AFRIQUE :: Ballon d’Or: Arrêtons l’hypocrisie! :: AFRICA
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  • Intégration : Zacharie Roger Mbarga
  • lundi 09 décembre 2019 10:01:00
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AFRIQUE :: Ballon d’Or: Arrêtons l’hypocrisie! :: AFRICA

L’Africain est-il réellement un être d’émotion? Pourquoi tant d’effluves devant des évidences? Une fois de plus, l’Afrique s’est fait coiffer au poteau. Aucun Africain sur le podium du Ballon d’or de football pour la nième année consécutive. Podium bien sûr pour ne pas dire plus! Sur le continent, dans les chaumières, les réseaux sociaux, sur les plateaux de télévision… la consternation est grave. Du buzz? Ou simplement, la confirmation que l’Afrique est une société de l’oralité? Oui, c’est surprenant. En Afrique on s’étonne encore du ranking des Awards du football mondial et international. De qui se moque-t-on? Sadio Mané n’a pas été élu Ballon d’or France Football ni meilleur joueur européen, encore moins The Best (meilleur joueur FIFA), comme Didier Drogba, Samuel Eto’o, Andrea Pirlo, Andres Iniesta ou encore Xavi avant lui! Pourquoi des Européens alors qu’on parle d’Afrique? Parce qu’il y a un dénominateur commun!

Réalisme

À l’ère du foot business, seuls priment les intérêts. Les capitaines africains d’hier, aujourd’hui retraités, accusent l’injustice. Les journalistes africains votent pour l’Europe. Pape Diouf, talentueux défenseur du football africain devant l’éternel, vote Lionel Messi au détriment de son compatriote Sadio Mané. Dans le football comme en politique (relations internationales), ce sont les intérêts qui déterminent les positions et les choix. Plusieurs journalistes, joueurs (capitaines) africains et autres membres du panel des votants sont liés par des contrats de sponsoring qui dictent majoritairement le choix final.

À la vérité, et c’est peut être ma vérité, il est difficile pour un joueur non «bankable» (sponsoring, réseaux…) de se voir distinguer. L’attribution du ballon d’or à Luka Modric au détriment de Cristiano Ronaldo a démontré la puissance du président du Real Madrid dans l’écosystème du football international. Les ballons d’or successifs de Messi sont la consécration de la main mise des sponsors dans la marche du football. Quel joueur africain, à l’heure, peut se targuer de bénéficier du concours de l’une ou de l’autre infrastructure? Il est désormais clair que Cristiano Ronaldo remportera difficilement le ballon d’or et toutes autres distinctions internationales. Le goleador lusitanien ne bénéficie plus de la main invisible de plusieurs acteurs déterminants.

Indicateurs mutants

Une observation minutieuse des critères de satisfaction pour être sacré achève de convaincre sur la nébuleuse des distinctions du football international. En 2017, on a prétexté les statistiques personnelles de Cristiano et les performances en équipe. En 2018, Modric était sacré pour sa contribution aux exploits collectifs. En 2019, Lionel Messi est récompensé pour ses statistiques personnelles.

Le yoyo des indicateurs et critères est assez éloquent. En détail, certains n’ont pas de signification claire, telle que l’aura ou le charisme. Pour certains, c’est l’influence dans le jeu, le vestiaire et les performances d’une équipe. Le portail des camerounais de Belgique (Camer.be). Pour d’autres, c’est la notoriété médiatique et populaire. «Il y a les titres, les statistiques, mais aussi ce que représente un joueur aux yeux du jury. Le palmarès de Messi est si impressionnant que cela peut aussi influencer les votes», indique Paul Kessany. «On peut supposer qu’il existe une forme de lobbying en faveur des plus grands joueurs», avance Ferdinand Coly. «Cela dit, j’ai toujours considéré que le football africain n’était pas très solidaire. De 2010 à 2016, les sélectionneurs et les capitaines des sélections nationales affiliées à la FIFA faisaient partie du jury du Ballon d’or, aux côtés des journalistes, et je n’ai jamais vraiment ressenti une grande solidarité des Africains», ajoute-t-il.

Un cas illustré notamment par Samuel Eto’o qui, le 7 novembre 2019, a déclaré, dans une interview accordée à l’AFP, que «les footballeurs africains ne sont pas respectés» et «appréciés à leur juste valeur». Pourtant, l’ancien capitaine des Lions indomptables avait fait du Belge Eden Hazard son choix numéro un pour le Ballon d’or 2019, sans jamais évoquer Mané, Salah ou Mahrez…

09déc.
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