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CAMEROUN :: ENTRETIEN AVEC MARINETTE YETNA : CHEF POLITIQUE,  PRÉSIDENTE DE LA SECTION RDPC EDÉA CENTRE :: CAMEROON
CAMEROUN :: POLITIQUE
  • Habeas Corpus : Propos recueillis par Alice Mbome
  • samedi 15 septembre 2018 01:15:00
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CAMEROUN :: ENTRETIEN AVEC MARINETTE YETNA : CHEF POLITIQUE, PRÉSIDENTE DE LA SECTION RDPC EDÉA CENTRE :: CAMEROON

« Il faudrait qu’il y ait un renouvèlement d’hommes plus engagés à servir que de se servir pour sortir Edéa et la Sanaga Maritime de leur torpeur »

En votre qualité de fervente militante du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), comment avez-vous accueilli la candidature de votre président national Paul Biya à l’élection présidentielle ?
Merci de me donner l’opportunité de m’exprimer à la veille d’un si grand évènement. Tout d’abord, je suis une militante satisfaite du seul fait que le président national de mon parti le RDPC se représente pour l’élection à la magistrature suprême le 07 Octobre 2018. Je suis donc une citoyenne fière parce que cette candidature revêt un triple aspect que je vais développer plus loin et enfin une mère apaisée pour le climat sécurisant des enfants.

Une certaine opinion pense que cette candidature est de trop en raison de son âge avancé. Qu’en dites-vous ?
Vous savez personnellement, l’âge n’a rien à voir pour une élection présidentielle. Un jeune peut se présenter tout comme un homme d’un âge certain. La seule condition c’est qu’il puisse jouir de ses capacités physique et intellectuelle ; mais surtout de l’expérience et de l’expertise dont nous avons besoin actuellement. Je pense que le Président Paul Biya remplit tous ces critères.

On parle des grincements de dents au sein de votre parti politique à la suite de cette candidature ; avec à la clé certains cadres ambitieux qui pensaient que Paul Biya devrait passer le témoin cette fois-ci. Est-ce vrai ?
On ne s’occupe pas des rumeurs au RDPC. Je pense qu’au jour d’aujourd’hui personne n’a eu le courage de nous le démontrer.

On a assisté à un appel tous azimuts de la candidature de Paul Biya à cette élection présidentielle. La Sanaga-Maritime n’a pas échappé à la règle au travers d’un grand meeting à la Maison du parti d’Edéa. Qu’est ce qui explique cette frénésie politique débordante à l’échelle nationale voire internationale?
Le candidat Paul Biya rassure. Le candidat Paul Biya est la stabilité. Le candidat Paul Biya est la sérénité. Il est le garant des grands chantiers en construction à travers le pays. Cette frénésie c’est surtout pour lui manifester notre reconnaissance pour ces 36 ans qu’il a donnés au peuple camerounais. Et pour lui dire que nous allons l’accompagner avec fidélité à terminer sa mission en toute beauté.

Quel regard portez-vous sur les 9 candidats de l’opposition qui veulent faire tomber votre champion à l’issue de cette élection présidentielle ?
Je puis vous dire que la présidentielle de cette année a vu naitre des candidats de qualité. En dehors des anciens qui ré-belottent, nous avons vu des nouvelles têtes. Les débats télés et radios, démontrent de la vitalité politique, de la démocratie effective, de la pugnacité des jeunes et de leur maîtrise des sujets tant économique, socio-culturel de notre pays. N’oublions pas que nous devons tout ceci au président Paul Biya qui a démocratisé le pays et a rendu la liberté d’expression effective.

