DÉMOGRAPHIE : Le taux de natalité baisse au Cameroun :: CAMEROON
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CAMEROUN :: SOCIETE
  • Repères : Thierry Christophe YAMB
  • samedi 20 juillet 2019 13:33:00
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DÉMOGRAPHIE : Le taux de natalité baisse au Cameroun :: CAMEROON

Il est passé de 5.2 en 1998 à 4.9 en 2014. La politique vise à réduire l’impact négatif qu’aurait une grande population sur le taux de croissance.

En présidant la célébration de la Journée mondiale de la population le 11 juillet 2019 à Kribi, le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey a fait savoir : « Le nombre moyen d’enfants par femme est passé de 5.2 à 4.9 entre 1998 et 2014. Pour ce qui est de la prévalence contraceptive, elle a progressé de 24% à 34,5%. » Ce constat établi en présence de la représentante du Fonds des Nations Unies pour la population (Fnuap), Siti Batoul Oussein, avait pour but de montrer comment le Cameroun met en oeuvre les recommandations issues de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) tenue en Egypte en 1994. Ce d’autant plus que le thème de cette édition était : « Les 25 ans de la Conférence internationale sur la population et le développementaccélérer les promesses. »

Selon le Fnuap, « au Cameroun, une croissance démographique forte peut avoir un impact négatif sur les conditions de vie des populations, en affectant le taux de croissance du PIB par tête. Une croissance démographique relativement élevée peut également avoir un impact négatif sur les conditions de vie des ménages à travers la pression qu’elle peut exercer sur les infrastructures de base existantes liée à l’augmentation de leur demande. » En d’autres termes, il est prescrit au Cameroun de réduire son taux de natalité pour aspirer au développement. Car à en croire l’institution spécialisée des Nations unies pour la population, les niveaux de la croissance démographique permettent aussi d’expliquer le faible impact de la croissance économique sur l’amélioration des conditions de vie des ménages. Le portail des camerounais de Belgique. En effet, si sur la période 1996-2001 la croissance économique s’est traduite par une bonne progression du revenu par tête (environ 2% par an), la période 2001-2007 a par contre présenté des taux de croissance moyens annuels par tête du PIB compris entre 0,5% et 0,7%, niveaux très faibles pour influer de manière positive sur l’évolution des conditions de vie des ménages. Les enquêtes dans les ménages camerounais relèvent d’ailleurs à juste titre que la pauvreté monétaire qui a reculé de 13 points entre 1996 et 2001, est restée stable sur la période 2001-2007 (40,2% en 2001 et 39,9% en 2007). La conséquence immédiate de cette stabilité du niveau de pauvreté est l’augmentation importante du nombre de pauvres à cause d’une croissance démographique élevée (2,7%).

MESURES GOUVERNEMENTALES

Du coup, les autorités camerounaises entreprennent des initiatives abondant dans ce sens. Ainsi, aux dires du Minepat, on note entre autres, « la densification de la carte sanitaire avec l’ouverture des services de planification familiale dans les différentes formations sanitaires, la mise en oeuvre du programme multisectoriel de lutte contre la mortalité maternelle, néonatale, infantile et juvénile, etc. » Toutefois, le Minepat reconnaît que des difficultés persistent. D’après lui, « les problèmes liés à la santé sexuelle et reproductive continuent d’accabler l’existence et de nombreuses pertes en vies humaines sont enregistrées parmi les jeunes et les femmes. En outre, les besoins sociaux de base et ceux relatifs à la planification familiale demeurent élevés. Ils ont pour fondements, les multiples grossesses précoces et non désirées, les naissances non planifiées… ».

Pour le Fnuap, cette situation s’explique par le fait que l’évolution des indicateurs relatifs à la mortalité montre que la situation sanitaire au Cameroun est préoccupante. Une des causes qui peut expliquer cette situation est la crise économique des années 80-90 qui s’est traduite entre autres par le quasi-arrêt des constructions et de l’acquisition d’équipements des formations sanitaires. La dynamique de la population a également un rôle explicatif dans cette situation, compte tenu de la contrainte que la trop grande charge démographique exerce sur le système et les infrastructures sanitaires, ainsi que sur les ressources humaines de santé. Pour ce qui est du système et des infrastructures sanitaires, sa capacité à répondre aux besoins de santé, est loin de permettre d’améliorer la couverture médicale d’une population sans cesse croissante.

20juil.
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