Thérèse Chartier : L’entrepreneure, le cœur en France et l’esprit au Cameroun
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Thérèse Chartier : L’entrepreneure, le cœur en France et l’esprit au Cameroun

Modératrice de la conférence de la diaspora camerounaise organisée à Nantes les 17 et 18 avril derniers, cette cheffe d’entreprise établie en région parisienne entend mettre son expertise au service d’un secteur productif camerounais encore confronté à des défis de structuration.

Pour Thérèse Chartier, le Cameroun n’a jamais cessé d’être un horizon. Bien qu’installée en France depuis plusieurs années, l’entrepreneure nourrit l’ambition de renforcer ses liens avec son pays d’origine et de contribuer activement à son développement. Les 17 et 18 avril derniers, à Nantes, une nouvelle étape de cette reconnexion s’est concrétisée à l’occasion d’une rencontre stratégique réunissant des membres de la diaspora camerounaise de France.

Il y a été question d’élaborer une feuille de route opérationnelle susceptible d’apporter des réponses aux défis structurels et conjoncturels auxquels le Cameroun est confronté. Elle s’y est distinguée par son charisme, sa maîtrise des débats et sa capacité à créer des transitions entre les différentes thématiques abordées. En qualité de modératrice, elle a donné du rythme aux échanges et favorisé une dynamique constructive entre les intervenants.

Le président de la section France de la Jeunesse Émergente et Républicaine du Cameroun (Jerc), Dieudonné Mbeleg, ne cache pas son admiration : « C’est une grande dame, dotée d’une intelligence remarquable et d’une hauteur d’esprit inspirante, qui donne envie de la découvrir davantage. » Selon lui, elle possède une rare capacité à mobiliser bien au-delà des cercles habituels de la diaspora. « Elle met son expertise au service de la communauté sans calcul. J’apprécie particulièrement sa capacité d’anticipation et sa lecture des enjeux », souligne-t-il, avant d’ajouter : « Nous travaillons actuellement sur plusieurs dossiers ensemble. Je suis parfaitement à l’aise dans cette collaboration. Elle figure parmi les meilleures ressources dont nous disposons. »

Pour le secrétaire général, Wilfried Njikam, « son implication contribue à aligner progressivement l’organisation sur les standards internationaux de gestion associative ». Il la résume en six mots : « professionnalisme, leadership, influence, partage, pouvoir d’action et humilité ». La secrétaire générale adjointe, Ninard Rolande Tchoubi, met quant à elle en avant les résultats concrets obtenus dans la foulée de la rencontre de Nantes. « Une semaine après Nantes, nous avons soumis un projet dans le cadre du programme Parijedi porté par le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique (Minjec) », explique-t-elle. Aujourd’hui, les deux femmes travaillent en étroite collaboration autour de projets destinés aux populations vulnérables. « Nos visions entrepreneuriales et nos valeurs humaines se rejoignent. Thérèse est une femme déterminée qui souhaite laisser une empreinte durable au Cameroun », affirme-t-elle.

Retourner au pays

Pour Thérèse Chartier, le choix de Nantes ne relevait pas du hasard. La ville portait une charge symbolique et émotionnelle. « Nantes a été un port négrier. La conférence s’est tenue au Château de la Classerie, propriété d’une famille d’anciens explorateurs. Lorsque j’ai découvert l’histoire du lieu et ses liens avec l’Afrique, cela est devenu pour moi une véritable mission : écrire l’histoire à l’envers. Nos ancêtres ont été emmenés par les ports ; aujourd’hui, c’est depuis un port que nous affirmons notre volonté de retourner au pays pour participer à sa construction », explique-t-elle.

Lors de cette rencontre, le Minjec, Mounouna Foutsou, a rappelé que la diaspora camerounaise regorge de compétences de haut niveau et qu’il est essentiel de bâtir des passerelles favorisant leur contribution au développement national. Une vision qui rejoint pleinement celle de Thérèse Chartier. Déjà engagée dans des échanges avec plusieurs dirigeants d’entreprises basés au Cameroun, elle souhaite mettre à profit son expertise en structuration organisationnelle et en développement de filières productives. Son expérience, notamment dans la filière coton, pourrait contribuer à la mise en place de chaînes de valeur capables de créer de la richesse à tous les niveaux de l’économie.

Installée près de Paris, dans un environnement marqué par la présence de grandes exploitations agricoles, elle nourrit également l’ambition de voir émerger au Cameroun des modèles similaires, fondés sur la productivité, la transformation locale et la création d’emplois. Forte de plus de douze années d’expérience dans le management d’équipes, la planification stratégique et l’accompagnement des personnes éloignées de l’emploi, Thérèse Chartier entend désormais mettre cette expertise au service d’une vision : celle d’un Cameroun mieux structuré, plus compétitif et capable de valoriser pleinement ses ressources humaines.

Cette ambition suscite déjà une adhésion forte et concrète auprès d'acteurs économiques majeurs. Lors de récents échanges, Emmanuel Wafo, Président-Directeur Général de Mit Chimie, ainsi que la Directrice Générale du Terminal Bois de Douala, ont salué en elle le profil et les compétences stratégiques indispensables pour accompagner la transformation économique du Cameroun. Cette dynamique est également portée par le club APM Ubuntu de Douala : ce réseau de premier plan, qui regroupe des entreprises majeures du pays, entend capitaliser pleinement sur son expertise entrepreneuriale.

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