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© Camer.be : Paul Moutila
- 13 Mar 2026 18:42:16
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Trafic d'or au Cameroun : 900 milliards FCFA évaporés vers Dubaï en un an :: CAMEROON
Neuf cent milliards de FCFA. C'est la valeur de l'or camerounais illégalement exporté vers Dubaï en un an. Les douanes camerounaises déclarent 22 kilos d'or exportés sur la même période. Les autorités émiraties enregistrent l'arrivée de 15,2 tonnes en provenance du Cameroun. L'écart entre les deux chiffres est abyssal. Il révèle l'ampleur du trafic d'or Cameroun.
La Présidence camerounaise lance une enquête de haute sécurité
Le Secrétaire Général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, a personnellement instruit une commission d'enquête mixte. L'objectif vise à identifier les collecteurs illégaux et les compagnies minières qui sous-déclarent leur production. Les enquêteurs doivent aussi débusquer les agents publics qui facilitent ce trafic contre rémunération. La cellule travaille sous haute confidentialité depuis plusieurs semaines. Les premières cibles sont identifiées dans la région minière de l'Est.
Les causes profondes du braquage minier
Le système repose sur une asymétrie d'information entre les administrations. Les douanes camerounaises enregistrent des exportations dérisoires pendant que Dubaï comptabilise des tonnes d'or camerounais. Cette exportation illégale prospère grâce à des complicités internes. Les sociétés minières déclarent des quantités infimes tout en produisant massivement. Des fonctionnaires ferment les yeux moyennant des commissions. L'argent ne rentre pas dans les caisses de l'État. Il alimente des réseaux parallèles qui blanchissent l'or via les Émirats.
Les mécanismes de la fuite vers les Émirats
L'or quitte le Cameroun par les frontières poreuses de l'Est. Il transite par des pays voisins avant d'embarquer pour Dubaï. Les réseaux utilisent de fausses déclarations et des documents de complaisance. À l'arrivée aux Émirats, l'or entre dans les circuits légaux du commerce international. Les 900 milliards FCFA échappent ainsi à tout contrôle fiscal. Ils ne financent ni hôpitaux, ni routes, ni écoles. L'argent du sous-sol camerounais engraisse des intermédiaires étrangers et leurs complices locaux.
La riposte par le monopole d'État et le stock souverain
La Loi de Finances 2026 instaure un nouveau régime minier. SONAMINES devient le seul acheteur autorisé de l'or produit sur le territoire national. L'entreprise publique doit centraliser toute la production. La Caisse des Dépôts et Consignations est désignée comme gardienne du métal précieux. Elle va constituer un stock d'or stratégique national. Ce mécanisme poursuit deux objectifs. Il assèche d'abord les filières illégales en supprimant leurs débouchés officiels. Il permet ensuite au Cameroun de se constituer une réserve de valeur souveraine.
Les conséquences économiques et politiques du scandale
À court terme, l'enquête présidentielle devrait déboucher sur des arrestations. Des responsables administratifs et des opérateurs miniers sont dans le viseur. Le nouveau système d'achat unique entre en vigueur immédiatement. Les sociétés minières doivent se mettre en conformité ou cesser leurs activités. À long terme, la constitution d'un stock d'or stratégique transforme la position du Cameroun. Le pays dispose désormais d'un actif pour garantir sa monnaie et rassurer les investisseurs. La crédibilité internationale du Cameroun est en jeu. Les partenaires étrangers observent la capacité de Yaoundé à sécuriser ses ressources naturelles.
La question centrale demeure : les réseaux implantés depuis des années accepteront-ils de perdre leurs sources de revenus sans réagir ? La volonté affichée au plus haut niveau de l'État parviendra-t-elle à briser les chaînes de complicité qui ont permis ce braquage historique ?
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