20 Mai : la vérité brutale que Yaoundé craint pour sa fête nationale
CAMEROUN :: POLITIQUE

CAMEROUN :: 20 Mai : la vérité brutale que Yaoundé craint pour sa fête nationale :: CAMEROON

La fête nationale du 20 mai au Cameroon commémore le référendum de 1972 qui a aboli le fédéralisme. Pour le Cameroon Liberation Movement (CLM), cette date symbolise la mort de l’autonomie anglophone. Le docteur Success Nkongho, leader du mouvement, qualifie cette journée de « deuil déguisé en uniformes militaires ».

Un référendum, une fédération et une rupture  

Le 20 mai 1972, le Cameroon organise un référendum constitutionnel. Le vote abolit le système fédéral créé en 1961 entre le Cameroon occidental anglophone et le Cameroon oriental francophone. Les résultats officiels affichent plus de 98 % de oui. Les critiques contestent depuis longtemps la transparence du scrutin. La nouvelle constitution centralise le pouvoir à Yaoundé, supprimant l’autonomie de la région anglophone.

Qui est le docteur Success Nkongho ?  

Nkongho dirige le Cameroon Liberation Movement, un groupe qui réclame le retour au fédéralisme. Il publie sa déclaration le 19 mai 2026, veille du 54e anniversaire. Son organisation rejette ce qu’elle appelle une « fausse unité bâtie sur l’oppression et le sang ». Nkongho se présente comme « Le Libérateur et l’Unificateur » des Camerounais anglophones.

Pourquoi les anglophones rejettent la célébration du 20 mai  

La cause profonde réside dans les promesses non tenues de la réunification de 1961. Les dirigeants anglophones attendaient une fédération à deux États avec un statut égal. Au lieu de cela, Yaoundé impose le français comme langue administrative dominante. Les tribunaux, écoles et la common law anglophones sont progressivement marginalisés. La crise anglophone s’intensifie en 2016 avec des grèves d’avocats et d’enseignants, suivies d’une répression violente du gouvernement. Des groupes armés séparatistes émergent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Selon le CLM, Yaoundé a « rejeté avec arrogance tout appel authentique au dialogue ». Le régime nie l’existence d’un problème anglophone distinct, une position que Nkongho qualifie de négation de « notre propre existence en tant que peuple ».

Mécanismes de domination et d’effacement  

Les célébrations du 20 Mai remplissent une double fonction politique. D’abord, elles projettent l’unité nationale par des défilés militaires et des campagnes médiatiques d’État. Ensuite, elles répriment les mémoires alternatives du fédéralisme. Yaoundé contrôle tous les diffuseurs nationaux, arrête les voix dissidentes et criminalise le discours sécessionniste. Le gouvernement utilise les lois antiterroristes pour détenir des activistes anglophones. Les peines de prison pour « rébellion » ou « insurrection » ont éliminé des leaders que Nkongho appelle des « héros pourrissant en prison ». Le CLM argue que l’État efface systématiquement l’identité anglophone en supprimant les toponymes anglais, en fermant les écoles bilingues et en nommant des administrateurs francophones dans les zones anglophones.

Le boycott du 20 mai 2026 appelé par le Cameroon Liberation Movement pourrait réduire la participation officielle dans les régions anglophones. Yaoundé pourrait répondre par des patrouilles militaires accrues et des coupures d’Internet. Le risque de manifestations urbaines à Douala ou Buéa reste modéré mais réel. Le rejet continu de la fête nationale pourrait approfondir la fragmentation territoriale. Sans fédéralisme ni dialogue significatif, le CLM prédit une situation de « réfugiés » à l’intérieur des propres frontières du Cameroon. Les coûts économiques incluent la perte d’investissements étrangers dans les régions anglophones, où la production de cacao et de pétrole a déjà diminué. La marginalisation des anglophones pourrait gagner du crédit auprès d’instances internationales comme le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, conduisant potentiellement à des sanctions ou à une pression de médiation sur le régime du président Paul Biya.

Quelle vérité révélera le 20 mai 2026 ?  

Le docteur Nkongho exige que « toute la vérité de l’histoire soit dite » sur le référendum de 1972. La question reste ouverte pour les Camerounais : une fête nationale basée sur un vote contesté peut-elle unir un pays où une communauté se sent effacée ? La réponse déterminera si le 20 mai devient une véritable célébration ou un rappel annuel d’une fédération morte il y a 54 ans.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

Lire aussi dans la rubrique POLITIQUE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo


L'actualité en vidéo