L’armée camerounaise aurait-elle exécutée 9 enfants âgés de moins de 5 ans ? :: CAMEROON
L’armée camerounaise aurait-elle exécutée 9 enfants âgés de moins de 5 ans ? :: CAMEROON
 
CAMEROUN :: SOCIETE
  • Camer.be avec AFP : Oswald Hermann G'nowa
  • lundi 17 février 2020 08:42:00
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L’armée camerounaise aurait-elle exécutée 9 enfants âgés de moins de 5 ans ? :: CAMEROON

Les médias occidentaux ont rapporté ce lundi que des violences ont été perpétrées vendredi contre des civils dans la région anglophone du nord-ouest du Cameroun.

Le 14 février donc, l’armée camerounaise aurait rasé un village tuant au passage 22 civils, dont 14 enfants et des femmes. 9 victimes de la minorité anglophone seraient âgées de moins de 5 ans.

Triste bilan selon l’ONU

Dimanche les Nations unies (ONU) ont annoncé l’information à l’Agence France-Presse (AFP). Le drame s’est déroulé vendredi aux environs de 14 heures dans le village de Ntumbo, a précisé M. Nunan, dont l’équipe a recueilli « de nombreux témoignages » permettant d’établir ce bilan.

« Les éléments de preuve indiquent que la majorité des victimes sont des femmes et des enfants », a assuré par téléphone à l’AFP James Nunan, le chef du Bureau de la coordination des Affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. « Il y a eu au moins vingt-deux morts, parmi eux quatorze enfants, dont onze filles et neuf âgés de moins de 5 ans, une mère enceinte et deux femmes qui portaient leurs bébés », a ajouté M. Nunan.

L’opposition monte au créneau

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), principal parti de l’opposition ainsi que plusieurs ONG locales ont accusé le gouvernement et les militaires, qui combattent des groupes armés sécessionnistes anglophones, d’être responsables de cette tuerie, ce qui a été démenti auprès de l’AFP par un porte-parole militaire.
Le MRC a « condamné le massacre » de femmes et d’enfants, dans un communiqué. « Le régime dictatorial » et « le chef suprême des forces de sécurité et de défense sont les premiers responsables de ces crimes », poursuit le parti.

Le MRC est le parti de Maurice Kamto, arrivé second à la présidentielle de 2018 derrière Paul Biya, l’inamovible chef de l’Etat, 86 ans dont 37 au pouvoir.

La zone anglophone du Cameroun est le théâtre, depuis trois ans, de combats meurtriers entre militaires et séparatistes armés de l’Ambazonie, un Etat fictif.

Les affrontements entre militaires et séparatistes armés dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du pays, ainsi que les exactions et crimes commis par les deux camps selon les ONG internationales, ont fait depuis trois ans plus de 3 000 morts et contraint plus de 700 000 personnes à fuir leurs domiciles.

Félix Agbor Mballa condamne « l’horrible meurtre »

Sur sa page Facebook, l’avocat Félix Agbor Mballa, président du Centre pour les droits de l’Homme et la démocratie en Afrique (CHRDA), a condamné « l’horrible meurtre » de « femmes et d’enfants (…) par les forces de défense de l’Etat ». « Tous les témoignages accusent l’armée », lance aussi sur Twitter l’opposante Edith Kah Walla, candidate à la présidentielle en 2011.

« Faux » a simplement rétorqué à l’AFP dans la matinée de dimanche un responsable de la communication de l’armée.

Drame survenu au lendemain du double scrutiin du 9 février 2020

Ce nouveau drame survient près d’une semaine après les élections législatives et municipales qui ont connu une faible participation selon l’Union africaine (UA), en particulier dans les deux provinces anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Les groupes armés séparatistes avaient interdit aux populations d’aller aux urnes et avaient promis des représailles à ceux qui s’y risqueraient. Yaoundé avait dépêché d’importants renforts militaires.

La sortie officielle de Mbeti Assomo et Emmanuel Sadi attendue

Plus de 100 personnes avaient été enlevées dans les deux régions par des rebelles dans les deux semaines qui ont précédé les élections, selon Human rights watch (HRW) qui a accusé les forces de sécurité d’avoir commis de « nouveaux abus » dans la même période. Ni les résultats officiels de ce scrutin, ni même le taux de participation, n’ont été rendus publics par le gouvernement à ce jour.

Les autorités politiques camerounaises n’ont pas encore réagi à ces accusations. Mbeti Assomo le ministre de la défense et/ou Emmanuel Sadi en charge de la communication devrai(en)t effectuer une sortie pour apporter un éclairage à ce drame.

17févr.
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