Paul Biya battu aux urnes : le vrai problème de l'alternance au Cameroun
CAMEROUN :: POINT DE VUE

Paul Biya battu aux urnes : le vrai problème de l'alternance au Cameroun :: CAMEROON

Depuis 1992, le Cameroun est enfermé dans un paradoxe insoluble. Il est possible de battre Paul Biya et son clan dans les urnes, mais il est impossible de les contraindre à accepter la défaite. La première élection multipartite a prouvé que l'alternance était réalisable par le vote, mais la confiscation de la victoire de John Fru Ndi a instauré une règle immuable : on ne perd pas une élection que l'on organise soi-même.

L'essence même du régime RDPC est son refus catégorique d'envisager l'alternance. Le pouvoir ne conçoit pas qu'un autre puisse gouverner, préparant non pas une succession républicaine, mais une transmission clanique. Pour se maintenir, le régime a perfectionné des mécanismes de conservation du pouvoir. Il s'agit de tordre le cou à la loi en modifiant la Constitution à volonté, de neutraliser la justice en transformant le Conseil constitutionnel en chambre d'enregistrement, de mobiliser l'armée contre toute contestation qualifiée de menace à l'ordre public, et de domestiquer toute l'administration publique.

Le résultat est une démocratie de façade où le vote devient un rituel vide de sens, une simple cérémonie de renouvellement de serment au chef. Le véritable problème n'est donc pas de battre Biya électoralement, le peuple y est parvenu. Le défi insurmontable est d'obliger le régime à plier devant le verdict des urnes. Un système qui n'a jamais imaginé perdre ne peut céder. Tant que ce refus persistera dans son ADN, toute victoire électorale ne sera qu'un mirage de plus dans le désert politique camerounais, et l'alternance politique restera une illusion.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

Lire aussi dans la rubrique POINT DE VUE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo


L'actualité en vidéo