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© Camer.be : Par Alain Ndanga
- 16 Apr 2026 15:43:23
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FRANCE :: Dieudonné Mbeleg et Serge Mpina : Transformer le potentiel de la diaspora en impact concret
Le président de la section France de Jeunesse Émergence et Républicaine du Cameroun (Jerc) et le vice-président chargé des investissements de la diaspora Europe s’expriment au sujet des rencontres qui se tiendront ce 18 avril à Nantes sous le thème : « La diaspora camerounaise en France face à ses défis : cohésion, vivre-ensemble et engagement pour une intégration réussie et le développement du Cameroun ».
Quels constats et quelles analyses ont présidé à l’élaboration de cette thématique, à la fois structurante et interpellatrice ?
Cette thématique est née d’un constat simple mais partagé : notre diaspora dispose d’un potentiel humain, intellectuel et économique considérable, mais ce potentiel est encore trop souvent affaibli par l’isolement, la défiance réciproque et l’insuffisance d’espaces de dialogue structurés. Nous avons donc voulu poser un diagnostic lucide, sans complaisance, mais aussi ouvrir une perspective constructive autour de sujets tels que la confiance, le vivre-ensemble et la contribution au développement de notre pays.
Comme l’a dit le président, nous sommes partis du fait que la diaspora camerounaise en France est dynamique, compétente, mais reste fragmentée. Nous avons des talents, les initiatives ne manquent pas, mais elles restent souvent isolées. Il y a également un enjeu de confiance, entre les acteurs eux-mêmes, mais aussi vis-à-vis des institutions. C’est pour apporter des réponses à ces questions que nous avons greffé cette thématique aux rencontres de Nantes.
Quelle architecture organisationnelle avez-vous retenue, tant dans la conception des activités que dans la mobilisation des personnes ressources ?
Notre organisation se veut à la fois rigoureuse et ouverte. Rigoureuse dans la préparation, avec un cadre clair mis en place à travers les différentes commissions. Nous avons pour cela souhaité cibler des intervenants ouverts d’esprit. Il s’agissait, entre autres, d’associer des personnes ressources issues de parcours différents, afin que les échanges soient pluralistes, utiles et concrets. J’ajoute juste à ce que Dieudonné dit que nous avons voulu une rencontre structurée et utile. Concrètement, elle s’articule autour de deux grandes tables rondes : la première sur la cohésion, l’intégration et le vivre-ensemble, et la seconde sur la mobilisation de la diaspora au service du développement du Cameroun. Le format est volontairement participatif, avec des échanges, des retours d’expérience et des contributions d’acteurs issus de différents horizons : entrepreneurs, experts, responsables associatifs et institutionnels.
Quels sont les objectifs stratégiques assignés à cette initiative et quels résultats concrets en attendez-vous à court et moyen termes ?
Notre premier objectif est de recréer les conditions d’une parole apaisée et utile entre Camerounais de la diaspora. À court terme, nous attendons de cette journée qu’elle permette de formuler un diagnostic partagé et des recommandations concrètes. À moyen terme, notre ambition est plus large, à savoir contribuer à structurer une dynamique durable de coopération, de confiance et d’engagement collectif au service de notre communauté et, plus largement, du Cameroun. Nous voulons passer du diagnostic à l’action. Nous voulons d’abord établir une lecture lucide des défis et des opportunités de la diaspora. Ensuite, identifier des leviers concrets d’action. Et surtout, déboucher sur un plan stratégique structuré pour les deux prochaines années. L’ambition est simple : organiser la diaspora pour qu’elle devienne un véritable acteur du développement du Cameroun.
Dans quelle mesure les recommandations issues de ces travaux sont-elles susceptibles d’influencer, voire de redéfinir, le regard des Camerounais vis-à-vis de leur diaspora ?
Trop souvent, la diaspora est perçue à travers ses divisions ou ses excès. Notre volonté est de montrer une diaspora capable de réflexion, de responsabilité et de propositions concrètes au service du Cameroun. Cette initiative peut contribuer à changer le regard porté sur la diaspora. Aujourd’hui, elle est parfois perçue comme dispersée ou peu organisée. Demain, nous voulons qu’elle soit reconnue comme une force structurée, responsable et contributive. Une diaspora capable de proposer, d’investir et d’accompagner concrètement le développement du pays. »
Cette démarche s’inscrit-elle dans une dynamique pérenne et structurante, ou relève-t-elle d’une simple action ponctuelle ?
Cette initiative n’a pas vocation à être un événement isolé. Elle s’inscrit dans une démarche plus large de structuration, de dialogue et de mobilisation de la diaspora. Le 18 avril doit être compris comme un point d’appui : une étape importante, certes, mais surtout le début d’un travail appelé à se prolonger dans le temps. Nous ambitionnons d’organiser d’autres rendez-vous de la diaspora à Marseille, Mulhouse, Lille ou Paris en 2026. Le président l’a dit : ce n’est pas un événement ponctuel, mais une étape importante dans une démarche globale et structurée. La JERC France s’inscrit pleinement dans une organisation plus large, portée par une vision nationale et internationale cohérente. Elle n’est pas une entité isolée, mais une composante d’un écosystème dynamique, dont les missions et les actions sont déployées de manière visible et continue, tant au Cameroun qu’à l’international, depuis maintenant plusieurs années. Au Cameroun, cette dynamique repose sur un travail de fond mené avec constance et engagement par le Bureau national, sous l’impulsion de la présidente nationale Cathy Meba. À travers son leadership, appuyé par l’ensemble du bureau et les coordinations régionales, la JERC s’illustre par des actions concrètes de terrain, au plus près des populations, traduisant une volonté réelle d’impact et de transformation. À l’international, cette même vision se prolonge à travers les coordinations pays, dont la JERC France, qui contribuent activement à renforcer les liens avec la diaspora et à soutenir les initiatives en faveur du développement. Nous nous inscrivons ainsi dans une dynamique durable, structurée, de la jeunesse camerounaise autour d’un plan d’action à moyen et long terme.
Au regard des ressources à mobiliser pour l’organisation, comment s’articule la question du financement, notamment au vu de l’implication de la présidente fondatrice du Jerc, Cathy Meba, et du ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique ?
Cette rencontre nécessite une mobilisation de moyens humains, matériels et financiers importants. Nous souhaitons nous inscrire dans un cadre responsable et conforme à l’esprit de l’événement. L’accompagnement institutionnel ou relationnel de certaines personnalités ou de la présidente nationale constitue un appui important, mais l’essentiel reste la crédibilité du projet, sa finalité collective et la confiance qu’il inspire. Nous considérons que, lorsque des personnalités politiques de premier plan s’intéressent à une telle initiative, cela traduit d’abord une reconnaissance. L’enjeu ici n’est pas seulement financier ; il est aussi d’abord symbolique.
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