Ambition: La démocratie veut s’affranchir des coups d’Etat
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NIGER :: Ambition: La démocratie veut s’affranchir des coups d’Etat

Depuis son indépendance, le 03 août 1960, l’histoire du Niger est marquée par des putsch ou tentatives de coups d’Etat, témoins du difficile apprentissage de la loi des urnes.

Si l’élection présidentielle du 27 décembre 2020- 21 février 2021, au Niger, doit être saluée comme un moment historique de ce pays sahélien, en Afrique de l’Ouest, c’est parce que la vie politique a souvent été minée par des prises de pouvoir par la force des armes. 

La dernière tentative de coup d’Etat, en date, a été révélée le 17 décembre 2015, dans une allocution à la télévision nationale, par le président Mahamadou Issoufou. « L’objectif de ces individus animés par je ne sais quelle motivation était de renverser les institutions démocratiquement élues », avait alors affirmé le chef de l’Etat, qui n’était d’ailleurs pas à la première révélation du genre.

Mahamadou Issoufou avait déjà annoncé en 2011, « avoir déjoué une tentative de coup d’Etat ».

Mais avant ces tentatives, le Niger a connu plusieurs coups d’Etat.

Le tout premier, le 15 avril 1974, renverse le père de la nation suite à une succession de facteurs.

Le système de parti unique, la mauvaise gestion de la sècheresse, la corruption et la signature, le 22 mars 1974, d'une entente de défense mutuelle avec la Libye auraient motivé le putsch qui a renversé Hamani Diori. Des diplomates pensent que l’accord de défense avec la Libye était très mal vu par à l'armée du Niger, ce qui a précipité le coup d’Etat.

Le 27 janvier 1996, Mahamane Ousmane, le premier président de la République élu démocratiquement, en 1993, est renversé par un coup d’Etat qui installe au pouvoir le général Ibrahim Baré Maïnassara. Ce dernier est assassiné le 9 avril 1999, sur le tarmac de l’aéroport militaire de Niamey, par des membres de sa propre garde présidentielle suite à la crise politique et sociale née de la contestation des résultats des élections locales entachés d’irrégularités. Certains témoignages accusent directement le commandant Daouda Malam Wanké d’être l’instigateur et le cerveau de cet assassinat.

C’est d’ailleurs lui qui fait élaborer une nouvelle Constitution, adoptée par référendum en juillet 1999 incluant dans son article 141, l'amnistie des auteurs des deux coups d’État de 1996 et de 1999.

Le 18 février 2010, en début d'après-midi, le président du Niger, Mamadou Tandja, au pouvoir depuis 1999, a été renversé par des militaires réunis au sein du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (Csrd), présidé par le chef d'escadron Salou Djibo, commandant de la compagnie d'appui de Niamey. 

Le pays traversait une grave crise politique depuis plusieurs mois, liée aux résultats des élections locales. Le Niger est-il prêt à embrasser définitivement l’alternance par des urnes ? En tout cas, pour la première fois dans l’histoire du pays, un président élu, arrivé à la fin de ses mandats, va transmettre le pou- voir à un autre président élu.

Depuis 1950, dans le monde entier, 475 putschs réussis ou ratés sont survenus dont 204 coups d'État ou tentatives de coups d’Etat en Afrique. C’est ce qu’indiquent les données compilées sur une base continue par les politologues Jonathan Powell, de l’Université de Floride centrale, à Orlando, et Clayton Thyne, de l’Université du Kentucky, à Lexington.

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