CAMEROUN :: Crise anglophone - Dr Nta à Bitang : « Eviter d’ajouter de l’huile sur le feu » :: CAMEROON
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CAMEROUN :: MéDIA
  • Le Jour : Propos recueillis par Guillaume Aimée Mete
  • samedi 18 mai 2019 15:28:00
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CAMEROUN :: Crise anglophone - Dr Nta à Bitang : « Eviter d’ajouter de l’huile sur le feu » :: CAMEROON

L’enseignant de journalisme s’exprime sur les dérives de certaines personnalités en mondovision et analyse les conséquences.

Quelles peuvent être les incidences des propos clivants tenus par certaines personnalités dans le contexte de la crise anglophone ?
S’agissant d’un cas comme la crise anglophone, il est regrettable que des responsables tiennent des propos indécents, parce que dans la situation actuelle que traverse le Cameroun, où le leitmotiv est de revoir le vivre ensemble. Je crois qu’on peut faire l’économie des propos qui peuvent mettre de l’huile sur le feu. La conséquence est que les uns peuvent se dresser contre les autres. Les parties en conflit peuvent se radicaliser. Les propos indécents peuvent susciter de la haine ou des replis identitaires, il ne faudrait pas que le média soit le canal qui révèle ce genre de chose.

Quelle est la responsabilité du média qui relève de tels propos ?
Dans les talk-shows, les émissions appartiennent à quelqu’un. S’il faut faire une émission de débat, il y a un modérateur. Ce dernier doit tenir son débat, il doit faire valoir les avis des uns et des autres. Parce que généralement ce sont les sujets qu’on met en débat. Le présentateur modère le débat et donne la parole aux uns et autres. Même si l’émission est en direct, il doit avoir le sens de pouvoir éviter toute sorte de dérapage parce que des gens peuvent tenir des propos qui vont ternir l’image de l’émission et du journaliste qui la présente. C’est vrai qu’en direct c’est plus délicat, Camer.be mais pour des émissions enregistrées, le journaliste a tout le temps de rattraper un certain nombre de choses. La responsabilité devrait être de mise tant de la part des intervenants dans les débats que de la part de ceux qui modèrent les dits débats parce qu’il y a des choses que l’on ne peut pas dire en public encore moins dans les antennes d’une télévision ou d’une radio et même dans les colonnes d’un journal. Le journaliste informe et recherche la vérité. Il doit amener les gens à faire des interventions bien mesurées dans une situation conflictuelle comme la nôtre.

A quoi s’exposent aussi bien l’auteur de ces propos que le journaliste et les médias qui diffusent ces propos ?
Il y a la loi qui interdit d’appeler à la violence ou au tribalisme pour les intervenants. En ce qui concerne le journaliste, le modérateur ou le responsable de l’émission, il faut retenir qu’il n’est pas au-dessus de la loi. Avant la loi, il y a l’éthique et la déontologie professionnelle qui veulent que l’information qu’il donne soit suffisamment équilibrée, contradictoire et avérée. Si le journaliste est incapable de le faire on parle de manquement professionnel, mais s’il y avait un tribunal des pairs, il devrait passer devant cet organe d’autorégulation. Contrairement au Conseil national de la Communication qui est un organe régulateur qui a prévu à travers les textes qui le mettent en place un ensemble de sanctions. La preuve est qu’il sanctionne souvent des médias et des journalistes.

18mai
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