Ceci dit, l’on ne doit pas perdre de vue que le « Macron Français » n’était pas un étranger dans les sphères du pouvoir, nous connaissons toutes ses fonctions avant d’arriver à l’Elysée. L’accès à la magistrature suprême est élective certes, mais c’est surtout une entente entre forces en présence ; ce n’est pas un poste de sénateur, de député, encore moins de maire. Les Camerounais dans la grande majorité ne sont pas encore prêts de laisser l’existent pour s’hasarder vers l’inconnu. Il faudrait au terme de cette élection qu’un gouvernement d’union nationale naisse et que l’opposition cesse la politique de la chaise vide et la politique de la rue ou celle des réseaux sociaux pour entrer véritablement dans les sphères du pouvoir afin de montrer les preuves d’une gestion apaisée, maîtrisée pour gagner la confiance des camerounais.

En votre qualité de chef politique du Rdpc à Edéa 1er, quel est l’état d’esprit de vos militants à la veille de ce scrutin ?
Mes militants ont hâte que la campagne soit lancée et qu’ils aillent défendre les couleurs de notre parti ; c’est l’occasion pour moi de remercier le président qui a mis toute sa confiance au niveau de ses chefs politiques tous azimuts et de rappeler à mes chers camarades que la victoire de notre champion est entre nos mains. Nous avons du pain sur la planche.

Pensez-vous réellement que ces militants en proie au chômage et à la pauvreté, abandonnés à eux-mêmes par les élites, pourront toujours élire Paul Biya à ce scrutin ?
Cette question somme toute gênante trouve elle-même sa réponse, ce n’est pas Paul Biya qui a abandonné les militants, et je ne vois pas pourquoi ils pénaliseraient le président ; on ne peut pas parler d’abandon quand Paul Biya nomme vos frères qui occupent des fonctions et qui laissent leur département dans un état de délabrement mental, social, économique et culturel. C’est les détenteurs de ces fonctions qui sont responsables de cette situation et non Paul Biya.

On parle d’un bilan très négatif du Rdpc à Edéa : pas de routes, pas d’infrastructures, pas de lumière, pas d’eau potable, pas de campagne d’hygiène et salubrité, pas de travail etc… Qu’en dites-vous ?
Est-ce que c’est juste un problème d’Edéa ou de la Sanaga Maritime ? Le réseau routier du Cameroun est en train d’être restauré et Edéa ne fera pas d’exception. Seulement, il faudrait qu’il y ait un renouvèlement d’hommes plus engagés à servir que de se servir pour aller plaider et revendiquer afin de sortir Edéa et la Sanaga Maritime de leur torpeur. Il faut que tous les Sanaga Marins se mobilisent pour faire entendre leur voix et leitmotiv pour que notre département récolte des fruits de cette élection.

Quel message avez-vous à l’adresse des populations de la Sanaga-Maritime à la veille de ce scrutin présidentiel ?
A mon peuple, à mes frères et sœurs, l’heure est grave. Ne cédons pas à l’illusion, nous ne refusons pas l’alternance, mais un pays en guerre peut-il changer de président ? Un pays en plein chantier peut-il changer de président ? Quel garanti les nouveaux nous donnent-ils pour la maîtrise des dossiers des conflits ? Quelle assurance donnent-ils pour terminer les grands projets en cours quand ils ne maîtrisent même pas les contraintes budgétaires du Cameroun.
L’élection présidentielle obéit à un calcul d’intérêt national, un exemple ; les Bassa sont-ils sûrs qu’en choisissant un frère qu’il aura le vote national ? N’oublions pas que nous devons apprendre de nos erreurs : pour avoir refusé de voter le président Biya au profit de notre frère du village, nous avons passé 5 ans dans l’oubli. La Sanaga Maritime bénéficie d’énorme projet du Budget d’investissement public (BIP) et des grands projets structurants, à l’instar la construction du port sec qui va démarrer bientôt et qui va résoudre le problème de chômage des jeunes dans le département. Le paysage du département change, j’en appelle donc à la conscientisation des uns et des autres pour que nous fassions parmi ceux qui auront donné la victoire au président à l’issue de cette présidentielle.
Je souhaite donc à tous une très bonne campagne, dans la cohésion, la paix, l’unité, dans l’inclusion afin que tous nos efforts convergent vers une victoire éclatante. Je vous remercie.

15sept.
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