Paul Biya fête 93 ans : 43 ans de règne et un Cameroun à bout de souffle
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Paul Biya fête 93 ans : 43 ans de règne et un Cameroun à bout de souffle :: CAMEROON

Ce 13 février 2026, Paul Biya souffle ses 93 bougies. Un anniversaire qui sonne comme un symbole glaçant pour le Cameroun. Depuis 1982, cet homme dirige d'une main de fer l'un des pays les plus stratégiques d'Afrique centrale. Quarante-trois ans au pouvoir. Une longévité politique qui le classe parmi les dirigeants les plus anciens de la planète, aux côtés de figures comme Teodoro Obiang en Guinée équatoriale.

Mais derrière les ors du pouvoir, la réalité camerounaise est autrement plus sombre.

Un pays enlisé dans la crise infrastructurelle

Les routes camerounaises se désagrègent. Les coupures d'électricité rythment le quotidien. L'eau potable reste un luxe dans de nombreuses régions. Ces constats ne datent pas d'hier, mais ils cristallisent l'incapacité chronique d'un régime à transformer les ressources d'un pays riche en pétrole, en cacao et en bois en développement tangible pour sa population.

Les infrastructures croulantes ne sont que la face visible d'une gouvernance défaillante. Le Cameroun figure régulièrement dans les classements internationaux pointant la corruption, l'opacité budgétaire et la mauvaise gestion des fonds publics. Résultat : une dette publique asphyxiante qui hypothèque l'avenir des générations futures.

L'insécurité, autre fardeau du règne Biya

Pendant que le président vieillissant multiplie les séjours en Suisse, le Cameroun s'enfonce dans l'insécurité. Le conflit séparatiste dans les régions anglophones a fait des milliers de morts depuis 2016. Au nord, Boko Haram continue de semer la terreur. Les enlèvements, les déplacements de populations et la militarisation croissante dessinent un tableau anxiogène.

Cette instabilité permanente érode la confiance des investisseurs étrangers et paralyse des pans entiers de l'économie. Les jeunes Camerounais, diplômés mais sans perspectives, choisissent massivement l'exil.

Le coût humain d'une présidence interminable

Derrière les chiffres macroéconomiques se cachent des millions de vies sacrifiées. Des familles privées d'électricité pour faire fonctionner un respirateur médical. Des étudiants qui étudient à la bougie. Des commerçants qui perdent leur marchandise faute de réfrigération. Des villages entiers coupés du reste du pays par des routes impraticables.

Paul Biya incarne une génération de leaders africains qui ont transformé la présidence en monarchie de fait. Né en 1933, il appartient à une époque révolue, celle des indépendances et de la guerre froide. Pourtant, en 2026, il s'accroche au pouvoir avec une obstination qui interroge.

Un héritage empoisonné

L'histoire retiendra-t-elle Paul Biya comme le fossoyeur d'un Cameroun qui aurait pu devenir un modèle de développement en Afrique centrale ? Sa longévité au pouvoir n'a pas accouché de stabilité durable, mais d'un système clientéliste où la fidélité prime sur la compétence.

Le Cameroun de 2026 porte les stigmates de 43 années d'un règne dont les Camerounais ordinaires paient le prix fort. Infrastructures délabrées, endettement massif, corruption endémique : le bilan est accablant.

Alors que Paul Biya souffle ses 93 bougies, une question hante les esprits : combien de temps encore les Camerounais devront-ils attendre pour tourner cette page interminable de leur histoire ?

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