Après trois mois de confiscation, le corps d'Anicet Ekane restitué à sa famille
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Une restitution qui met fin à trois mois d'outrage

Le Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie a annoncé ce 24 février 2026 la restitution de la dépouille de son président. Anicet Ekane, arrêté en octobre 2025, est décédé dans les locaux du secrétariat à la Défense à Yaoundé. Son corps était confisqué depuis trois mois.

Le MANIDEM dénonce dans son communiqué une "froide mise à mort" suivie d'une "profanation" par la rétention prolongée du corps. Cette décision des autorités camerounaises met fin à une séquence qui avait suscité l'indignation des organisations de défense des droits humains.

L'itinéraire d'un opposant historique

Pour comprendre l'émotion suscitée par cette affaire, il faut mesurer le poids symbolique d'Anicet Ekane. Ce militant avait consacré 54 années de sa vie à la lutte politique au Cameroun. Figure historique de l'opposition, il incarnait une certaine idée de la résistance face au pouvoir central.

Son arrestation en octobre 2025 n'avait pas été commentée par les autorités. Les circonstances exactes de son décès dans les locaux de la Défense restent floues. Le décès d'Anicet Ekane était devenu un sujet tabou, alimentant les spéculations et les inquiétudes de ses proches.

Les zones d'ombre d'une mort en détention

Le décryptage du communiqué du MANIDEM révèle des accusations graves. L'expression "froide mise à mort" suggère une exécution extrajudiciaire. La confiscation du corps pendant trois mois interroge sur les intentions des autorités : s'agissait-il de faire disparaître des preuves, d'empêcher des manifestations, ou simplement d'humilier un adversaire politique ?

Les avocats de la famille, Maîtres Hyppolite MELI et Emmanuel SIMH, ont joué un rôle crucial pour obtenir cette restitution. Leur engagement, salué par le parti, montre l'importance du recours juridique dans ce type d'affaires. La mobilisation des "bonnes volontés" dénonçant l'arrestation et l'emprisonnement des restes a probablement accentué la pression sur Yaoundé.

Les conséquences politiques d'un décès controversé

À court terme, la restitution du corps permet enfin à la famille d'organiser des obsèques dignes. Le MANIDEM annonce un programme d'hommage pour celui qu'il qualifie désormais de "patriote-martyr". Ces cérémonies pourraient devenir des moments de rassemblement pour l'opposition camerounaise.

À long terme, cette affaire laisse des traces profondes. Elle illustre la crise politique au Cameroun et les méthodes contestées des forces de sécurité. Elle renforce le sentiment, chez une partie de la population, que la lutte pour la démocratie expose à des risques extrêmes. Le précédent Anicet Ekane pourrait devenir un symbole, alimentant la défiance envers les institutions et motivant de nouvelles générations de militants.

La mémoire comme arme politique

Le MANIDEM conclut son communiqué par sa devise : "Le MANIDEM dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit." Une façon d'affirmer que la transparence et la constance restent leurs armes face à un pouvoir perçu comme opaque et répressif. La dépouille d'Anicet Ekane est enfin libre. Mais les questions sur les circonstances de sa mort, elles, restent entières. La vérité sur cette nuit d'octobre 2025 sera-t-elle un jour établie ?

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