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© Camer.be : Paul Moutila
- 25 Mar 2026 13:39:25
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CAMEROUN :: Jean Michel Nintcheu : pourquoi le FCC s’oppose à sa démission :: CAMEROON
L’équation camerounaise : siéger ou démissionner, le dilemme qui fracture l’opposition
Une voix s’élève contre ce que l’auteur nomme une « pensée unique ». Jean Robert Wafo, cadre du Front pour le Changement du Cameroun (FCC), refuse que l’on exige la tête de l’honorable Jean Michel Nintcheu. L’affaire, en apparence interne, révèle un clivage stratégique profond sur la nature de la résistance politique dans un régime verrouillé.
Une mise au point qui en dit long
Le député Jean Michel Nintcheu est visé par des appels à la démission. Ces demandes font suite à sa dénonciation publique de la prorogation du mandat des députés, une décision perçue comme une mainmise du pouvoir sur les institutions. Pourtant, pour Jean Robert Wafo, secrétaire national à la communication du FCC, cette exigence est non seulement infondée mais dangereuse.
Wafo oppose une logique de cohérence à ses détracteurs. Il rappelle que ceux qui crient aujourd’hui à la démission sont souvent les mêmes qui, hier, condamnaient le boycott des élections. Cette contradiction, selon lui, vide le débat de sa substance. Le Front pour le Changement du Cameroun (FCC) assume ainsi une ligne claire : la présence dans les institutions n’est pas une trahison, mais une nécessité.
L’argent du peuple contre la logique du parti
La charge de Wafo repose sur un principe fondamental de souveraineté. L’argent qui rémunère le député Nintcheu n’appartient pas à Paul Biya ni au RDPC. « L’argent du Cameroun appartient à tous les Camerounais », martèle-t-il. Cette affirmation factuelle redéfinit le débat : un élu ne perçoit pas un salaire partisan, mais une rémunération citoyenne.
Le problème de fond dépasse le cas individuel. Pourquoi cette fixation sur Nintcheu alors que d’autres députés, notamment ceux du FSNC mené par Issa Tchiroma Bakary, ne subissent pas la même pression ? Le FCC dénonce ici une instrumentalisation de la morale politique. La cohérence politique ne saurait se réduire à une posture sacrificielle, surtout lorsque le sacrifice ne modifie pas le rapport de force réel.
Le mandat de Jean Michel Nintcheu n’est pas une nomination présidentielle. Il a été élu par le peuple. Le concept de mandat du peuple se définit comme une délégation de souveraineté non révocable par un parti adverse ou une opinion momentanée. Tant que l’élu reste en accord avec ses électeurs, la démission relève de l’absurde stratégique.
« dedans contre dehors »
Le débat sur la démission cache une bataille de méthodes. Le MRC, autre formation politique majeure, avait prôné le boycott des législatives et municipales. À l’époque, les critiques dénonçaient une « désertion » de l’arène. Aujourd’hui, un député présent dénonce les abus de l’intérieur, et on lui demande de sortir.
Cette contradiction illustre ce que les stratèges appellent la stratégie de la chaise vide. Le mécanisme est simple : en l’absence d’opposants dans les institutions, le pouvoir légifère sans contradiction. Wafo retourne l’argument. Démissionner, ce serait retirer le seul contre-pouvoir parlementaire existant. « S’il démissionne, le projet de loi sera retiré ? » demande-t-il rhétoriquement.
L’efficacité politique ne réside pas dans la pureté symbolique, mais dans la capacité à bloquer ou orienter les décisions. En restant, Nintcheu conserve un droit d’alerte, une immunité relative et une plateforme pour dénoncer les « forfaitures » à venir. La prorogation du mandat des députés, qui a motivé la polémique, resterait sans opposition si tous les élus critiques quittaient l’hémicycle.
Un député dérangeant, ou une démocratie en panne ?
Jean Robert Wafo le dit sans détour : « Le député Jean Michel Nintcheu dérange décidément les adeptes de la pensée unique et de la dérive monarchique des institutions. » La question posée dépasse le sort d’un seul homme. Dans un régime où les contre-pouvoirs sont étouffés, faut-il exiger des élus qu’ils abandonnent leurs sièges pour prouver leur intégrité, ou doit-on au contraire mesurer leur courage à leur capacité à résister de l’intérieur ? Le peuple camerounais, seul détenteur du mandat, n’a pas encore rendu son verdict.
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