens sur leurs représentants qui est en cause. La réforme du règlement intérieur de l'Assemblée nationale notamment sur la traçabilité des votes devient un enjeu électoral concret.

Une question que le Cameroun ne peut plus esquiver

Peut-on légitimement débattre du vote d'un député sur une loi... quand ce vote n'a jamais été formellement tenu ? Cabral Libii a posé la question. La réponse appartient aux institutions. Mais l'opinion, elle, a déjà commencé à trancher.

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