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© Correspondance : Shanda Tonme
- 13 Apr 2026 08:05:55
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CAMEROUN :: La Comicodi rend hommage à Marcel Niat Njifenji :: CAMEROON
Qui était-il donc, notre père, le patriarche qui s’en est allé ?
L’ingénieur qui a décolonisé l’électricité du pays et formé plusieurs générations ?
Le papa de l’électricité sans délestage ?
Le gestionnaire froid et rigide qui a introduit les poteaux en bois ?
Une victime collatérale du coup d’Etat foireux de 1984 ?
L’homme politique malgré lui ?
L’homme d’Etat de circonstance devenu tout un symbole ?
L’ami fidèle et loyal du père de la nation debout ?
Le premier président effacé du Sénat tout court avec ses avatars ?
L’homme dur, peu bavard mais présent, affectueux et discret ?
Qui peut jurer d’avoir bien compris un homme multidimensionnel comme Marcel Niat Njifenji ?
HOMMAGE A M2NN, UN GEANT DES MONTAGNES. Un homme extraordinaire qui a tout traversé, un grand commis de l’Etat, hors normes et hors propos qui a tout vu et tout supporté
Lorsque la radio annonce que le président du Sénat s’appelle Marcel Niat Njifenji, ce jour de 1913, c’est tout un pan de l’histoire politique du Cameroun qui se révèle certes, mais c’est la vie, le destin d’un homme partiellement retiré dans son Banganté natal, qui s’éveillent sous d’autres lumières. Peu de personnes avaient pensé à lui, et presqu’aucun pion sur l’échiquier complexe de la fournaise politique camerounaise, en dehors de l’intimité discrétionnaire de Paul Biya, ne pouvait parier sur lui.
L’homme qui s’en est allé ce onzième jour du mois d’avril 2026, était un véritable sphinx, une de ces personnalités dont l’histoire a le secret de la montée, de la déchéance et de la renaissance tout autant. Qu’on ait pu l’aimer ou qu’on ait voulu le détester, M2N a écrit une page extraordinaire de notre histoire commune, lui mieux encore que d’autres patriarches connus et adulés.
C’est l’homme qui m’a dit un jour, qu’il était un dur à cuir, et à qui j’ai répondu en lui demandant s’il connaissait quelle température il fait dans le désert du Sahara à deux heures du matin. Je répondais à sa menace. Il n’a jamais oublié, et il savait être admiratif des gens qui lui opposaient de la résistance, de l’autorité et de la personnalité. Qu’il fut un homme d’affaires par-dessus tout, profitant de son règne insolent sur les questions d’énergie du pays, n’est pas un débat. L’essentiel c’est l’homme dans son milieu, au soir de sa vie, au moment où la sagesse domine sur les méchancetés, les rancoeurs et les coups bas, qui m’a le plus marqué et convaincu, impressionné. Papa Niat, que je pars rencontrer dans sa résidence au petit matin un jour, pour entreprendre une médiation apaisante dans ses relations avec Jean Ketcha, le patron du Groupe Ketch, était unique dans son genre, sec. La seule chose que je retins de cette séance de travail, fut une phrase pleine de sens : « si c’est lui qui t’a envoyé, retourne lui conseiller de s’arranger pour éliminer la source de conflits, s’il en existe. C’est à ceux qui se reprochent quelque chose, de trouver les solutions aux problèmes qu’ils engendrent. Nous sommes une famille et le resterons ».
La trajectoire de ce patriarche est une longue et riche leçon d’humilité et de force à la fois, de loyalisme et de sagesse. Renaître à la tête du Sénat, apporta une autre lumière sur les versatilités des relations humaines, sur les secrets des amitiés profondes. C’est de là et sans doute à partir de là, que d’autres connaissances sur la moralité, la mentalité et les prospectives de Paul Biya, furent portées dans la livraison caustique de la politique nationale. Les deux hommes étaient et sont restés des amis sincères, proches et inséparables.
Quel bel exemple de fin de vie, dans une enveloppe émotionnelle tranquille, fidèle et pragmatique, malgré les ragots, les provocations et les supputations incrédules de notre arène en permanence bouillonnante de salades sans sauce. Il est parti se reposer, après une mission des plus pleines et des plus réussies sur la terre de ses ancêtres. Son âme reposera en paix contre vents et marée. Ses fautes, elles existent, mais de grâce, pardonnez. Les saints appartiennent au rêve et non aux réalités du vécu humain concret.
IL faut tout simplement taire les imbécilités sur son nom, et savoir respecter les anciens qui nous quittent, quels que soient leurs bilans et quelle que soit la couleur de leur chapelle dogmatique. Le genre humain est structurellement fait du mal et du bien. Je porte le deuil.
Adieu le Patriarche arc-en-ciel./.
Yaoundé le 12 avril 2026
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