Déstabilisation du Tchad : la France soupçonnée
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Déstabilisation du Tchad : la France soupçonnée :: CHAD

Idriss Deby Itno remporte l’élection présidentielle du 11 avril 2021 sous fond de panafricanisme. Pour polir son image auprès de la jeunesse tchadienne et africaine, le maréchal du Tchad refuse de s’ingérer dans la crise centrafricaine. Une position qui ne semble pas arranger la métropole.

Il refuse d’entrer dans les poubelles de l’histoire en coopérant avec la France jusqu’à sa chute comme l’ont fait plusieurs de ses pairs africains avant lui. Le maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno ne veut non plus être celui par qui le déclin de la sous-région Afrique centrale va passer.

Pour prouver sa bonne foi, celui que plusieurs africains ont souvent considéré à tort ou à raison comme un pion de la France dans la région, a renouvelé son bail à la tête du Tchad grâce à un discours plus panafricaniste que nationaliste. « Moi je crois à la démocratie, mais à la démocratie africaine », avait-il déclaré pendant un entretien exclusif accordé à la chaîne de télévision panafricaine Afrique Média.

Le chef de l’Etat tchadien avait également fustigé les mariages homosexuels, pratique très chère à la France : « Vous avez en Europe, le mariage homosexuel, on vous dit de faire la même chose en Afrique. C’est une valeur négative. Ça n’existait pas en Afrique. Et ce n’est pas du tout de la démocratie, ni la liberté. Le mariage de même sexe est inacceptable en Afrique.»

Idriss Deby Itno invite par contre les africains à préserver leurs us et coutumes. « Nous avons la chance aujourd’hui que l’Afrique a préservé les valeurs essentielles : la solidarité, la famille, la justice », se réjouissait-il à quelques jours de la présidentielle du 11 avril 2021.

Sur le plan sécuritaire, le maréchal a invité les pays africains à unir leurs forces pour se préparer ‘’très franchement’’ à la lutte contre le terrorisme sur le continent.

Idriss Deby Itno, le panafricaniste

En réalité, explique une source à Ndjamena, « la victoire du président Idriss Deby Itno ne dérangeait pas, jusqu’à ce que l’ancien colon se rende compte qu’il s’est trompé ».

L’ancien colon ici c’est la France, qui voulait que le chef de l’Etat s’ingère dans la crise centrafricaine en sa faveur. « Mais le maréchal a dit plus jamais l’armée tchadienne ne sera utilisée pour des basses besognes », ajoute notre interlocuteur.

Ses prises de position panafricaniste et son refus de s’ingérer dans la crise centrafricaine ont mis la France, qui perd du terrain chaque jour en Afrique centrale, dans tous ses états. « La métropole a vu ça comme un affront. Leurs premières intentions c’était d’empêcher la tenue des élections en envoyant les rebelles saccager les bureaux de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), mais le renseignement tchadien avait déjà travaillé là-dessus. Ils ont arrêté tous ceux qui étaient déjà à Ndjamena avec cette mission-là. Après ils ont activé la rébellion qui a ressurgi au Sud de la Libye, donc au Nord du Tchad avec pour mission de marcher sur la capitale au nom de l’alternance démocratique », argumente une autre source proche des autorités tchadiennes.

Les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), ont annoncé dans un communiqué le 17 avril 2021 qu’ils contrôlaient « la totalité de la région du BET » et sont en « passe de contrôler la région du Kanem.»

Ce dimanche 18 avril, l’état-major tchadien a dressé le bilan provisoire des combats de samedi : « Plus de 200 prisonniers, une bonne centaine de véhicules saisis, l’ensemble des matériels des groupes armés détruits. En ce moment, l’armée tchadienne est en contact avec la dernière colonne.»

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