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© Camer.be : Toto Jacques
- 13 May 2026 00:19:23
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NIGÉRIA :: Faux pasteurs : La loi nigériane qui secoue l'Église :: NIGERIA
Un gouverneur nigérian vient de poser un acte que des millions d'Africains réclamaient en silence. Charles Soludo, gouverneur de l'État d'Anambra, a ordonné que tout pasteur thaumaturge prouve d'abord ses dons dans les hôpitaux avant d'organiser des croisades publiques.
La mesure enflamme les réseaux sociaux du Cameroun à la Côte d'Ivoire.
Ce qu'a décidé Soludo, et pourquoi ça dérange
Charles Soludo, gouverneur de l'État d'Anambra au Nigeria, a imposé une condition simple et radicale : tout prédicateur de miracles souhaitant organiser une croisade ou un service public de guérison doit d'abord se rendre dans des hôpitaux et y guérir des centaines de malades. Sans cette preuve concrète, aucune autorisation ne sera délivrée.
La décision ne passe pas inaperçue. En quelques jours, elle traverse les frontières et alimente un débat continental. Au Cameroun, des voix appellent le ministre de l'Administration territoriale Paul Atanga Nji et les gouverneurs du Cameroun à adopter une mesure identique.
La résonance est immédiate. La demande est précise. Le débat, lui, est profond.
Pourquoi cette mesure trouve un écho aussi fort
L'Afrique subsaharienne connaît une explosion des mouvements évangéliques et pentecôtistes depuis trois décennies. Des milliers d'églises indépendantes opèrent sans cadre légal clair, sans contrôle, sans reddition de comptes.
Dans ce vide réglementaire, les escroqueries religieuses prolifèrent. Des fidèles vulnérables malades, pauvres, en deuil paient des sommes considérables pour des "délits de délivrance" ou des "miracles de guérison" qui ne se produisent jamais. Les victimes se comptent en millions à travers le continent.
La décision Soludo s'attaque directement à cette économie de la crédulité. Elle pose une exigence de preuve là où régnait l'impunité.
Le débat : deux camps irréconciliables
Les partisans de la mesure avancent un argument pragmatique : la réglementation des pratiques religieuses n'est pas une atteinte à la foi, c'est une protection des citoyens. Un État qui autorise la vente de faux médicaments est tenu responsable. Il en va de même pour les fausses guérisons.
Les opposants rétorquent que l'État n'a pas à définir ce qu'est un miracle. Réglementer les croisades, c'est ouvrir la porte à une ingérence politique dans les croyances privées. Le risque de dérive liberticide est réel et visible dans plusieurs régimes africains qui ont utilisé la régulation religieuse pour museler l'opposition.
Le débat religion et État en Afrique révèle une ligne de fracture plus profonde : jusqu'où une démocratie peut-elle protéger ses citoyens contre eux-mêmes ?
La question touche à l'architecture même des relations entre Église et État en Afrique. Les grandes confessions catholiques, protestantes historiques regardent cette dynamique avec prudence. Elles pourraient devenir des alliées inattendues d'une régulation qui protège leur crédibilité face aux mouvements informels.
Le risque inverse existe aussi : une réglementation mal conçue pourrait criminaliser des pratiques légitimes, alimenter la résistance communautaire et renforcer les prédicateurs populistes.
La décision de Charles Soludo soulève une question que l'Afrique ne pourra plus éviter : la foi justifie-t-elle l'impunité ? Entre protection des plus vulnérables et liberté de conscience, les gouverneurs africains vont devoir choisir un camp. Et ce choix dira beaucoup sur la maturité démocratique de leurs institutions.
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