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© Correspondance : Shanda Tonme
- 13 Mar 2026 09:54:16
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CAMEROUN :: HOMMAGE de Shanda Tonme Au Général Camille Nkoa Atenga :: CAMEROON
Un intellectuel en treillis militaire construit dans la didactique polémologique et un des derniers symboles d’une époque représentative des intelligences précieuses de la construction de la nation camerounaise
Il est des hommes et des femmes qui marquent leur temps et leur métier. Ces personnes formulent explicitement ou implicitement, les termes de référence publiques de nos considérations sociales, de nos jugements ainsi que de l’ensemble de nos appréhensions de toute nature. Leur marque exprime très souvent des ruptures avec les monotonies consacrées et les vécues versatiles. Ce ne sont pourtant point des génies ni des êtres extraordinaires, ce sont simplement des esprits libres, alertes, loyaux et dynamiques où qu’ils se trouvent, quoi qu’ils deviennent et quels que soient les mérites que les autres jugements humains leur réservent. Le Général qui s’en est allé en ce 10 mars 2025 en était un.
Je m’étais posé mille questions sur cet officier supérieur très prolixe et objectivement très soucieux de livrer sa pensée publiquement sur des questions à priori sensibles, et surtout de le faire avec une franchise et une capacité d’analyse que l’on n’attend pas à priori d’un militaire, jusqu’à ce jour de bonheur d’une rencontre emblématique.
Le décor c’est le salon du général Nganso Sunji Jean, par une matinée affectueuse un dimanche.
Monsieur Shanda, vous connaissez le Général Nkoa Atenga ?
Pas vraiment mon Général, je l’ai lu et j’ai beaucoup apprécié sa main d’écriture. Je ne l’ai jamais rencontré de face ni même côtoyé.
Alors, il va arriver dans un instant et je vais vous le présenter. Je suis sûr que vous allez être content de converser avec lui
C’est quelqu’un qui s’exprime beaucoup, un peu bavard comme vous, et moi je l’appelle même professeur.
Il se passa juste une dizaine de minutes, et j’avais devant moi, le Général Nkoa Atenga en personne, un homme ouvert.
Monsieur Shanda, saluez le Général, me dit le Général Nganso.
Et ce fut la première et la dernière fois, mais un moment inoubliable. Finalement nous passâmes le temps à échanger intellectuellement sur plein de sujets de l’actualité diplomatique mondiale, aboutissant à faire même une impolitesse au maître des lieux qui avec une sagesse que tout le monde lui connaissait, nous laissa rejouer pratiquement des scènes de confrontations entre les grandes puissances.
Le Général Nkoa Atenga était un passionné des réflexions sur les doctrines militaires, les stratégies d’emploi et les grands moments des confrontations diplomatiques contemporaines. En réalité, c’était un enseignant, un professeur au réel comme le surnomma le Général Nganso. Il me confia que ce qui lui tenait beaucoup à cœur, c’était le rêve d’une armée faite d’officiers capables de former et de reformer en permanence des unités d’élites invincibles en théorie et en pratique. Son plus grand regret se situait dans l’absence d’une didactique plus proactive, mieux répartie entre les stages nationaux et internationaux, et soutenues par une logistique plus appropriée. L’armée n’était pas une fin en soi pour lui, c’était d’abord l’instrument d’une éducation citoyenne forte, axée sur la loyauté et la fidélité envers les institutions républicaines.
Le parcours de ce soldat accompli, magnifie mieux que toutes les considérations et démonstrations, l’excellence d’une époque portée par des hommes et des femmes de valeur, qui ont fondé, arrangé, harmonisé et stabilisé les instruments polyvalents, du creuset du nationalisme camerounais contemporain. Peu importe le jugement idéologique ou la nature du régime politique. L’essentiel se trouve dans la foi en une nation et en la préservation, de la cohésion d’un peuple avec une histoire complexifiée par des diversités délicates. Le Général Sémengué apparaît dans le chapeau, comme la dernière clé de compréhension, validant et consacrant, tout ce que furent dans ce décor, les Nganso, Asso’o Emane, Oumarou Jam, Mambou, Samobo, sans oublier Mpay. La postérité saura en dire mieux et plus, avec des couleurs.
Je salue sa mémoire avec patriotisme, avec une suprême solennité.
ADIEU MON GENERAL./.
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