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© Camer.be : La rédaction
- 19 Mar 2026 15:11:52
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Corridors d'Afrique Centrale : L'Issea se félicite du recul des tracasseries routières :: AFRICA
Observatoire des Pratiques Anormales sur les corridors d'Afrique Centrale (OPA-AC). Sous la houlette de la CEMAC, et avec le concours financier de l'Union Européenne, l'Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée (ISSEA), a, ce 11 mars 2026 à Yaoundé la capitale politique du Cameroun, clôturé un atelier régional sur la lutte contre les Pratiques Anormales sur les corridors d'Afrique Centrale. Ledit conclave est le terme d'un grand projet qui, depuis 2021, s'est attelé à répertorier et à juger de l'ampleur, les écueils à la fluidité du trafic lié aux échanges commerciaux entre les Etats de la sous-région Afrique Centrale.
Les assises de Yaoundé étaient placées sous le patronage du ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire ( Minepat), Alamine OUSMANE MEY, représenté par son ministre délégué, Paul TASSONG. Un constat consensuel se dégage des travaux : la lutte contre les Pratiques anormales sur les corridors d'Afrique Centrale porte des fruits, avec une baisse significative des tracasseries routières, pour ce qui est spécifiquement de ce pan du transit intercommunautaire.
L'OPAC- AC au secours des échanges commerciaux de la sous-région
Dans ses missions, l'OPA-AC s'est attelé à faire le diagnostic des écueils qui entravent la fluidité du transit r
sous-régional dans toutes des composantes : transit portuaire, transit douanier et circulation sur les corridors. Plus exactement, il s'agit de traquer ces " pratiques anormales" qui portent un coup significatif au commerce sous-régional, non sans renchérir le coût des denrées aux dépens du consommateur final. Aussi les enquêteurs de l'ISSEA, des années durant, ont-ils campé à bord des camions, pour sillonner les principaux corridors : Douala - Ndjamena et Douala - Bangui, avec une extension des enquêtes aux ports autonomes de Douala et de Kribi. Les résultats ont été officiellement au cours de l'atelier de ce 11 mars 2026, en dressant un bilan nuancé, mais qui incline à l'optimisme.
"L'impact de l'Observatoire est bien réel et mesurable. Le bilan, on peut dire qu'il est positif parce qu'il y a eu beaucoup de changements", a déclaré le directeur général de l'ISSEA, Marcel OPOUMBA, dans son allocution de circonstance. Il prend pour illustration, le recul notable des pratiques anormales sur le corridor Douala - Ndjamena. Lorsque les enquêteurs de l'ISSEA se déployaient sur ce corridor en 2021, les pratiques anormales était à leur firmament.
" Lorsque nous avons commencé avec l'Observatoire en 2021, sur le corridor le plus long, c'est-à-dire Yaoundé - Ndjamena en axe direct ( 1840 km ), on avait constaté 104 points d'arrêt. Cela veut dire qu'il y a des gendarmes, des policiers, des douaniers mais également des péages. Sur les 104 il y avait 70 points de contrôle de (gendarmerie, police, douane et contrôles mixtes), dont 60 du côté du Cameroun et 10 du côté du Tchad", a précisé le directeur de l'ISSEA.
Mais ce constat alarmant fait en 2021, n'a pas consisté en un simple exercice de collecte de données. Les informations ont été remontées au niveau de la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l'Afrique Centrale ( CEMAC) ainsi que des institutions communautaires. "Nous avons donc fait remonter les informations au niveau des pays. Grâce à l'OPA, la CEMAC a créé ce qu'on appelle la brigade mixte, qui est sous la supervision du Comité de Pilotage du Corridor ( CCPA). Au niveau des Etats, il y a eu des contrôles inopinés", a fait savoir le patron de l'ISSEA. Et selon ce dernier, une telle réactivité a permis d'obtenir des résultats palpables en l'espace de quelques années. Les enquêtes menées en 2025 ayant montré une nette amélioration dans le recul des pratiques anormales sur les corridors d'Afrique Centrale. " Ce qui fait qu'en 2025, lorsque nous avons de nouveau contrôlé, nous sommes passés de 104 à 79 points d'arrêt. Sur les 79, on a que 46 points de contrôle, dont 40 Cameroun et 06 au Tchad", a-t-il renchéri.
