Viols sur mineurs au Cameroun : les avocats passent à l'action
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Viols sur mineurs au Cameroun : les avocats passent à l'action :: CAMEROON

Face à une vague alarmante de viols sur des enfants de 3 à 14 ans, le Barreau du Cameroun sort de sa réserve et déploie une cellule juridique d'urgence pour protéger les victimes et menace de poursuivre les familles qui négocient à l'amiable avec les agresseurs.

Une fillette de 3 ans. Une école. Un quartier ordinaire de Yaoundé.

Le 28 mai 2026, des parents se rassemblent devant l'établissement, tremblants d'indignation. Ce qui s'est passé derrière ces murs dépasse l'entendement. Et ce n'est pas un cas isolé.

Ce même jour, à Douala, une adolescente de 14 ans accuse son enseignant. À Bangangté, un homme est lynché par la foule. Dans le Nord-Ouest, un septuagénaire tente d'acheter le silence d'une famille avec 30 000 F CFA.

Le Cameroun traverse une crise silencieuse et brutale. Mais cette fois, le Barreau ne se tait plus.

Le Barreau du Cameroun face à l'urgence : une cellule pour les enfants brisés

Dans un communiqué officiel publié ce 28 mai 2026, l'Ordre des Avocats au Barreau du Cameroun a annoncé la création d'une cellule spéciale dédiée à l'accompagnement juridique des victimes de viols sur mineurs. Une décision inédite, prise en réponse à une multiplication inquiétante de cas de violences sexuelles signalés à travers le pays.

Une réponse institutionnelle à une crise nationale

Le Bâtonnier Mbah Éric, à la tête de l'Ordre, a personnellement pris la plume pour dénoncer ce qu'il qualifie de « recrudescence de la criminalité des mœurs ». La cellule mise en place est composée de six avocats chevronnés :

- Maître Memong Philippe Olivier – Président
- Maître Zangue Serges Martin – Rapporteur
- Maître Mbuyah Gladys Fri
- Maître Tchakounte Charlotte
- Maître Nkongme Dorcas Mirette
- Maître Njie Jude Mokom

Leur mission : contacter directement les familles des victimes, assurer le suivi des procédures judiciaires, et veiller à ce qu'aucune affaire ne soit enterrée dans l'impunité.

Un numéro dédié a été ouvert : 654 815 610.

Des affaires qui glacent le sang

Les faits rapportés dans le communiqué sont d'une gravité rare. À Yaoundé, dans le quartier Meyo, un certain Sieur Materne Rameaux Abomo Ngono, se présentant comme enseignant, aurait abusé d'une quinzaine d'enfants âgés de 4 à 14 ans. Le même jour, à Odza, une fillette de 3 ans élève dans une école de la capitale aurait été violée, provoquant des manifestations publiques devant son établissement.

À Douala, au lieu-dit PK14, une élève de 14 ans accuse son enseignant. À Bangangté, un homme a été passé à tabac par la foule après avoir agressé une enfant de 10 ans. Dans le Département de Momo, Région du Nord-Ouest, un septuagénaire, interpellé pour le viol d'une jeune fille de 14 ans, aurait versé 30 000 F CFA à la tante de la victime pour tenter d'échapper à la justice.

Ces cas s'inscrivent dans un contexte encore marqué par la mort de Divine Mbarga Atangana, 11 ans, retrouvée morte après un viol en mars 2026 un drame qui avait suscité une vague d'émotion nationale.

L'impunité dans le viseur

Le Barreau ne se contente pas de réagir aux faits : il interpelle la chaîne pénale tout entière. Il fustige la « légèreté » de certaines procédures judiciaires ayant permis la remise en liberté rapide de présumés prédateurs sexuels.

Il condamne également avec fermeté les arrangements amiables entre familles et agresseurs, rappelant que les parents qui acceptent de telles transactions pourraient être poursuivis en tant que complices. Une mise en garde sans équivoque.

Des réformes réclamées d'urgence

Dans son communiqué, le Barreau exhorte les ministères de l'Éducation de base et des Enseignements secondaires à renforcer les enquêtes de moralité lors des recrutements d'enseignants, notamment dans le secteur privé. Il appelle aussi à une meilleure synergie avec le ministère des Affaires sociales pour intensifier la sensibilisation des enfants.

Car derrière chaque dossier, il y a un enfant. Un enfant dont la vie a basculé. Et dont le silence, trop souvent, protège son agresseur.

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