Cameroun, William Tag «Mon style dépend de mon état d'esprit» :: CAMEROON
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CAMEROUN :: MUSIQUE
  • Camer.be : Propos recueillis par Léandre Ndzié
  • mercredi 20 mars 2019 11:31:00
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Cameroun, William Tag «Mon style dépend de mon état d'esprit» :: CAMEROON

Coup de projecteur sur William Tag, artiste Camerounais de musique dite urbaine. Auteur prolifique, le compteur affiche plusieurs singles qui drainent de milliers d'internautes au quotidien. Le dernier en date s'intitule ma go. Nous allons dans cet entretien revenir sur son parcours artistique ,son exil académique en Italie et ses projets.

Bonjour William Tag et bienvenue sur camer.be

Bonjour à Camer be et à tous ses lecteurs c’est un plaisir pour moi de participer à cette interview

Vous êtes né et avez grandi à Douala. Mais quand est né le chanteur que vous êtes?

Je ne peux vous dire exactement quand je suis devenu chanteur. Mais tout est parti d’une petite histoire d’amour scolaire. En effet en classe de 5ème j’avais un faible pour une fille super fan de la chanson « qu’il en soit ainsi » des Poetics Lover. Du coup pour grimper dans son estime, il fallait que j’apprenne les paroles par cœur et que je la lui chante, c’est donc ce que j’ai fait grâce à un « made » que j’avais acheté. Je l’ai interpelé un vendredi à la sortie des cours et devant tout le monde je me suis lancé : je lui ai chanté le Song, j’étais super émotionné parce que tout le monde à super kiffé.

Et du coup la meuf t’as validé ou pas?

J’ai pris mon « coup de tête » au calme.

Vous vous envolez pour l'Italie en 2007 pour y poursuivre vos études , comment faites-vous pour garder le contact avec la musique ?

Très vite la musique est devenue une sorte de drogue dont je ne pouvais me passer. Donc une fois arrivé en Italie, je me suis rapproché d’un studio d’enregistrement de la ville, avec lequel on a commencé à collaborer, je lui faisais les voix supports sur certains songs et on m’enregistrait gratuitement. Ceci m’a permis de garder le cordon avec la musique.

Vous avez baigné dans la musique électronique italienne pendant quelques années. Pouvez-vous nous parler de cette expérience ?

La musique électronique est une sorte de religion en Italie, on en joue partout, dans les clubs, les radios, les bars partout. A force d’en écouter et surtout de collaborer avec des artistes de musique électro en Studio, j’ai commencé à m’y imprégner et très vite à m’en passionner. Pour moi la musique par définition n’a pas d’identité du coup j’ai commencé à collaborer avec des Dj sur des Song électro.

Vous avez séjourné chez Universal France le temps d'un projet musical, qu'est ce qui s'est passé après ?

Après mon single « I Want U » avec Mat Pettrone un Dj de musique dance basé à Milan, le DJ Allemand Rico Bernasconi qui à l’époque était un artiste de la Universal France rentre en contact avec moi et me propose une collab sur 3 titres « Sexy Lady », « Love in Paris » et « Friday night ». Il me parle en plus d’un projet d’EP qu’il veut faire publier sous la Universal France, je valide la collab sur les trois titres et lui demande plus d’info pour le projet D’EP. C’est ainsi que je reçois un mail d’Éric Brunet qui à l’époque était directeur artistique à la Capitol Records, qui m’explique avec plus de détail le problème du quota francophone, en d’autres termes, pour qu’un projet soit produit en France il était nécessaire qu’au moins 51% des paroles soient écrit en français et 49% en langue étrangère. Il avait donc besoin d’un artiste bilingue (français, anglais) pour écrire des songs dans les deux langues. J’accepte le projet d’EP qui contenait 8 titres sur lesquels j’en écris 6 et chante sur 2.
Ils apprécient les chansons et me demande donc de continuer la collaboration en me proposant d’autres projets. C’est ainsi que j’écris quelques titres pour certains artistes de la Universal France donc 2 pour Solion (artiste reggae Allemand) et 1 pour R.I.O. (Group house Allemand).

William Tag, on constate que vous avez fait de la musique électronique, aujourd'hui vous êtes beaucoup plus dans l'afropop comment expliquez-vous ce changement ?

Vous savez, la musique pour moi ne se définie pas en genre musical, mais plutôt en état d’esprit, c’est pour moi un moyen d’expression indépendamment du genre.
Cela dit étant resté lié à mes racines africaines j’ai vécu en première personne la montée en puissance de la musique afro. A force d’en écouter j’ai senti l’envie de faire un retour aux sources.

Comment définissez-vous votre style ?

C’est une question extrêmement compliquée pour la raison expliquée précédemment. Aujourd’hui je porte la casquette d’artiste musique urbaine, hier c’était l’electro house, et demain qui sait, peut-être je ferai du Mangambeu.
Pour essayer d’apporter un élément de réponse à votre question, mon style dépend de mon état d’esprit.

Parlez-nous de votre dernier single ma go. De quoi s'agit-il ?

Je précise que toutes les chansons que j’écris sont des histoires vraies, même si elles ne sont pas toutes vécues par moi.
Le single « Ma go » nait de mon envie de raconter l’histoire d’un tombeur, qui se fait renverser par une « Go » du Mboa. Il s’agit d’un mec qui s’est tout le temps moqué de ses potes amoureux et soumis à leur femme jusqu’à ce que lui-même rencontre une « Go du Mboa » qui chamboule tout dans sa vie et lui donne qu’une seule envie : se poser.
Une fois murie l'idée, j’ai contacté Skool qui m’a proposé un beat afro avec de très belles mélodies j’ai adopté l’instru, J’ai enregistré le song e la suite vous la connaissez.

Vous n'avez pas encore d'album sur le marché, qu'est ce qui ne tourne pas rond?

Question très pertinente ! Pour offrir un produit de première qualité aux fans de musique urbaine je me suis taillé un peu temps pour taffer sur un album d’environ 20 titres qui à l’heure où je vous parle est en phase de finitions. Cet album devrait voir le jour en fin 2019 ou au plus tard début 2020.
Sans vouloir manquer d’humilité, je pense que vous ne serez pas déçu.

Vous êtes basés en Italie, comment comptez-vous développer votre assise local en étant si loin de votre pays d'origine?


Pour pallier au handicap de mon absence physique j’ai choisi de collaborer avec un pro de la com pour développer mon assise locale. En la personne de Ferry Djou un acteur de poids avec les bras assez long dans les médias. Je compte sur lui pour garder le contact avec le public camerounais.
Les premiers résultats sont déjà entrain de tombé, pourtant il n’est même pas encore à 10% de ses potentialités.

Quels sont vos projets à moyen terme ?

Je prépare la sortie d’un prochain single qui devrait voir le jour en Mai, single dans lequel j’explore de nouveaux horizons musicaux, je n’en dis pas plus pour ne pas atténuer l’effet surprise.
Et un autre en juillet qui réserve lui aussi pleins de surprises, wait and see.

Merci de nous avoir accordé cet entretien William Tag

C’est moi qui vous remercie pour cette chaleureuse interview

20mars
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