Le recul des pratiques anormales et son effet bénéfique sur les coûts des transports
La baisse significative des barrières a été bénéfique sur les coûts des transports. Toute façon qui donne un coup de fouet à la compétitivité économique. Sur ce volet, les données de l'OPA -AC sont encourageantes, pour ce qui est spécifiquement de l'axe Yaoundé - Bangui où le joug des tracasseries diverses se chiffrait à 2000 francs tous les 100 kilomètres. Toutefois , l'évolution la plus spectaculaire concerne l'axe Yaoundé - Libreville. " Au niveau de l'axe Yaoundé - Libreville, au départ quand on a commencé les enquêtes, les gens dépensaient environ 250 000 francs CFA tous les 100 kilomètres. En 2025, c'est descendu à 125, 150 000 francs CFA ", a révélé le directeur général de l'ISSEA. Cette baisse notable des pots-de-vin et des coûts informels sonne comme une victoire pour l'ISSEA et ses partenaires, notamment l'Union Européenne. Cette diminution des pots-de-vin est aussi une preuve de transparence et de suivi statistique pouvant avoir un effet dissuasif sur les pratiques anormales.
Pas que les corridors, mais aussi les ports autonomes de Douala et de Kribi
Le directeur général de l'ISSEA ne cache pas sa joie lorsqu'il parle de la méthodologie rigoureuse et adaptable de ses hommes, pour la conduite des enquêtes. " Tout ceci, c'est grâce à une méthodologie qui est robuste. On a fait un tirage aléatoire stratifié, avec deux stratifications : les lieux ( par exemple Yaoundé - Ndjamena, Douala - Yaoundé, ou Yaoundé - Libreville) et les types de cargaison ", a-t-il fait savoir.
La rigueur méthodologique de l'ISSEA lui a permis d'identifier un chaînon manquant : le milieu portuaire. Pour l'OPA -AC, il est important de connaître les dysfonctionnements en amont, pour mieux s'attaquer à ceux en aval. Aussi les enquêtes de l'ISSEA ont - elles été élargies aux enceintes portuaires de Douala et de Kribi. l'ISSEA a d'ailleurs salué son ouverture et cette volonté de coopération du top management des deux ports autonomes. Les enquêtes ont du reste révélé le lien direct entre les difficultés du transit portuaire et douanier, et les tracasseries routières. Toutes ces pratiques anormales conjuguées ont un impact négatif sur le coût des transports, et dont le consommateur final paye malheureusement les pots cassés. Les enjeux ne se limitent pas à la simple fluidité du trafic, mais aussi sur la construction d'un marché communautaire compétitif. Il est évident qu'en dépit d'immenses richesses dont regorge la sous-région, les échanges commerciaux restent sommaires entre pays. " Nous avons des potentialités énormes. Nous avons une population d'environ 66 millions d'habitants en 2025, d'après les estimations de la Banque Mondiale. Nos six pays ont un sous-sol très riche, mais les échanges intracommunautaires sont en deçà de 3,5% des échanges globaux", regrette le directeur général de l'ISSEA.
Et c'est effectivement pour pallier cette anomalie, que l'Observatoire a été mis sur pied. Le ministre délégué auprès du ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire, Paul TASSONG, a mis l'emphase sur la nécessité pour les Etats de la zone CEMAC, d'avoir des échanges commerciaux plus accrus et fluides.
" La compétitivité de ces corridors est mise à mal par des pratiques anormales. Pour rendre plus compétitifs ces corridors, rien de mieux que d'améliorer la compréhension de ces corridors ", a-t-il expliqué.
L'Union Européenne salue l'approche du projet OPA-AC
Partenaire financier du projet OPA -AC, l'Union Européenne salue l'approche intégrée adoptée par l'ISSEA pour mener ses enquêtes. Chargé d'affaires à la Délégation de l'Union Européenne à Yaoundé, Philippe LACOSTE a justifié l'engagement européen par la convergence de vues sur les fondements d'une croissance intégrante et durable. " Nous sommes ravis d'appuyer cette initiative pour plusieurs raisons. D'abord parce que l'Union Européenne est basée sur la possibilité d'une croissance basée sur la circulation des personnes, des marchandises et des biens. Nous avons donc été ravis d'appuyer cette initiative parce qu'elle permet justement la libération de la croissance en facilitant les mouvements", a déclaré le représentant de la Délégation de l'Union Européenne lors de l'atelier de Yaoundé. Non sans mettre l'accent sur la complémentarité du projet OPA -AC, avec l'approche " Global Gateway" de l'Union Européenne.
" L'Union Européenne, à travers son approche Global Gateway, participe au développement infrastructurel en partenariat avec les Etats. Mais construire des infrastructures ne suffit pas. Il faut aussi que sur ces corridors, on puisse circuler librement, de manière visible et sans tracasseries. Parce que les tracasseries ont un coût, et c'est souvent le consommateur, c'est vous, c'est nous, qui les payons", a indiqué Philippe LACOSTE, avant de féliciter l'ISSEA pour ses compétences avérées.
L'atelier de clôture de l'OPA-AC ne sonne pas la fin des études pour une circulation fluide des biens, des marchandises et des personnes en zone CEMAC, mais se veut plutôt comme une étape clé du processus. L'approche de l'ISSEA, fondée sur la preuve, devrait aider les décideurs à prendre des mesures pour un trafic sous-régional libre, fluide et compétitif.
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