Pourquoi la jeunesse refuse de célébrer malgré les cérémonies officielles
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Le Cameroun traverse une crise de confiance générationnelle sans précédent. La Une du quotidien Mutations interpelle directement la jeunesse camerounaise avec un message radical : « 5 bonnes raisons de ne pas fêter ». Derrière les cérémonies officielles et les drapeaux alignés, une fracture sociale profonde s'installe.

Quand l'éducation trahit ses enfants

La dégradation du système éducatif arrive en tête des griefs. Les universités camerounaises accumulent les grèves, les infrastructures se délabrent et les diplômes perdent leur valeur sur le marché du travail. Plus de 60% des jeunes diplômés restent sans emploi dans les trois ans suivant leur formation, selon les dernières estimations disponibles.

Une génération sacrifiée sur l'autel du chômage

Le chômage massif constitue la deuxième blessure ouverte. Dans un pays où 70% de la population a moins de 30 ans, l'absence de perspectives transforme l'énergie créatrice en frustration collective. Les jeunes Camerounais qualifiés fuient vers l'Europe, le Canada ou les pays du Golfe, vidant le pays de ses compétences.

La vie chère érode le quotidien

L'inflation galopante rend inaccessibles les produits de première nécessité. Entre 2020 et 2024, le coût de la vie a explosé tandis que les salaires stagnent. Les familles s'endettent pour survivre, créant un cercle vicieux de dépravation croissante des mœurs selon les termes de l'affiche.

Comment la corruption mine l'espoir

Cette pression économique alimente une corruption banalisée à tous les niveaux. Les jeunes voient leurs aînés contourner les règles pour s'enrichir, sapant toute notion de méritocratie. La confiance dans les institutions s'effondre.

Pourquoi les provinces restent à l'écart

Le dernier grief touche au confinement géographique. Les postes stratégiques restent monopolisés par les mêmes réseaux politico-administratifs depuis des décennies. Les provinces périphériques accumulent le retard infrastructurel. Cette centralisation excessive bloque l'ascension sociale et nourrit les tensions régionales.

Les enjeux d'une rupture silencieuse

L'image de la cérémonie officielle, avec ses drapeaux impeccables et ses rangs disciplinés, contraste violemment avec cette réalité. Ces manifestations patriotiques sonnent creux pour une génération qui ne se reconnaît plus dans ces symboles. Le mouvement refuse les festivités nationales tant que ces problèmes structurels persistent.

Cette rupture générationnelle s'observe dans toute l'Afrique francophone, mais le Cameroun cristallise les tensions. Le pays oscille entre stabilité apparente et ébullition souterraine. Les réseaux sociaux amplifient cette contestation silencieuse. La jeunesse camerounaise réclame des actes, pas des parades.

Les autorités peuvent-elles encore reconquérir cette jeunesse désabusée, ou assiste-t-on à une fracture irréversible entre générations ?

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