-
© Camer.be : Paul Moutila
- 20 Mar 2026 12:36:24
- |
- 356
- |
CAMEROUN :: Le « président élu » revendique la vérité des urnes dans un message aux musulmans :: CAMEROON
La date du 12 octobre 2025 s’impose comme un marqueur politique. Un message de vœux religieux à la communauté musulmane est utilisé pour revendiquer une victoire électorale non reconnue par les institutions camerounaises.
Un message religieux à portée politique
Un texte diffusé à l’issue du Ramadan se présente comme un message du « Président élu de la République du Cameroun ». Issa Tchiroma Bakary y remercie la Communauté Musulmane du Cameroun, la diaspora et les musulmans du monde pour leurs prières.
Le document affirme que des prières ont été élevées dans les mosquées nationales et à La Mecque « afin que soit rétablie la vérité des urnes ». La référence explicite à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 transforme un rite religieux en acte de revendication politique.
La stratégie d’ancrage dans le rite islamique
L’auteur mobilise les symboles forts du Ramadan : purification, maîtrise de soi, solidarité envers les démunis. Ces valeurs sont présentées comme le socle d’un engagement citoyen mêlé à la foi religieuse.
En rappelant la coïncidence du Ramadan avec le Carême chrétien, le texte construit un récit d’harmonie intercommunautaire. Cette référence sert à renforcer la légitimité morale de la démarche, avant d’introduire la contestation des résultats électoraux.
L’instrumentalisation de la sphère spirituelle
Le mécanisme repose sur l’ancrage de l’autorité politique dans le religieux. En s’adressant aux musulmans lors d’un rite unificateur, l’auteur capte un capital symbolique fort. La mention de prières à La Mecque vise à conférer une onction spirituelle transnationale.
La revendication de la vérité des urnes devient ainsi un acte performatif. L’usage du titre de « Président élu » n’est pas une simple déclaration d’intention : il constitue une tentative de légitimation par la parole, en dehors des voies constitutionnelles camerounaises.
Les enjeux à court et long terme
À court terme, cette stratégie risque d’accentuer les tensions mémorielles autour du scrutin d’octobre 2025. Les appels à la mobilisation religieuse peuvent fragmenter davantage le paysage politique, en superposant allégeances spirituelles et allégeances partisanes.
L’usage systématique du religieux comme vecteur de revendication électorale pourrait remodeler les équilibres communautaires. Le risque est une institutionnalisation d’un double discours de légitimité : l’un constitutionnel, l’autre issu de la mobilisation confessionnelle.
Une stratégie qui pose question
Loin d’un simple message de vœux, ce texte révèle une tentative de structurer un récit alternatif de légitimité. La fusion entre rite religieux et revendication électorale interroge l’évolution des pratiques politiques au Cameroun. Jusqu’où la sphère spirituelle sera-t-elle mobilisée pour peser sur la reconnaissance du pouvoir ?

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi dans la rubrique PRéSIDENTIELLE 2025
Les + récents
Boumnyebel : 25 000 litres de carburant de contrebande saisis par les équipes du MINEE
Leslie Djoufack Halleur-Exharoux : une Camerounaise de 37 ans renverse le maire de Saint Mammès
Le « président élu » revendique la vérité des urnes dans un message aux musulmans
Université de Yaoundé II : pourquoi un représentant étudiant a été banni pour fuites d’examens
Ou sont passés les « ambazoniens » ? Le silence assourdissant de Yaoundé.
PRéSIDENTIELLE 2025 :: les + lus
Issa Tchiroma revendique la victoire présidentielle au Cameroun
- 13 October 2025
- /
- 14474
Issa Tchiroma Bakary : la voix du peuple face au pouvoir au Cameroun
- 04 October 2025
- /
- 9471
LE DéBAT
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- 17 December 2017
- /
- 231506
Vidéo de la semaine
évènement
