Le Bâtonnier recadre la sénatrice Françoise Puene
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Françoise Puene propose de parrainer des candidats au barreau, le Bâtonnier contre-attaque.
Une simple intention devenue polémique nationale. La sénatrice Françoise Puene, également connue sous le nom de Mami Nyanga, a annoncé sur les réseaux sociaux son souhait de faciliter l'obtention de lettres de parrainage pour les candidats au concours du barreau d'avril. Sa méthode : mettre à contribution des cabinets d'avocats et inviter les postulants à déposer leurs demandes dans un hôtel de la place.

Une capture de message enflamme la toile et alerte le Barreau

L'information a rapidement circulé sous forme de capture d'écran. Le Bâtonnier de l'Ordre des Avocats, Me Mbah Eric, a réagi avec fermeté. Il dénonce une "intrusion tapageuse" dans un corps de métier réglementé par la loi et des "règles séculaires". Pour lui, la démarche de la sénatrice constitue une "dérive" inacceptable.

Le parrainage, un accompagnement professionnel, pas un acte politique ou commercial
Dans sa mise au point, le Bâtonnier rappelle la définition exacte du parrainage. Il s'agit d'un mécanisme par lequel un avocat expérimenté s'engage à guider, conseiller, former et soutenir un stagiaire pendant toute la durée de son stage. "Il ne s'agit donc pas d'un acte sporadique ou commercial et encore moins d'un artifice aux mains des politiciens", précise le communiqué.

Dossiers falsifiés et inspections de cabinets : les garde-fous de l'Ordre

Le Bâtonnier met également en garde les candidats. Tout dossier contenant une attestation d'existence émanant d'un cabinet non répertorié dans les registres de l'Ordre sera systématiquement rejeté. Les avocats qui se prêteraient à ce jeu s'exposent à des poursuites disciplinaires. L'Ordre entend ainsi préserver l'intégrité du processus de sélection et la qualité de la formation des futurs avocats.

Quand la politique tente de s'immiscer dans une profession réglementée

À court terme, cette affaire révèle les tensions entre la sphère politique et les ordres professionnels. Elle met en lumière la tentative de certaines personnalités d'utiliser leur influence pour contourner les règles établies. À long terme, elle pose la question de l'indépendance des professions réglementées face aux appétits politiques. Le Barreau camerounais a choisi de marquer son territoire et de rappeler que ses règles ne se négocient pas.

Qui, de la politique ou des institutions, sortira renforcé de cet affrontement ?

Alors que la sénatrice n'a pas encore réagi officiellement aux accusations du Bâtonnier, une question demeure : cette mise au point ferme suffira-t-elle à dissuader d'autres tentatives d'ingérence politique dans les mécanismes d'accès aux professions libérales ?

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