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© Camer.be : Paul Moutila
- 06 Mar 2026 20:46:35
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CAMEROUN :: Djeukam Tchameni raconte son arrestation "sauvage" avec Anicet Ekane :: CAMEROON
Ils étaient une dizaine, armés, en civil, et ils ont forcé sa porte un soir d'octobre à Douala. Djeukam Tchameni, figure de l'opposition, livre un récit glaçant de son interpellation, survenue la même nuit que celle d'Anicet Ekane. Cagoulé, dépouillé, transféré au SED : il raconte.
Une irruption violente dans la nuit du 24 octobre 2025
Tout commence vers 22 heures, à Douala. Une dizaine d'hommes et de femmes lourdement armés, en tenue civile, forcent l'entrée de la concession où se trouvent l'école de l'épouse de Djeukam Tchameni, un internat d'élèves et ses appartements privés. Le gardien est contraint d'ouvrir. Le groupe se dirige vers la porte principale du bâtiment et tente de la fracturer.
"Si vous n'ouvrez pas, on va casser la porte"
Alerté par le bruit, Djeukam Tchameni s'approche. On lui hurle de décliner son identité. À sa réponse, la menace tombe : "Si vous n'ouvrez pas, la porte on va finir de la casser". Les coups de pied et de crosse de fusil pleuvent sur la porte vitrée. Pour éviter qu'elle ne cède complètement, il ouvre. Derrière lui, les élèves internes et les enseignants se réveillent en panique.
La capture et le transfert vers une destination inconnue
Dès son ouverture, le groupe armé se saisit de lui sans ménagement. Il est conduit manu militari à l'arrière d'un véhicule, cagoulé. Avant le départ, on lui tend ses téléphones pour qu'il les déverrouille avant de les lui arracher. Pendant le trajet, un des assaillants le fouille et lui prend 200 000 FCFA. Le voyage semble interminable.
La destination : le SED à Yaoundé
Grâce aux conversations dans le véhicule, il comprend qu'Anicet Ekane se trouve dans l'autre voiture. Il capte aussi que certains des assaillants appartiennent à la DGRE et que la destination est le SED, à Yaoundé. À l'arrivée, on lui retire la cagoule. Il est remis à des gendarmes, puis conduit au bureau du lieutenant-colonel Bialo.
42 jours de détention dans des conditions dénoncées
Djeukam Tchameni refuse de s'expliquer sans avocat. Il est placé en cellule. Son interrogatoire ne commence que deux jours plus tard, en présence de son conseil. Il restera gardé à vue au SED dans des conditions "psychologiquement intenables" jusqu'au 5 décembre 2025, date de son transfert à la prison principale de Nkondengui.
Des biens personnels et familiaux emportés
Pendant l'arrestation, un groupe a fouillé les appartements et l'internat. Le butin est lourd : téléphones, ordinateurs, modems, passeports, cartes bancaires, 2 000 euros, 500 dollars, un coffre-fort contenant des documents familiaux (actes de mariage, naissance, diplômes, titres fonciers) et professionnels, ainsi que 3 millions de FCFA en espèces. Malgré les demandes des avocats et de l'épouse, ces biens n'ont jamais été restitués.
Une arrestation qui interroge sur l'État de droit
À court terme, ce récit met en lumière les méthodes d'interpellation de certaines forces. À long terme, il pose la question des garanties judiciaires au Cameroun, à quelques mois d'une échéance électorale majeure.
Alors que Djeukam Tchameni croupit à Nkondengui, une question demeure : comment des biens personnels et familiaux, emportés lors d'une opération officielle, peuvent-ils disparaître sans laisser de traces ?
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