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Cameroun-Union européenne : 13 milliards pour changer la vie des réfugiés :: CAMEROON
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  • Le Jour : Assongmo Necdem
  • vendredi 16 novembre 2018 00:16:00
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Cameroun-Union européenne : 13 milliards pour changer la vie des réfugiés :: CAMEROON

Un nouveau programme porte sur la construction des infrastructures, la création d’emplois, la promotion de l’auto-emploi et la formation professionnelle.

Voici le Cameroun et l’Union européenne engagés dans un nouveau programme de développement. Celui-ci va en direction des migrants de l’intérieur du pays, notamment les réfugiés et les personnes déplacées à cause de l’insécurité. Un montant de 20 millions € leur est dédié à travers le Programme de développement économique et social des villes secondaires exposées à des facteurs d’instabilité (Prodesv). Soit exactement 13 119 140 000 F.Cfa qui seront débloqués sur 72 mois (6 ans).

Jusqu’en 2014, ces fonds seront injectés dans 15 communes du Cameroun situées en zones frontalières avec le Nigeria, le Tchad, la République Centrafricaine et la Guinée Equatoriale. Ce sont des collectivités qui peinent à supporter l’afflux des réfugiés et autres déplacées internes partis des territoires en proie à l’instabilité. Les communes bénéficiaires du programme sont Mogodé, Mozogo et Kai-Kai (Extrême Nord) ; Baschéo, Madingring et Touboro (Nord) ;Djohong, Meiganga et Ngaoui (Adamaoua) ; Kentzou, Kette, Bétaré-Oya et Garoua -Boulaï (Est),enfin Campo et Mintom (Sud). Sur ces terres d’accueil et d’hospitalité, la pauvreté fait malheureusement son chemin car, les infrastructures, déjà insuffisantes, sont débordées. C’est le cas à l’école, à l’hôpital ou encore les places commerciales.

La commune de Garoua-Boulai, dans la région de l’Est, a reçu plus de 60 000 réfugiés depuis l’année 2013, au plus fort de la guerre civile de l’autre côté de la frontière, en Rca. « Recevoir un si grand nombre de personnes cause un impact négatif sur les populations qui les reçoit. Actuellement, une salle de classe peut contenir jusqu’à 250 élèves. Le financement est un ouf de soulagement car, il pourra impacter positivement sur l’éducation de nos enfants », explique la maire, Esther Yaffo Ndo. Par ailleurs, elle s’inquiète de l’insécurité grandissante qui vient de l’oisiveté des jeunes : « beaucoup de réfugiés sont âge extra-scolaire et ne font rien. Ils causent l’insécurité dans notre localité. »

Il faut donc occuper cette jeunesse en déperdition à Garoua-Boulai et dans les autres communes. Le Prodesv vise essentiellement la création des emplois et la promotion de l’auto-emploi au niveau local. En effet, la main d’œuvre sera trouvée sur place pour construire les infrastructures publiques de développement, que ce soit dans une école, un hôpital, un marché, un centre d’accueil, etc. L'info claire et nette. Il reviendra aux populations, y compris les migrants, de les exploiter et les entretenir de façon durable pour leur bien-être. La promotion de l’entreprenariat local passe par l’incitation aux activités génératrices de revenus et, surtout, la formation. Armés de compétences techniques et professionnelles, les chômeurs pourront mieux s’insérer dans leur nouveau cadre social.

« L’initiation aux petits métiers peut aider à lutter contre la pauvreté », espère la maire Esther Yaffo Ndo. Certes il est question de développement, mais les besoins ne sont pas les mêmes partout. Les projets seront donc conçus en fonction des problèmes spécifiques de chaque commune. A Garoua-Boulai, la magistrat municipale insiste sur l’éducation des enfants déplacés, la santé des populations en général, l’assainissement, l’agriculture et l’élevage.

Les administrations locales seront impliquées dans la conception et la gestion des projets à venir, bénéficiant ainsi de nouvelles compétences. L’ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne au Cameroun, Hans-Peter Schadek, se réjouit d’ailleurs de ce que le Prodesv sera conduit sur le terrain par les administrations dédiées au développement local, à savoir le Fonds spécial d'équipement et d'intervention intercommunale (Feicom) et le Programme national de développement participatif (Pndp).

Le financement de 20 millions € vient du 11ème Fed (Fonds européen de développement) et sera débloqué à travers la KFW, la banqueallemande de développement. Le Prodesv est officiellement lancé depuis la signature des conventions de financement, ce 13 novembre 2018 à Yaoundé. Le programme est sous la tutelle du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, qui, à ce titre, est l’ordonnateur national du Fed au Cameroun.

16nov.
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